Notre blogue hebdomadaire fait peau neuve! Nous vous proposons un format repensé pour mieux suivre les marchés, découvrir les entreprises qui retiennent notre attention et comprendre les enjeux qui influencent vos placements. Bonne lecture, et n’hésitez pas à nous faire part de vos impressions sur cette nouvelle formule!
Le pétrole et les taux ont dominé cette semaine écourtée par la fête du Travail. Malgré le repli du brut vendredi matin, les prix demeurent élevés après la flambée de jeudi. L’inflation américaine publiée ce matin présente un portrait contrasté : l’énergie accélère, tandis que l’inflation annuelle hors alimentation et énergie ralentit légèrement. Les indices américains rebondissent dans les premières minutes de séance vendredi, après les pertes accumulées pendant la semaine. Du côté des entreprises, Oracle et Bloom Energy illustrent les besoins croissants en infrastructures et en électricité liés à l’intelligence artificielle.
Il faut toutefois remettre cette semaine en perspective. Malgré le ton parfois alarmant entourant la guerre commerciale, les marchés continuent de fonctionner normalement et démontrent encore leur capacité d’adaptation. Le rebond de ce matin, combiné aux investissements et à la croissance d’entreprises comme Oracle et Bloom Energy, confirme que les occasions demeurent bien présentes. Pour les investisseurs, la meilleure réponse aux périodes d’incertitude reste de garder le cap sur une stratégie disciplinée et à long terme, plutôt que de réagir aux nouvelles du jour.
Sous la loupe
Bloom Energy (BE)
L’intelligence artificielle a besoin de puces performantes, mais aussi d’électricité fiable. Bloom Energy répond à ce besoin avec des piles à combustible qui produisent de l’électricité directement chez ses clients, notamment les centres de données. Selon l’entreprise, cette approche accélère le déploiement de nouvelles capacités électriques.
Son partenariat avec Oracle illustre ce potentiel. L’entente annoncée en avril peut atteindre 2,8 gigawatts de capacité, dont une première tranche de 1,2 gigawatt faisait alors l’objet d’engagements contractuels. Le reste représente des commandes potentielles.
Au deuxième trimestre, les revenus ont atteint 1,065 milliard $ US, en hausse de 165,5 % sur un an. La marge brute est passée de 26,7 % à 33,4 %, et les activités d’exploitation ont généré 226,4 millions $ US de trésorerie. La direction prévoit désormais des revenus annuels de 3,9 à 4,2 milliards $ US.
Introduite à la Bourse de New York le 25 juillet 2018 à un prix de 15 $ US par action, Bloom avait proposé 18 millions d’actions, soit une offre initiale de 270 millions $ US avant frais et hors option de surallocation. Jeudi 10 septembre, le titre a clôturé à 258,49 $ US : une appréciation du cours d’environ 1 623 % par rapport au prix d’introduction. Il a toutefois perdu 4,01 % durant la séance, tout en conservant un gain de 2,22 % depuis la clôture du vendredi précédent. Vendredi à 9 h 30 min 58 s, le titre s’échange à 268,00 $ US, en hausse de 3,68 % par rapport à jeudi.
Autre étape : son entrée au S&P 500 est prévue avant l’ouverture du 21 septembre 2026, selon l’annonce de S&P Dow Jones Indices.
Chez Pratte, nous avons profité du repli du titre il y a quelques semaines pour acheter Bloom Energy. L’entreprise répond à l’ensemble de nos critères de sélection, et ce placement nous a été profitable. Notre achat est donc récent; la progression depuis 2018 décrit le parcours du titre.
Les risques demeurent présents : augmentation de la capacité de production, approvisionnements et échéanciers d’installation. Un ralentissement des investissements dans les centres de données pourrait également peser sur la demande. Bloom offre ainsi une exposition aux besoins énergétiques de l’IA, avec une volatilité à considérer.
Thème de la semaine
Pétrole et inflation : un répit encore fragile
Le pétrole a imposé son rythme aux marchés. Les attaques contre les navires au Moyen-Orient ont ravivé les craintes d’approvisionnement. Jeudi, le Brent a terminé à 107,63 $ US le baril et le WTI à 102,48 $ US, des hausses de 6,34 % et de 6,69 % pour la séance.
Vendredi matin, le brut a reculé après des informations faisant état de discussions sur un arrangement temporaire pour la navigation dans le détroit d’Ormuz. Vers 9 h 47 HE, le Brent s’établissait à 104,18 $ US et le WTI à 98,83 $ US; ils conservaient des gains hebdomadaires respectifs de 8,21 % et de 8,03 %.
Cette détente ne règle toutefois pas les perturbations. Les menaces sur la mer Rouge compliquent aussi les routes d’exportation. Dans son rapport publié ce matin, l’Agence internationale de l’énergie reporte à 2027 la normalisation attendue de l’offre au Moyen-Orient. Elle estime que les stocks pétroliers mondiaux observés ont diminué de 95 millions de barils en août, réduisant le coussin disponible face aux interruptions.
La hausse de l’énergie se retrouve dans les statistiques américaines. Les prix à la production ont augmenté de 0,4 % en août et de 5,4 % sur un an. Le diesel a bondi de 24,1 % durant le mois. Pour les entreprises qui transportent des marchandises, cette facture peut exercer une pression sur les marges ou sur les prix facturés aux clients.
L’IPC publié vendredi à 8 h 30 apporte une nuance. Les prix à la consommation ont progressé de 0,4 % en août, portant l’inflation annuelle à 3,4 %. Hors alimentation et énergie, la hausse mensuelle atteint 0,3 %, mais le rythme annuel ralentit à 2,4 %, contre 2,5 % en juillet. L’essence, en hausse de 3,9 % sur le mois, explique plus du tiers de l’augmentation globale. L’inflation ne suit donc pas une trajectoire uniforme.
Les banques centrales doivent tenir compte de cette tension entre prix énergétiques et activité économique. Jeudi, la Banque centrale européenne a relevé ses taux de 0,25 point; son taux de dépôt passera à 2,50 % le 16 septembre. Aux États-Unis, le rendement de référence à 10 ans s’établit à 4,92 %, soit 14 points de base de plus que vendredi dernier. À l’approche de la Fed, les investisseurs surveilleront surtout la persistance des pressions sur les prix et leur effet sur les dépenses des ménages.
Sommaire des marchés
Depuis la clôture du vendredi 4 septembre jusqu’au vendredi 11 septembre à 9 h 38, heure de l’Est, le S&P 500 recule de 0,61 %, le Nasdaq Composite de 0,54 %, le Dow Jones de 1,33 % et le S&P/TSX de 2,00 %. Malgré le rebond de ce matin, les quatre indices demeurent donc en baisse sur la semaine.
La flambée du pétrole et la hausse des rendements obligataires ont marqué les échanges. Du côté des entreprises, les résultats d’Oracle et d’Adobe ont suscité des réactions opposées. Les investisseurs abordent ainsi la prochaine réunion de la Fed dans un contexte où l’inflation et les perspectives de croissance restent déterminantes.
Les marchés en chiffres
Variations hebdomadaires au 11 septembre 2026
S&P 500 : −0,61 %
Nasdaq : −0,54 %
Dow Jones : −1,33 %
S&P/TSX : −2,00 %
Pétrole Brent : +8,21 %
Pétrole WTI : +8,03 %
Taux 10 ans US : +14 pdb
CAD USD : −0,2 %
Sommaire des titres
Variations du vendredi matin par rapport à la clôture de jeudi.
Oracle (ORCL) : +5,92 %
Les revenus trimestriels ont augmenté de 30 %, à 19,3 milliards $ US; ceux des infrastructures infonuagiques de 121 %.
Adobe (ADBE) : −1,09 %
Les préoccupations concernant l’effet à court terme de son modèle gratuit avec options payantes ont accompagné le recul.
Copart (CPRT) : +1,27 %
Annonce d’une entente pour acquérir ACV Auctions pour près de 2 milliards $ US.
RH (RH) : +5,21 %
Les revenus et bénéfices trimestriels ont dépassé les attentes.
Bloom Energy (BE) : +3,68 %
Entrée au S&P 500 prévue le 21 septembre, annoncée le 4 septembre. Clôture jeudi : 258,49 $ US.
À suivre la semaine prochaine
La Fed et la résistance des consommateurs
La Réserve fédérale se réunira les 15 et 16 septembre, avec de nouvelles projections économiques. Au-delà de la décision sur les taux, son évaluation de l’inflation et de la croissance sera déterminante. Les ventes au détail américaines d’août, attendues mercredi 16 septembre à 8 h 30, heure de l’Est, éclaireront la vigueur de la consommation.
Le pétrole restera également à surveiller : une détente durable des approvisionnements pourrait alléger la pression sur les coûts, alors que de nouvelles perturbations prolongeraient l’incertitude.
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