Vos portefeuilles en bref — FTAI Aviation (FTAI)
FTAI Aviation est une société spécialisée dans les actifs et services aéronautiques, avec un positionnement particulièrement intéressant dans la maintenance, la réparation et l’échange de moteurs commerciaux. L’entreprise s’est bâti une plateforme autour d’actifs critiques du secteur aérien, en mettant l’accent sur des moteurs largement utilisés comme les CFM56 et V2500. Ce modèle lui permet de capter de la valeur non seulement par la détention d’actifs, mais aussi par l’expertise technique, l’accès aux pièces et la capacité d’exécution dans un marché où les infrastructures de réparation demeurent limitées.
FTAI Aviation a publié récemment des résultats qui confirment, selon nous, la solidité de sa trajectoire opérationnelle, même si le quatrième trimestre a été accueilli de façon un peu plus nuancée par le marché. Dans un contexte où les investisseurs deviennent plus exigeants sur la qualité des flux de trésorerie, sur le levier financier et sur la visibilité des perspectives, la société continue néanmoins d’exécuter dans un créneau spécialisé de l’aéronautique où la demande demeure soutenue.
Pour le quatrième trimestre de 2025, FTAI a affiché :
• un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 111,9 M$ US
• un bénéfice dilué par action de 1,08 $ US
• un BAIIDA ajusté trimestriel d’environ 277,2 M$ US
• des revenus d’environ 662 M$ US, en hausse d’environ 32,7 % sur un an
Pour l’exercice 2025, la société a livré :
• un BAIIDA ajusté d’environ 1,19 G$ US, en hausse de 38 % sur un an
• un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 477,5 M$ US
• un BAIIDA ajusté du segment Aerospace Products de 671,3 M$ US, en hausse de 76 % sur un an
La direction a aussi relevé sa cible de BAIIDA ajusté pour 2026 à 1 625 G$ US, contre 1 525 G$ US auparavant, ce qui traduit une confiance accrue envers la demande et l’exécution opérationnelle. Le trimestre a donc été un peu plus mitigé sur le plan du bénéfice, mais la lecture d’ensemble demeure constructive. Ce qui importe surtout, à nos yeux, c’est que la société continue d’améliorer sa base opérationnelle tout en relevant ses objectifs pour l’année en cours.
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Faits marquants en 2025-2026
Le principal moteur de croissance de FTAI demeure clairement son segment Aerospace Products. C’est ce segment qui donne au dossier sa profondeur et son caractère distinctif. La société profite d’une demande soutenue dans les activités de maintenance, réparation et échange de moteurs commerciaux, particulièrement autour des plateformes CFM56 et V2500, qui demeurent largement utilisées dans les flottes mondiales.
Ce qu’on retient surtout, c’est que FTAI ne se limite pas à un rôle de locateur d’actifs. L’entreprise bâtit plutôt une plateforme intégrée autour d’actifs critiques, de la maintenance spécialisée, de l’accès aux pièces et d’une expertise technique difficile à reproduire. Dans un marché où les capacités de réparation demeurent limitées et où plusieurs compagnies aériennes prolongent la durée de vie de leurs appareils, ce positionnement devient particulièrement pertinent.
Un autre élément positif demeure la hausse de la guidance pour 2026. La direction vise maintenant environ 1,05 G$ US de BAIIDA ajusté pour Aerospace Products et environ 575 M$ US pour Aviation Leasing. Cette révision à la hausse renforce l’idée que la croissance observée en 2025 n’était pas ponctuelle.
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Pourquoi est-ce une action à surveiller
Le dossier conserve plusieurs caractéristiques intéressantes dans l’environnement actuel :
• une niche spécialisée avec des barrières à l’entrée élevées
• une croissance opérationnelle tangible
• une meilleure visibilité sur 2026
• un modèle intégré qui permet d’aller chercher davantage de valeur dans la chaîne aéronautique
La société a également relevé son dividende trimestriel ordinaire à 0,40 $ US par action, ce qui reflète une certaine confiance de la direction envers la progression des activités et la génération future de liquidités. En parallèle, FTAI continue d’avancer dans ses structures de capital, notamment avec SCI I et SCI II, tout en élargissant progressivement ses relais de croissance.
Le titre demeure volatil, mais la lecture fondamentale reste constructive. Même si l’action se négocie encore sous ses sommets récents, le marché continue globalement de reconnaître la qualité des leviers de croissance, tout en demeurant exigeant sur l’exécution et sur la structure financière.
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Conclusion
Dans un marché plus sélectif, FTAI Aviation conserve plusieurs attributs recherchés : une niche spécialisée, une croissance tangible, une amélioration des perspectives et une plateforme opérationnelle qui gagne en profondeur dans un marché aéronautique encore favorable. La forte progression du segment Aerospace Products, le relèvement de la guidance pour 2026 et la hausse du dividende viennent renforcer la lecture positive du dossier.
Au-delà du trimestre, c’est surtout la profondeur du modèle d’affaires qui retient notre attention. FTAI continue de bâtir une plateforme capable de capter de la valeur dans un marché où la demande reste soutenue et où l’offre spécialisée demeure limitée. Chez Pratte Gestion de portefeuilles, nous voyons FTAI comme un titre de croissance industrielle avec un profil plus volatil que la moyenne, mais avec un potentiel encore intéressant si l’exécution demeure au rendez-vous.
Nous avons d’ailleurs profité d’un point d’entrée attrayant lorsque le titre évoluait près de ses plus bas récent, ce qui reflète bien notre approche : intervenir lorsque le marché devient plus nerveux, mais que la thèse fondamentale demeure intacte. À nos yeux, la volatilité récente n’a pas remis en question les moteurs de croissance de l’entreprise.
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Les marchés en bref
Lundi
• S&P 500 : +1,01 % à 6 699,38
• Nasdaq : +1,22 % à 22 374,18
• Dow Jones : +0,83 % à 46 946,41
• S&P/TSX : +1,03 % à 32 876,65
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Évolution du dollar canadien
Le dollar canadien s’est apprécié à 0,7313 $ US, en hausse par rapport à la séance précédente, soutenu par un regain d’appétit pour le risque et une stabilisation des marchés des matières premières.
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Les marchés nord-américains ont amorcé la semaine sur un rebond technique marqué, principalement attribuable à un recul significatif des prix du pétrole. Après plusieurs séances sous pression, la détente du brut, avec un repli de plus de 5 % du WTI, a permis de relâcher temporairement les craintes inflationnistes et de redonner de l’oxygène aux actifs risqués.
Sur le plan fondamental, la dynamique reste largement dictée par le contexte géopolitique au Moyen-Orient. Le marché intègre désormais un scénario où les perturbations dans le détroit d’Ormuz pourraient être partiellement contenues, notamment avec une intervention coordonnée visant à sécuriser les flux pétroliers. Cette normalisation relative a entraîné un repositionnement tactique des investisseurs, particulièrement après trois semaines consécutives de repli des indices américains.
En parallèle, les rendements obligataires ont légèrement reculé (10 ans américains autour de 4,22 %), contribuant à soutenir les titres de croissance, notamment dans le secteur technologique. La combinaison d’un pétrole en baisse et de taux en détente a agi comme catalyseur pour un rebond généralisé des marchés.
Cela dit, le mouvement demeure fragile sur le plan structurel. Les volumes de transaction sont restés sous les moyennes historiques, ce qui suggère un manque de conviction institutionnelle. Le marché demeure en mode attentiste à l’aube d’une semaine cruciale dominée par les décisions de banques centrales, en particulier la Réserve fédérale.
Le message implicite du marché est clair : malgré le rebond, les attentes de baisse de taux pourraient devoir être recalibrées. Le risque d’une politique monétaire plus restrictive pour plus longtemps persiste, surtout dans un contexte où les chocs énergétiques peuvent rapidement raviver les pressions inflationnistes.
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Les titres en bref
• Nvidia (NVDA) : +1,65 % — soutien du secteur IA avec le lancement de la conférence GTC et maintien d’un fort momentum structurel.
• Amazon (AMZN) : +1,96 % — rebond des mégacapitalisations dans un contexte de détente des taux.
• Meta (META) : +2% — optimisme autour d’une restructuration potentielle des coûts et investissements IA.
• ExxonMobil (XOM) : +0,71 % — résilience malgré la baisse du pétrole, reflétant des anticipations de prix encore élevés.
• Nebius (NBIS) : +14,96 % — envolée après l’annonce d’un contrat majeur de 27 G$ US avec Meta dans l’infrastructure IA.
• Dollar Tree (DLTR) : +6,42 % — résultats supérieurs aux attentes, signal positif pour la consommation discrétionnaire défensive.
• Micron (MU) : +3,68 % — anticipation favorable avant les résultats, portée par la thématique mémoire/IA.
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Pétrole : détente tactique, risque toujours présent
Le principal catalyseur de la séance demeure la correction des prix du pétrole. Le WTI a reculé de 5,28 % à 93,50 $ US, tandis que le Brent a glissé de 2,84 % à 100,21 $ US, après avoir franchi brièvement le seuil des 100 $ la veille.
Ce repli s’explique par plusieurs facteurs :
• Anticipation d’un déblocage accru des réserves stratégiques par les grandes économies, incluant une ouverture de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à libérer davantage de barils ;
• Signes d’un début de normalisation du trafic dans le détroit d’Ormuz, corridor clé pour environ 20 % du pétrole mondial ;
• Perception d’une réduction du risque immédiat de rupture d’approvisionnement malgré la poursuite du conflit.
Autrement dit, le marché est passé d’un scénario de choc d’offre extrême à un scénario plus nuancé où certaines exportations pourraient reprendre progressivement.
Néanmoins, le risque structurel demeure élevé. Toute escalade ou interruption durable du transport maritime pourrait rapidement ramener le pétrole vers des niveaux supérieurs à 100 $ US, ce qui raviverait les pressions inflationnistes et compliquerait le travail des banques centrales.
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Performance sectorielle
• États-Unis (S&P 500) : progression généralisée des 11 secteurs, avec un leadership clair des technologies de l’information et de la consommation discrétionnaire.
• Canada (TSX) : technologie en tête, appuyée par le rebond des marchés américains ; contribution positive également des financières.
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Mardi
• S&P 500 : +1,01 %
• Nasdaq : +1,22 %
• Dow Jones : +0,83 %
• S&P/TSX : +0,16 % à 32 929,09
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Évolution du dollar canadien
Le dollar canadien s’est légèrement replié à 0,7300 $ US, en baisse par rapport à la veille, reflétant un positionnement plus prudent à l’approche des annonces des banques centrales.
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Analyse macroéconomique
Les marchés boursiers ont poursuivi leur rebond mardi, affichant une résilience notable malgré l’intensification des tensions géopolitiques et la remontée des prix du pétrole. Wall Street a terminé dans le vert, soutenue par un repositionnement technique et un certain apaisement du sentiment après la phase initiale de volatilité liée au conflit.
Les investisseurs semblent désormais évoluer dans une logique de normalisation graduelle, intégrant davantage les développements géopolitiques dans leurs scénarios de base. Toutefois, l’appétit pour le risque demeure mesuré, plusieurs intervenants institutionnels évitent de prendre des positions directionnelles importantes avant les décisions de la Réserve fédérale.
Le marché anticipe largement un maintien des taux directeurs dans la fourchette actuelle de 3,50 % à 3,75 %, mais l’attention se porte principalement sur les indications prospectives. Les attentes de baisses de taux ont été repoussées vers la fin de l’année, reflétant une réévaluation du risque inflationniste dans un contexte de hausse des prix de l’énergie.
Par ailleurs, les rendements obligataires ont légèrement reculé, le 10 ans américain évoluant autour de 4,20 %, ce qui a contribué à soutenir les actifs de croissance.
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Pétrole : dynamique haussière soutenue par le risque d’approvisionnement
Les prix du pétrole ont poursuivi leur progression, consolidant une tendance haussière alimentée par les perturbations d’approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient.
Le Brent a progressé de 3,20 % à 103,42 $ US, tandis que le WTI a gagné 2,90 % à 96,21 $ US, avec des pointes intrajournalières au-delà des 102 $ US pour le Brent. Cette évolution reflète une prime de risque persistante, en lien avec les incertitudes entourant la sécurité des flux énergétiques mondiaux.
Depuis le début du conflit, la volatilité du pétrole agit comme principal facteur de transmission du risque macroéconomique. La hausse des prix de l’énergie ravive les préoccupations inflationnistes et influence directement les anticipations de politique monétaire.
Malgré cette pression, les marchés boursiers ont démontré une capacité d’absorption accrue, suggérant que les investisseurs considèrent, pour l’instant, ces chocs comme partiellement transitoires, sous réserve de l’évolution du contexte géopolitique.
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Les titres en bref
• Delta Air Lines (DAL) : +6,55% — relèvement des prévisions malgré un impact estimé de 400 M$ US lié aux coûts de carburant.
• Qualcomm (QCOM) : +1,70% — annonce d’un programme de rachat d’actions de 20 G$ US et hausse du dividende.
• Micron (MU) : +4,50 % — anticipation positive avant la publication des résultats.
• Boeing (BA) : -1,23 % — pression sur les marges liée à l’intégration de Spirit AeroSystems.
• Macy’s (M) : -0,88 % — prudence avant les résultats financiers.
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Performance sectorielle
• États-Unis (S&P 500) : progression généralisée, avec un leadership maintenu des technologies.
• Canada (TSX) : hausse modérée, reflétant une sensibilité accrue au secteur énergétique et une posture attentiste des investisseurs.
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Mercredi
• S&P 500 : -1,36 % à 6 624,70
• Nasdaq : -1,46 % à 22 152,42
• Dow Jones : -1,63 % à 46 225,15
• S&P/TSX : -1,87 % à 32 312,67
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Évolution du dollar canadien
Le dollar canadien s’est légèrement replié à 0,7296 $ US, reflétant un positionnement plus défensif des investisseurs à la suite des décisions des banques centrales et de la montée des risques géopolitiques.
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Les marchés boursiers nord-américains ont fortement reculé mercredi, dans un contexte combinant des données d’inflation plus élevées que prévu et un ton prudent de la Réserve fédérale. Le mouvement de vente a été généralisé, le Dow Jones passant sous sa moyenne mobile de 200 jours pour la première fois depuis mi-2025, un signal technique surveillé de près par les gestionnaires institutionnels.
Le principal catalyseur macroéconomique provient de l’indice des prix à la production (PPI), qui a progressé de 0,7 % sur un mois, largement au-dessus des attentes. Cette donnée renforce l’idée que les pressions inflationnistes demeurent persistantes, même avant l’intégration complète de la récente hausse des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient. Le marché commence à intégrer un scénario d’inflation plus structurelle, alimentée par les coûts des intrants, les tarifs et les perturbations d’approvisionnement.
Du côté de la politique monétaire, la Réserve fédérale a maintenu son taux directeur dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %, comme anticipé. Toutefois, le discours demeure prudent. Jerome Powell a reconnu que les progrès sur l’inflation sont plus lents que prévu, tout en soulignant les incertitudes liées au contexte géopolitique. La Fed maintient une projection d’une seule baisse de taux en 2026, ce qui renforce le scénario de taux élevés pour une période prolongée.
Le risque géopolitique demeure au cœur du narratif de marché. L’intensification des tensions au Moyen-Orient, incluant des attaques sur des infrastructures énergétiques et des menaces envers des producteurs majeurs, continue d’alimenter la volatilité. Le risque de perturbations prolongées des flux énergétiques mondiaux est désormais pleinement intégré dans les scénarios de marché.
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Banque du Canada : statu quo, mais incertitude élevée
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % pour une troisième réunion consécutive, une décision largement anticipée par le marché, mais qui s’inscrit dans un contexte macroéconomique de plus en plus complexe. La banque centrale adopte une posture attentiste, cherchant à évaluer si la récente flambée des prix du pétrole, alimentée par les tensions au Moyen-Orient, se traduira par une inflation plus persistante à l’échelle de l’économie.
Malgré un retour récent de l’inflation sous la cible de 2 %, les autorités monétaires anticipent une remontée à court terme, principalement liée à l’énergie. Le gouverneur Tiff Macklem a indiqué que cette pression pourrait être tolérée temporairement, tant qu’elle demeure circonscrite au secteur énergétique et ne se diffuse pas aux autres composantes de l’économie.
La Banque du Canada fait toutefois face à un arbitrage délicat entre inflation et croissance. D’un côté, une hausse prolongée des prix de l’énergie risque de raviver les pressions inflationnistes ; de l’autre, l’économie canadienne montre des signes d’essoufflement, avec un marché de l’emploi en perte de vitesse et une croissance plus faible qu’anticipée.
Dans ce contexte, la trajectoire des taux demeure hautement dépendante des données à venir. Une inflation plus généralisée pourrait forcer un resserrement supplémentaire, alors qu’un ralentissement économique plus marqué ouvrirait la porte à des baisses de taux. À ce stade, la banque centrale conserve une flexibilité maximale, prête à ajuster sa politique dans un sens comme dans l’autre selon l’évolution du cycle économique.
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Nvidia relance ses activités en Chine sous contraintes réglementaires
Nvidia a annoncé la reprise progressive de la production de certaines puces destinées au marché chinois, marquant un développement stratégique dans un contexte de fortes contraintes géopolitiques et réglementaires. Après plusieurs mois d’arrêt lié aux restrictions américaines sur l’exportation de technologies avancées, le groupe a obtenu les autorisations nécessaires pour relancer des livraisons, tout en développant des versions adaptées de ses processeurs afin de respecter les limites imposées par Washington. Cette reprise demeure toutefois encadrée, les autorités chinoises validant les transactions de manière sélective afin de limiter leur dépendance aux technologies américaines. Sur le plan stratégique, Nvidia cherche ainsi à maintenir une présence dans un marché qui représentait historiquement plus du quart de ses revenus, tout en s’alignant sur les priorités américaines en matière de souveraineté technologique. Cette situation illustre l’équilibre délicat entre expansion commerciale, contraintes politiques et reconfiguration de la chaîne d’approvisionnement mondiale dans le secteur des semi-conducteurs.
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Pétrole : pression haussière persistante et risque inflationniste
Les prix du pétrole sont demeurés élevés, soutenus par les tensions géopolitiques et les craintes d’approvisionnement. Le Brent s’est établi autour de 107,38 $ US, tandis que le WTI a évolué près de 96,32 $ US, maintenant une prime de risque significative.
Les développements récents, notamment des frappes sur des infrastructures énergétiques en Iran et des menaces visant l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, accentuent les inquiétudes quant à la stabilité de l’offre mondiale. Le détroit d’Ormuz demeure un point névralgique, et toute perturbation prolongée pourrait entraîner des répercussions majeures sur les flux énergétiques.
La persistance de prix élevés agit comme un vecteur direct de transmission inflationniste. L’augmentation des coûts énergétiques se répercute sur les coûts de production et de transport, contribuant à maintenir des pressions sur les prix à l’échelle globale.
Même si certains acteurs estiment qu’un choc énergétique ne mènera pas nécessairement à une récession, la combinaison d’inflation élevée et de ralentissement de la croissance introduit un risque stagflationniste qui complexifie considérablement le travail des banques centrales.
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Les titres en bref
• Nvidia (NVDA) : +0,40 % soutien relatif du secteur IA dans un marché en baisse.
• Amazon (AMZN) : -1,80 % pression sur les mégacapitalisations dans un contexte de taux élevés.
• Apple (AAPL) : -1,70 % repli du secteur technologique, sensibilité accrue aux taux.
• Microsoft (MSFT) : -1,50 % correction des titres de croissance après les commentaires de la Fed.
• Marathon Petroleum (MPC) : +2,00 % nouveau sommet soutenu par la hausse des prix de l’énergie.
• Valero (VLO) : +2,50 % bénéfice direct du contexte pétrolier.
• Micron (MU) : +1,20 % momentum maintenu malgré la volatilité du marché.
• Paramount (PARA) : -3,00 % pression persistante sur les titres de consommation et médias.
• Lululemon (LULU) : -4,20 % résultats du quatrième trimestre en baisse, pression sur la rentabilité et repositionnement stratégique en Amérique du Nord.
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Performance sectorielle
• États-Unis (S&P 500) : baisse généralisée, avec une sous-performance marquée des technologies et de la consommation discrétionnaire.
• Canada (TSX) : recul de l’ensemble des secteurs, les matériaux et l’énergie contribuant significativement à la baisse dans un contexte de volatilité accrue.
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Jeudi
• S&P 500 : -0,27 % à 6 606,49
• Nasdaq : -0,28 % à 22 090,69
• Dow Jones : -0,44 % à 46 021,43
• S&P/TSX : -1,42 % à 31 854,98
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Évolution du dollar canadien
Le dollar canadien s’est légèrement replié à 0,7284 $ US, en baisse par rapport à la veille, dans un contexte où les investisseurs ont continué de privilégier une posture plus défensive à mesure que les tensions géopolitiques et les risques inflationnistes demeuraient élevés.
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Les marchés nord-américains ont inscrit une deuxième séance consécutive de recul, même si Wall Street a effacé une partie importante de ses pertes en fin de journée. Le ton du marché est demeuré essentiellement dicté par l’évolution du conflit au Moyen-Orient et, surtout, par ses répercussions possibles sur l’énergie, l’inflation et la trajectoire des taux. En séance, le Dow a déjà perdu près de 500 points avant de rebondir partiellement, pendant que le S&P 500 et le Nasdaq se reprenaient eux aussi à partir de leurs creux du jour.
Le message de fond reste le même : tant que le pétrole reste élevé, les investisseurs craignent un nouvel allongement du cycle inflationniste. Après la réunion de la Fed la veille, le marché semble maintenant intégrer un scénario où les baisses de taux deviennent beaucoup moins probables à court terme. Les opérateurs ne voyaient désormais pratiquement plus de place pour une baisse de taux en 2026, pendant que certaines firmes allaient jusqu’à évoquer un prochain mouvement potentiellement à la hausse, même si ce scénario ne constitue pas le cas de base immédiat.
Sur le plan économique, les données américaines ont toutefois envoyé un signal plus mitigé que ne le laissait croire le recul des indices. Les demandes initiales d’assurance-chômage ont reculé à 205 000, sous les attentes, tandis que l’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie est ressorti à 18,1, au-dessus du consensus. Autrement dit, l’économie américaine ne donne pas encore de signe clair de rupture, ce qui complique davantage la tâche des banques centrales si les prix de l’énergie restent durablement élevés.
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Pétrole : toujours le principal facteur de risque
Le pétrole a encore dominé la lecture de marché. Le Brent a terminé à 108,65 $ US, en hausse d’environ 1,2 %, après avoir bondi brièvement jusqu’à près de 119 $ US en matinée, son plus haut niveau depuis juillet 2022. Le WTI a, pour sa part, terminé autour de 96,14 $ US, en léger recul, après une séance très volatile. Le repli de fin de journée s’est amorcé après des commentaires jugés un peu plus rassurants sur une possible réouverture du détroit d’Ormuz et sur une issue potentiellement plus rapide du conflit.
Le problème, c’est que le marché ne croit plus à un retour rapide aux prix énergétiques d’avant-guerre. Le risque de perturbations prolongées au détroit d’Ormuz et les attaques visant des infrastructures énergétiques au Qatar et ailleurs dans le Golfe maintiennent une prime de risque importante sur le brut. Tant que cette prime demeure en place, le pétrole agit comme principal vecteur de transmission du risque inflationniste, ce qui pèse sur les valorisations boursières et réduit la marge de manœuvre des banques centrales.
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Les titres en bref
• Micron (MU) : -3,8 % malgré des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, le titre a subi des prises de profits après un très fort parcours boursier et sur fond de préoccupations liées à l’augmentation des dépenses d’investissement.
• Alibaba (BABA) : environ -7 % pression marquée après des résultats trimestriels plus faibles que prévu, avec des revenus inférieurs aux attentes et une forte baisse du bénéfice net.
• Rivian (RIVN) : en hausse de plus de 1 % soutenue par l’annonce d’un partenariat avec Uber, qui prévoit investir jusqu’à 1,25 G$ US dans le déploiement de robotaxis.
• Uber (UBER) : en baisse d’environ 2 % le marché a accueilli plus prudemment la même annonce, malgré la portée stratégique du partenariat avec Rivian.
• Canadian Natural Resources et Suncor ont soutenu le secteur énergétique canadien, l’énergie ayant été le seul compartiment positif sur le TSX selon la lecture de la séance rapportée au Canada.
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Performance sectorielle
• États-Unis (S&P 500) : les grands indices ont terminé en baisse, mais les pertes ont été limitées en fin de séance grâce à l’accalmie relative du pétrole. La technologie est restée sous pression, tandis que le secteur énergétique a continué de profiter du niveau élevé du brut.
• Canada (TSX) : recul généralisé, les métaux de base ayant particulièrement pesé sur l’indice. L’énergie a été le seul secteur en territoire positif, portée par la remontée du pétrole.
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Vendredi (séance en cours)
• Dow Jones : -0,1 %
• S&P 500 : -0,4 %
• Nasdaq : -0,7 %
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Les marchés amorçaient la séance de vendredi en baisse, dans un contexte où la remontée du pétrole reprenait après une courte accalmie la veille. Les investisseurs demeurent préoccupés par l’évolution du conflit au Moyen-Orient, par ses effets sur les prix de l’énergie et par l’impact potentiel sur l’inflation et la consommation. Les grands indices se dirigeaient ainsi vers une quatrième semaine consécutive de repli, ce qui confirme que le marché reste en mode de réduction du risque plutôt qu’en véritable phase de reprise.
Le facteur technique compte aussi aujourd’hui. La séance de vendredi est marquée par le « quadruple witching », soit l’expiration simultanée de plusieurs catégories de dérivés. Ce type d’événement tend à accentuer les volumes et les mouvements intrajournaliers, et cette volatilité potentielle s’ajoute à un contexte déjà tendu sur le plan géopolitique. Le message de marché est donc assez simple : tant que le pétrole reste élevé et que le détroit d’Ormuz demeure au cœur des inquiétudes, les investisseurs vont continuer d’exiger une prime de risque plus élevée.
À cela s’ajoute une fragilité technique plus large. Le S&P 500 est maintenant sous sa moyenne mobile de 200 jours, un seuil suivi de près par plusieurs gestionnaires et stratégistes. Dans un marché où les baisses de taux semblent de moins en moins probables à court terme, ce type de cassure technique alimente naturellement la prudence.
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Pétrole : le marché reste suspendu au détroit d’Ormuz
Le pétrole demeure le principal facteur de risque ce vendredi matin. Après un repli temporaire, le Brent remontait à environ 110,50 $ US le baril, en hausse de 1,7 %, tandis que le WTI progressait d’environ 0,7 % à 96,78 $ US. Cette remontée illustre bien le fait que le marché continue de douter d’un règlement rapide du conflit et, surtout, d’un retour rapide à la normale dans les flux énergétiques mondiaux.
Même si certaines déclarations politiques ont brièvement calmé le marché jeudi soir, la lecture dominante reste que les prix de l’énergie vont probablement demeurer durablement plus élevés qu’avant le conflit. C’est précisément cette idée qui maintient la pression sur les actions : un pétrole plus élevé signifie plus de risques pour l’inflation, moins de marge pour les banques centrales et une pression potentielle sur les dépenses des ménages ainsi que sur les marges de plusieurs entreprises.
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Les titres en bref
• Super Micro Computer (SMCI) : -26 % en préouverture après que des procureurs américains eurent accusé certains employés d’avoir participé à un stratagème de contrebande de puces Nvidia vers la Chine.
• FedEx (FDX) : +9 % en préouverture grâce à des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et à une hausse de ses prévisions annuelles.
• York Space Systems : +11 % en préouverture après des revenus annuels légèrement au-dessus des attentes et une guidance 2026 jugée solide.
• Micron (MU) et plusieurs titres du secteur des semi-conducteurs repartaient à la baisse vendredi matin, effaçant une partie du mouvement de la veille.
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Performance sectorielle
• États-Unis (ouverture) : la pression restait concentrée du côté de la technologie et des semi-conducteurs, pendant que les secteurs plus sensibles à l’énergie et à la défense continuaient d’attirer davantage d’attention.
• Canada : la lecture complète de clôture n’était pas encore disponible pour vendredi au moment de cette mise à jour. La sensibilité du TSX au pétrole laisse toutefois présager une meilleure tenue relative du secteur énergétique que du reste du marché si le brut poursuit sa remontée.
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Conclusion de la semaine
Malgré une séquence plus nerveuse sur les marchés, notre lecture demeure constructive à moyen terme. Le principal facteur de stress reste l’énergie : tant que le conflit au Moyen-Orient maintient une prime de risque élevée sur le pétrole et perturbe la fluidité du détroit d’Ormuz, les investisseurs continueront d’intégrer un risque inflationniste plus élevé. À l’inverse, le scénario de normalisation demeure assez clair : si le conflit s’apaise et que la circulation énergétique revient plus librement dans le détroit, la pression sur le pétrole devrait graduellement se détendre, ce qui contribuerait à calmer les craintes inflationnistes. Or, lorsque les prix de l’énergie se replient, le marché redevient beaucoup plus réceptif à l’idée d’un assouplissement monétaire éventuel, comme on l’a déjà vu plus tôt cette semaine lors des séances de rebond liées à un recul du brut.
Autrement dit, une décrispation géopolitique ne viendrait pas seulement soutenir le sentiment boursier ; elle pourrait aussi remettre plus clairement sur la table un scénario de baisses de taux à terme, surtout si l’inflation sous-jacente continue de se modérer. Dans ce contexte, notre biais reste discipliné, mais pas défaitiste : un retour à une meilleure fluidité énergétique pourrait devenir l’élément déclencheur d’un rebond plus durable des marchés.

