Vos portefeuilles en bref — Reddit (RDDT)
Reddit a connu une forte progression opérationnelle en 2025. La société a terminé son quatrième trimestre avec plus de 121 millions d’utilisateurs actifs quotidiens, en hausse de 19 % sur un an, pendant que les revenus trimestriels ont progressé d’environ 70 % pour atteindre plus de 700 M$ US. La rentabilité s’est aussi nettement améliorée, avec une forte hausse du bénéfice net et du BAIIA ajusté. Sur l’ensemble de l’exercice, Reddit a démontré qu’elle était capable non seulement de faire croître sa base d’utilisateurs, mais aussi de mieux monétiser son audience.
Un autre élément important est la décision du conseil d’administration d’autoriser un programme de rachat d’actions de 1 G$ US. Pour le marché, ce genre de décision envoie un signal clair : la direction considère que le titre a de la valeur et que le bilan permet maintenant un déploiement plus offensif du capital.
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Pourquoi est-ce une action à surveiller
Le recul du titre depuis le début de l’année paraît disproportionné par rapport à la qualité des résultats publiés. Le marché a surtout traité Reddit comme un titre de croissance parmi d’autres, pris dans la vague de vente qui a touché les logiciels, les plateformes numériques et plusieurs sociétés associées au thème de l’intelligence artificielle. Pourtant, la trajectoire fondamentale de l’entreprise demeure favorable.
La croissance de la publicité reste robuste, la plateforme continue d’attirer de nouveaux utilisateurs, et plusieurs leviers de monétisation demeurent encore peu exploités. Reddit n’est pas uniquement un réseau social ; c’est aussi une base de contenu unique, fortement ancrée dans la recherche, la recommandation, les communautés spécialisées et les échanges à forte valeur informationnelle. Dans un univers numérique saturé de contenu générique, cette dimension devient stratégique.
À notre avis, le marché sous-estime encore le potentiel de monétisation lié à la recherche, aux pages de conversation et à certaines requêtes commerciales à forte intention. Si la société réussit à mieux convertir cette audience en revenus publicitaires et transactionnels, le levier sur les résultats pourrait demeurer important.
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Ce que disent les analyses
Plusieurs analyses récentes continuent de voir un potentiel intéressant dans le titre malgré sa forte correction. Le discours dominant est que Reddit a été emportée par un mouvement général de dérisquage plutôt que pénalisée par une détérioration propre à son modèle d’affaires. Autrement dit, le marché a réduit son exposition aux titres de croissance sans vraiment distinguer les gagnants structurels des dossiers plus fragiles.
L’argument central des haussiers demeure le même : Reddit affiche l’une des croissances les plus rapides dans la publicité numérique, son engagement utilisateur reste solide, et ses surfaces de monétisation sont encore loin d’être pleinement exploitées. Le titre demeure volatil, mais plusieurs observateurs considèrent que le recul récent a créé un point d’entrée plus intéressant pour les investisseurs capables d’accepter un risque supérieur à la moyenne.
Cela dit, il faut aussi reconnaître les risques. L’environnement concurrentiel change rapidement, surtout avec la montée des outils d’intelligence artificielle générative et l’évolution des habitudes de recherche en ligne. Si Reddit perdait une partie de son trafic ou si la conversion publicitaire ralentissait, le marché deviendrait beaucoup moins patient. C’est donc un dossier de croissance convaincant, mais qui exige encore une certaine discipline dans l’exécution.
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Conclusion
Reddit demeure, selon nous, un titre à surveiller de très près. Les fondamentaux de l’entreprise restent solides, la croissance est toujours au rendez-vous et plusieurs leviers de monétisation n’ont pas encore été pleinement exploités. Pourtant, le titre a fortement corrigé, surtout en raison du recul généralisé des titres de croissance et du dérisquage dans le secteur technologique.
À notre avis, cette correction ouvre la porte à une occasion d’achat. Le titre nous apparaît maintenant au rabais par rapport à la qualité du modèle d’affaires et à son potentiel de croissance. Le marché semble avoir puni Reddit plus sévèrement que ses résultats ne le justifient, ce qui crée un point d’entrée plus intéressant pour les investisseurs patients.
La volatilité pourrait se poursuivre à court terme, mais pour un investisseur capable de regarder au-delà du bruit actuel, Reddit nous semble offrir un profil risque-rendement attrayant. En bref, c’est le genre de dossier qu’on préfère analyser quand il recule, pas quand il est déjà redevenu populaire.
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Les marchés en bref
Lundi
• S&P 500 : +1,15 % à 6 581,00
• Nasdaq : +1,38 % à 21 946,76
• Dow Jones : +1,38 % à 46 208,47
• S&P/TSX : +1,81 % à 31 883,81
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Évolution du dollar canadien
Le dollar canadien s’est négocié à 72,90 cents US, inchangé par rapport à la séance précédente.
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Les marchés nord-américains ont amorcé la semaine sur un fort rebond technique, dans un contexte de soulagement après plusieurs séances dominées par la crainte d’un choc énergétique plus durable. Le principal catalyseur est venu du changement de ton de la Maison-Blanche, après que Donald Trump eut affirmé que des discussions avaient eu lieu avec l’Iran et qu’il reportait de cinq jours d’éventuelles frappes contre certaines infrastructures.
Même si Téhéran a rapidement contesté cette version, le marché a choisi de retenir un seul message : le risque d’escalade immédiate semblait, au moins temporairement, reculer. Après plusieurs séances de stress, les investisseurs étaient très sensibles au moindre signal de désescalade, ce qui a alimenté un important mouvement de rachat.
Cette lecture a eu un effet direct sur le pétrole, qui a fortement corrigé après avoir intégré une prime de risque élevée liée au détroit d’Ormuz. Le recul du brut a permis de calmer, au moins pour un moment, les craintes inflationnistes qui s’étaient intensifiées dans les jours précédents. Le marché a donc recommencé à intégrer un scénario moins extrême pour l’énergie, ce qui a redonné de l’oxygène aux actifs risqués.
La détente des rendements obligataires a aussi contribué à soutenir les segments plus sensibles aux taux, notamment la technologie, la consommation discrétionnaire et certains titres cycliques. Le rebond de lundi reflète ainsi davantage une réévaluation du pire scénario qu’une amélioration fondamentale du contexte géopolitique.
Il faut toutefois garder en tête que le mouvement demeure fragile. Le marché reste largement dicté par les manchettes, et la visibilité demeure limitée. Les investisseurs ont acheté un répit, pas une résolution. Tant que le conflit au Moyen-Orient continuera d’influencer directement les prix de l’énergie, le risque d’un retour rapide de la volatilité demeurera élevé.
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Les titres en bref
• Delta Air Lines (DAL) a progressé de plus de 2 %, soutenue par le recul marqué du pétrole, qui allège la pression sur les coûts de carburant.
• United Airlines (UAL) a avancé de 4,46 % à 93,96 $ US, profitant du même mouvement de soulagement dans le secteur aérien.
• American Airlines (AAL) a gagné 3,64 % à 10,81 $ US, alors que les investisseurs ont réintégré les titres les plus sensibles à la baisse du brut.
• Royal Caribbean (RCL) a progressé de 5,81 % à 278,96 $ US, portée par le retour de l’appétit pour le risque et la détente sur les prix de l’énergie.
• Airbnb (ABNB) a avancé de 3,17 % à 132,59 $ US, dans un mouvement favorable aux titres liés au voyage et à la consommation discrétionnaire.
• Chevron (CVX) a gagné 1,73 % à 205,21 $ US, même si le pétrole reculait fortement.
• ExxonMobil (XOM) a pris 0,91 % à 161,13 $ US.
• Shell (SHEL) a progressé de 0,30 % à 90,70 $ US.
• JPMorgan (JPM) a avancé de 1,17 %.
• Morgan Stanley (MS) a gagné 1,77 % à 164,32 $ US.
• Caterpillar (CAT) a progressé de 3,00 %.
• Deere (DE) a gagné de plus de 1 %.
• Nvidia (NVDA) a avancé de plus de 1 %.
• Apple (AAPL) a aussi gagné de plus de 1 %.
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Pétrole : détente marquée, mais répit encore fragile
Le pétrole a été le principal moteur de la séance. Le WTI a chuté de 10,28 % à 88,13 $ US le baril, tandis que le Brent a reculé de 10,92 % à 99,94 $ US.
Ce mouvement reflète un important débouclement de la prime de risque géopolitique accumulée dans les jours précédents. Le signal envoyé par le marché est clair : les investisseurs ont temporairement réduit la probabilité d’un scénario de rupture majeure de l’approvisionnement mondial.
Cela dit, le niveau absolu des prix demeure élevé, et le marché ne revient pas à un régime normalisé. La volatilité du brut continue de dicter la lecture macroéconomique de court terme, notamment en ce qui concerne l’inflation, les attentes de taux et l’appétit pour le risque.
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Performance sectorielle
• États-Unis : progression généralisée des 11 secteurs du S&P 500, avec un leadership des secteurs cycliques, de la consommation discrétionnaire, des financières et de la technologie.
• Canada : rebond large du TSX, soutenu par l’amélioration du sentiment de marché et la vigueur des financières, malgré le recul du pétrole.
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Mardi
• S&P 500 : -0,37 % à 6 556,37
• Nasdaq : -0,84 % à 21 761,89
• Dow Jones : -0,18 % à 46 124,06
• S&P/TSX : +0,18 % à 31 941,59
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Évolution du dollar canadien
Le dollar canadien s’est négocié à 72,65 cents US, en baisse par rapport à 72,90 cents US la veille.
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La séance de mardi a marqué un retour à la prudence après le fort rebond de lundi. Les marchés américains ont redonné une partie de leurs gains, alors que les espoirs de désescalade au Moyen-Orient se sont de nouveau fragilisés. Le problème, pour les investisseurs, est moins l’absence totale de discussions que l’absence de visibilité réelle. Washington a continué d’évoquer des négociations avec l’Iran, mais les démentis de Téhéran, la poursuite des frappes dans la région et les informations entourant un possible renforcement militaire américain ont ramené un climat d’incertitude. Le marché demeure donc prisonnier d’une logique de manchettes, où chaque déclaration politique peut faire bouger brutalement le pétrole, les taux et les actions.
Le principal moteur de la séance a de nouveau été le pétrole. Après la forte correction de lundi, le brut est reparti à la hausse, le Brent remontant à 104,49 $ US et le WTI à 92,35 $ US. Ce rebond a ravivé les craintes inflationnistes et rappelé que le marché n’a pas encore retranché durablement sa prime de risque géopolitique. En d’autres mots, les investisseurs ont compris que la chute du pétrole observée la veille reflétait surtout un débouclement rapide des positions les plus nerveuses, et non un retour à la normale du contexte énergétique mondial.
Cette remontée du brut s’est accompagnée d’une nouvelle hausse des rendements obligataires. Le rendement américain à 10 ans est remonté autour de 4,36 %, pendant que le rendement de l’obligation 2 ans s’est rapproché de 3,94 %. Ce mouvement est important, car il confirme que le marché continue de revoir ses attentes envers la Réserve fédérale. En début d’année, plusieurs investisseurs s’attendaient encore à des baisses de taux. Or, avec la remontée de l’énergie et la résilience de l’inflation, cette lecture a changé rapidement. Le marché commence désormais à intégrer l’idée que la Fed pourrait rester sur pause plus longtemps, et même garder une posture plus restrictive qu’anticipée.
Le contraste entre Toronto et New York est aussi intéressant. Le TSX a terminé légèrement en hausse, soutenue notamment par les métaux de base et les services aux collectivités, pendant que Wall Street reculait. Cela reflète un marché canadien un peu plus défensif dans sa composition, mais aussi davantage exposé aux matières premières dans un contexte où le choc énergétique continue de dominer la lecture macroéconomique. Aux États-Unis, les segments de croissance ont davantage souffert, particulièrement la techno et les logiciels, qui restent plus sensibles à la remontée des taux et à la détérioration du sentiment.
Au final, la séance de mardi confirme que le marché n’a pas trouvé de nouvel ancrage. Le soulagement de lundi n’a pas tenu, mais la liquidation n’a pas non plus repris de façon désordonnée. On demeure dans un marché de va-et-vient, fortement tributaire de l’évolution du conflit, des prix du pétrole et des attentes de taux. Tant que ces trois variables continueront de se nourrir l’une l’autre, la volatilité risque de demeurer élevée et les mouvements de séance de rester plus tactiques que fondamentaux.
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Les titres en bref
• Dollarama (DOL) a chuté de 9,60 % après la publication de ses résultats du quatrième trimestre, malgré des résultats globalement supérieurs aux attentes. Le marché a retenu un message plus prudent sur les coûts, alors que la hausse de l’énergie menace l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
• Netgear a bondi de 10,88 % après l’annonce d’une interdiction américaine visant certains routeurs grand public fabriqués à l’étranger.
• CoreWeave a progressé de 1,29 %, soutenue par une recommandation plus favorable et par la poursuite de l’engouement envers les infrastructures liées à l’intelligence artificielle.
• Estée Lauder a reculé au lendemain de la confirmation de discussions avec Puig en vue d’une possible fusion, le marché demeurant prudent en l’absence d’entente concrète.
• Chevron, ExxonMobil, Marathon Petroleum et Phillips 66 ont continué de bénéficier du retour de la vigueur du pétrole, plusieurs titres énergétiques ayant inscrit de nouveaux sommets.
• Du côté des logiciels, la pression s’est intensifiée : Salesforce a perdu plus de 5 % et ServiceNow plus de 4 %, dans un mouvement de faiblesse généralisée du secteur.
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Pétrole : le soulagement de lundi n’aura duré qu’une séance
Le pétrole a repris sa marche en avant mardi, effaçant une partie importante du recul de la veille.
• WTI : +4,79 % à 92,35 $ US
• Brent : +4,55 % à 104,49 $ US
Ce redressement montre que le marché continue d’intégrer un risque élevé de perturbation de l’offre mondiale. Tant qu’il n’y aura pas de signal clair et crédible de désescalade, le brut risque de demeurer la variable dominante pour l’ensemble des marchés financiers.
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Performance sectorielle
• États-Unis : le secteur de l’énergie a dominé la séance avec un gain d’environ 2 %, demeurant le seul secteur du S&P 500 en territoire positif sur le mois. À l’inverse, la technologie et surtout les logiciels ont subi une nouvelle vague de pression.
• Canada : le TSX a été soutenu par les métaux de base et les services aux collectivités, ce qui a permis à l’indice de finir légèrement dans le vert malgré la baisse des grands indices américains.
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Or et argent : la fin de l’euphorie, pas nécessairement la fin de la thèse
Le recul récent de l’or et de l’argent a surpris plusieurs investisseurs. En théorie, un conflit géopolitique majeur devrait soutenir les actifs refuges. Or, dans les faits, les métaux précieux ont plutôt corrigé alors même que les tensions au Moyen-Orient faisaient bondir les prix de l’énergie et ravivaient les craintes inflationnistes. Ce mouvement n’est toutefois pas aussi paradoxal qu’il en a l’air. Il reflète surtout la façon dont les marchés fonctionnent lorsqu’ils passent d’un récit de protection à une logique de liquidité, de taux et de repositionnement rapide.
Une première explication tient au fait que l’or avait probablement été poussé trop loin, trop vite. Après avoir atteint des sommets historiques plus tôt cette année, le métal jaune était devenu un consensus de marché presque trop évident. Quand un actif est largement détenu, fortement en profit et appuyé par une narration très favorable, il devient aussi vulnérable à une correction brutale. Dans ce contexte, la baisse récente ressemble moins à une invalidation de la thèse de fond qu’à la fin d’une phase d’euphorie où le marché avait intégré une trajectoire presque linéaire à la hausse.
Le deuxième facteur, et sans doute le plus important à court terme, est le choc pétrolier. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz ont mené à une forte revalorisation du risque énergétique mondial. Très rapidement, les marchés ont commencé à intégrer l’idée qu’une flambée prolongée du pétrole pourrait entretenir l’inflation et retarder un éventuel assouplissement monétaire. À partir de là, la guerre n’a plus seulement été interprétée comme un moteur de hausse pour l’or, mais aussi comme un facteur pouvant maintenir les banques centrales plus prudentes et plus restrictives.
C’est ici que le rôle du dollar et des taux réels devient central. L’or ne verse aucun rendement. Lorsqu’un choc inflationniste pousse les investisseurs à revoir à la hausse la trajectoire attendue des rendements obligataires, et que le billet vert se raffermit en parallèle, le coût d’opportunité de détenir de l’or augmente. Autrement dit, l’or peut très bien baisser non pas malgré l’inflation, mais à cause de la réaction de marché que l’inflation provoque sur les taux et sur le dollar.
À cela s’ajoute un mécanisme classique en période de stress : les investisseurs vendent parfois non pas ce qu’ils veulent vendre, mais ce qu’ils peuvent vendre. Quand les marchés deviennent nerveux, les actifs les plus liquides et les plus profitables servent souvent de réservoir de liquidités. L’or a joué ce rôle. Comme il affichait encore d’importants gains accumulés avant le conflit, il a été utilisé pour générer de l’encaisse, couvrir d’autres pertes, réduire l’effet de levier ou répondre à des appels de marge. Même les actifs réputés défensifs peuvent donc corriger lorsque la priorité immédiate devient la gestion de trésorerie.
L’argent, pour sa part, a encore moins bien résisté, et ce n’est pas surprenant. Contrairement à l’or, sa valeur ne repose pas seulement sur sa fonction de refuge. L’argent demeure aussi un métal industriel, exposé aux perspectives de croissance mondiale. Dès que les marchés ont commencé à intégrer un ralentissement potentiel lié au choc énergétique, la demande industrielle anticipée s’est trouvée fragilisée. Cela a accentué le mouvement de correction, d’autant plus que l’argent sortait lui aussi d’une forte phase haussière.
Il faut aussi garder en tête que le marché de l’or d’aujourd’hui n’est plus celui d’il y a vingt ou trente ans. Le métal jaune n’est plus seulement détenu comme symbole psychologique de sécurité. Il fait désormais partie d’allocations institutionnelles, de FNB, de stratégies quantitatives, de portefeuilles multiactifs et de réserves souveraines. Plus un actif est institutionnalisé, plus il devient sensible aux flux, aux rééquilibrages et aux contraintes globales de gestion du risque. Cela rend ses mouvements de court terme plus techniques, plus rapides et parfois plus contre-intuitifs.________________________________________
Mercredi
• S&P 500 : +0,54 % à 6 591,90
• Nasdaq : +0,77 % à 21 929,83
• Dow Jones : +0,66 % à 46 429,49
• S&P/TSX : +1,38 % à 32 382,60
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Évolution du dollar canadien
Le dollar canadien s’est négocié à 72,46 cents US, en baisse par rapport à la veille.
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Les marchés ont renoué avec la hausse mercredi, mais sans véritable emballement. Les investisseurs ont de nouveau réagi à l’idée qu’un cessez-le-feu au Moyen-Orient pourrait éventuellement se dessiner, après de nouveaux commentaires jugés encourageants en provenance de Washington. La Maison-Blanche a affirmé que les discussions avec Téhéran se poursuivaient et qu’elles demeuraient productives, même si le ton est resté très dur sur le plan politique, Donald Trump se disant prêt à « déchaîner l’enfer » si aucun accord n’était trouvé.
Encore une fois, le marché a choisi de s’accrocher au moindre signal positif. Même les démentis répétés de Téhéran, qui a assuré ne pas avoir l’intention de négocier, n’ont pas suffi à effacer complètement cet optimisme prudent. Cette dynamique illustre bien l’état d’esprit actuel des marchés : les investisseurs cherchent avant tout un prétexte pour réduire la prime de risque qui s’est accumulée depuis le début du conflit, sans pour autant croire qu’une résolution complète est acquise.
Le véritable baromètre de la séance est demeuré le pétrole. Les cours du brut ont reculé de plus de 2 %, ce qui a offert un répit bienvenu aux marchés financiers. Les opérateurs ont retenu que l’Iran avait évoqué un « passage sûr » pour les navires non hostiles dans le détroit d’Ormuz, un corridor stratégique pour les exportations énergétiques du Golfe. Cette détente sur le pétrole a immédiatement calmé les craintes d’une nouvelle accélération de l’inflation et a permis un recul des taux obligataires.
Le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans est ainsi revenu vers 4,32 %, contre 4,36 % la veille. Cela demeure élevé par rapport aux niveaux observés avant le conflit, mais le message du marché obligataire était néanmoins plus constructif : si l’énergie cesse de grimper, les anticipations inflationnistes peuvent se détendre un peu, ce qui réduit la pression sur la Réserve fédérale et soutient les actifs risqués.
Il faut aussi souligner que les prévisions de bénéfices des entreprises semblent, pour l’instant, relativement bien tenir. Cela aide à stabiliser le marché. En toile de fond, les investisseurs semblent naviguer entre deux lectures : soit ils commencent à croire à une sortie de crise plus rapprochée, soit ils jugent que l’économie américaine sera en mesure d’absorber une partie importante du choc sans dérapage majeur. Dans ce contexte, le rebond de mercredi apparaît davantage comme une remontée disciplinée, nourrie par l’espoir et par le recul du brut, que comme un retour complet à un environnement de risque normalisé.
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Les titres en bref
• Arm Holdings (ARM) a bondi de 16,38 % à 157,07 $ US après la présentation d’une première puce pensée et fabriquée entièrement à l’interne, dédiée à l’intelligence artificielle. Selon l’entreprise, ce nouveau produit pourrait générer à lui seul 15 milliards de dollars US de revenus d’ici cinq ans.
• EchoStar (SATS) a gagné 7,43 % à 119,07 $ US, portée par les spéculations entourant un possible dépôt de dossier de SpaceX en vue d’une introduction en Bourse. EchoStar a vendu pour plusieurs milliards de dollars US de fréquences à SpaceX et détient aussi une participation dans la société.
• Meta (META) a avancé de 0,33 % à 594,89 $ US malgré sa condamnation dans un dossier lié aux effets d’Instagram sur la santé mentale d’une adolescente.
• Alphabet (GOOG) a gagné 0,13 % à 289,59 $ US, montrant lui aussi une bonne résistance malgré sa condamnation dans ce même dossier concernant YouTube. Cette décision judiciaire pourrait toutefois influencer plusieurs autres procédures en cours aux États-Unis contre les grandes plateformes sociales.
• Nvidia, AMD et Intel ont également soutenu la progression du secteur technologique, qui a continué de bien faire dans le sillage de l’enthousiasme entourant l’intelligence artificielle.
• Micron a toutefois poursuivi son repli, les investisseurs demeurant partagés entre la force des résultats récents et les inquiétudes entourant les dépenses en capital et les marges.
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Pétrole : encore le vrai baromètre des marchés
Le pétrole a une fois de plus dicté la séance.
• WTI : -2,20 % à 90,32 $ US
• Brent : -2,17 % à 102,22 $ US
Le marché a réagi favorablement aux signaux laissant croire à un certain relâchement du risque sur le détroit d’Ormuz. Sans représenter un règlement du conflit, cette détente a suffi à retirer une partie de la prime de risque intégrée dans les prix du brut. Tant que le pétrole continuera de se replier, les marchés boursiers pourront conserver un certain appui. Mais la dépendance au brut demeure extrêmement élevée, ce qui limite encore la portée du rebond.
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Performance sectorielle
• États-Unis : la technologie a de nouveau bien fait, aidée par la force de plusieurs titres liés aux semi-conducteurs et à l’intelligence artificielle, tandis que le recul du pétrole a réduit l’élan du secteur énergétique.
• Canada : le TSX a été soutenu surtout par les métaux de base, ce qui a permis à l’indice torontois de signer une progression plus forte que celle de Wall Street.
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Jeudi
• S&P 500 : -1,74 % à 6 477,16
• Nasdaq : -2,38 % à 21 408,08
• Dow Jones : -1,01 % à 45 960,11
• S&P/TSX : -1,53 % à 31 887,52
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Évolution du dollar canadien
Le dollar canadien s’est négocié à 72,23 cents US, en baisse par rapport à 72,46 cents US la veille.
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La séance de jeudi a ramené un ton nettement plus défensif sur les marchés. Après le répit observé plus tôt dans la semaine, les investisseurs ont recommencé à intégrer un scénario de conflit plus long au Moyen-Orient, dans un contexte où les messages contradictoires entourant les pourparlers entre Washington et Téhéran ont miné la crédibilité d’un règlement rapide. Le marché a de nouveau été happé par la même dynamique qui domine depuis plusieurs séances : montée du pétrole, remontée des taux, recul des actifs risqués. Les commentaires plus durs de Donald Trump sur l’Iran ont ajouté à l’inconfort, pendant que les pays du Golfe durcissaient eux aussi le ton après de nouvelles attaques contre des infrastructures énergétiques.
Le principal facteur de pression a encore été le pétrole. Le Brent a bondi de 5,66 % à 108,01 $ US le baril, tandis que le WTI a grimpé de 4,61 % à 94,48 $ US. Cette nouvelle poussée a ravivé les craintes inflationnistes et nourri l’idée que la guerre continue d’imposer une prime de risque importante sur l’énergie mondiale. Le blocage du détroit d’Ormuz et les discussions autour d’un éventuel encadrement plus strict du passage maritime ont renforcé la perception que la situation reste loin d’être normalisée.
Cette remontée de l’énergie s’est immédiatement transmise au marché obligataire. Les rendements américains ont repris de la hauteur, le 10 ans montant jusqu’à environ 4,43 %, ce qui a accentué la pression sur les segments les plus sensibles aux taux, en particulier la technologie et les titres de croissance. Le marché recommence ainsi à composer avec un cadre plus hostile : des prix de l’énergie plus élevés, une inflation potentiellement plus tenace et un espace de manœuvre plus restreint pour la Fed. L’OCDE a d’ailleurs relevé sa prévision d’inflation américaine pour 2026 à 4,2 %, bien au-dessus de son estimation antérieure, ce qui illustre à quel point le choc énergétique est en train de reconfigurer les attentes macroéconomiques.
Le repli du jour a surtout frappé la technologie. Le Nasdaq est retombé en territoire de correction, à plus de 10 % sous son sommet récent, pendant que les semi-conducteurs, les plateformes numériques et les mégacapitalisations technologiques menaient la baisse. Le marché a été ébranlé à la fois par les inquiétudes géopolitiques et par des nouvelles sectorielles plus spécifiques, dont la pression accrue sur Meta après deux revers judiciaires majeurs liés à la sécurité des jeunes utilisateurs, ainsi que la poursuite de la liquidation dans les puces mémoires après l’annonce du nouvel algorithme de compression de Google. En résumé, jeudi a combiné choc macro, stress géopolitique et faiblesse sectorielle, soit la recette parfaite pour une séance de dégagement.
Du côté canadien, le TSX a lui aussi reculé fortement, plombé par les métaux de base. Le marché torontois a été plus vulnérable au repli des matières premières cycliques, même si l’énergie demeurait bien orientée à l’échelle nord-américaine. La baisse du huard s’inscrit d’ailleurs dans cette lecture plus prudente, les investisseurs continuant de privilégier le billet vert dans un contexte de stress géopolitique et de remontée des rendements américains.
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Les titres en bref
• Meta Platforms (META) a chuté de 7,96 % après deux condamnations majeures en lien avec la conception de ses réseaux sociaux et leurs effets sur les jeunes utilisateurs, ce qui ravive les risques juridiques et réputationnels autour du modèle d’affaires.
• Reddit (RDDT) a plongé de 8,85 %, entraîné dans le sillage de Meta et du risque accru pesant sur les plateformes sociales.
• Snap (SNAP) a reculé de 10,69 %, alors que le marché réévalue plus sévèrement le risque réglementaire et judiciaire dans le secteur.
• Alphabet (GOOGL) a perdu 3,06 %, pénalisée à la fois par la faiblesse générale du secteur technologique et par sa propre condamnation liée à YouTube, même si son modèle plus diversifié a limité la baisse.
• Micron (MU) a cédé 6,97 %, poursuivant le mouvement de correction dans les puces mémoires après les inquiétudes suscitées par le nouvel algorithme de compression de Google.
• Sandisk a plongé de 11,02 % et Western Digital (WDC) de 7,70 %, les investisseurs remettant en question l’ampleur future de la demande en mémoire pour l’intelligence artificielle.
• Nvidia (NVDA) a reculé d’environ 3,7 %, dans un mouvement plus large de vente sur les semi-conducteurs et les titres de croissance.
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Pétrole : la pression remonte d’un cran
Le pétrole a été au cœur de la séance, encore une fois.
• WTI : +4,61 % à 94,48 $ US
• Brent : +5,66 % à 108,01 $ US
Le message du marché est clair : les investisseurs ne croient plus à une détente rapide du conflit. Le brut continue donc d’imposer sa loi au reste des classes d’actifs, en alimentant à la fois les craintes inflationnistes, la remontée des taux et la réduction de l’appétit pour le risque.
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Performance sectorielle
• États-Unis : le secteur de l’énergie a de nouveau dominé, porté par la flambée du brut, alors que la technologie, les services de communication et les semi-conducteurs ont mené la baisse. La faiblesse des plateformes sociales et des puces mémoires a amplifié le recul du Nasdaq.
• Canada : le TSX a été plombé par les métaux de base, tandis que l’environnement général demeurait négatif pour les secteurs plus cycliques. La remontée du pétrole n’a pas suffi à compenser la pression plus large sur l’indice.
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Vendredi
• S&P 500 : environ -0,8 %
• Nasdaq : environ -1,1 %
• Dow Jones : environ -0,9 %
• Pétrole Brent : au-dessus de 110 $ US le baril
• WTI : au-dessus de 96 $ US le baril
En date de la matinée de vendredi, les marchés demeurent sous pression, mais on parle davantage d’un marché prudent et nerveux que d’un décrochage désordonné. L’environnement reste dominé par les manchettes sur l’Iran, le détroit d’Ormuz et l’énergie.
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Conclusion de la semaine
La séance de vendredi s’inscrit dans le prolongement de la nervosité observée depuis plusieurs jours, mais il faut quand même nuancer. Le marché ne fait pas face à un effondrement fondamental de la conjoncture ; il continue surtout de réévaluer la prime de risque liée au pétrole et au conflit au Moyen-Orient. Le prolongement du délai accordé par Donald Trump à l’Iran jusqu’au 6 avril réduit le risque d’une escalade immédiate, mais il ne règle pas l’enjeu principal : les investisseurs n’ont toujours pas de visibilité claire sur la réouverture normale du détroit d’Ormuz ni sur la rapidité d’un règlement diplomatique.
L’essentiel demeure le pétrole. Le fait que le Brent se maintienne au dessus de 110 $ US montre que le marché de l’énergie intègre toujours un risque sérieux sur l’offre. Cela dit, la hausse actuelle du brut ne traduit pas nécessairement un scénario catastrophe déjà confirmé ; elle reflète surtout une forte prime d’incertitude. Tant que cette prime demeure élevée, les marchés boursiers vont rester plus sensibles, particulièrement les segments liés à la croissance et les titres les plus dépendants d’un environnement de taux plus favorable.
Il y a tout de même quelques éléments plus constructifs dans la séance. D’abord, les attentes d’inflation des consommateurs américains ont remonté, mais sans signal de dérapage majeur à ce stade : l’enquête de l’Université du Michigan montre surtout une population plus prudente, pas encore une perte de contrôle des anticipations. Ensuite, la faiblesse actuelle du marché reste concentrée dans un environnement de volatilité géopolitique et énergétique, ce qui veut dire qu’un changement de ton sur le front diplomatique pourrait encore provoquer un rebond rapide, comme on l’a vu plus tôt cette semaine.
Autrement dit, on demeure dans un marché instable, mais pas dans un marché sans issue. Les investisseurs continuent d’ajuster leurs positions en fonction de l’évolution du pétrole, de la géopolitique et des taux. Pour le moment, la meilleure lecture reste celle d’un marché en attente, plus sélectif, plus nerveux, mais encore très réactif à toute possibilité crédible de désescalade.
