Guide REER 2026

Bonjour à tous,

Avez-vous cotisé à votre régime enregistré d’épargne-retraite (REER) pour l’année d’imposition 2025? Il n’est pas trop tard pour le faire.  

Le REER est un programme régi par le gouvernement fédéral vous permettant d’amasser des fonds pour votre retraite, tout en économisant sur vos impôts. De façon générale, tout revenu accumulé dans le régime est exempt d’impôt pendant la période où les fonds demeurent dans le régime. De plus, vous pouvez déduire de votre revenu annuel imposable le montant de vos cotisations REER.  

Pour plusieurs, le REER représente une source importante de revenu de retraite. En investissant dans votre régime d’épargne-retraite, vous investissez dans votre futur. Vous avez jusqu’au 2 mars 2026 pour le faire.

Quel est le montant maximal?

Le plafond de cotisation pour l’année d’imposition 2025 est de 32 490 $. Cependant, le montant auquel vous avez droit ne peut excéder 18 % de votre revenu gagné (excluant les revenus de pension et de placement) au cours de l’année précédente. Par exemple, si vous avez gagné 80 000 $ en 2024, votre montant maximum de cotisation sera de 14 400 $ pour 2025.  

Toutefois, si vous êtes membre d’un régime de pension au travail, votre limite peut être diminuée par le facteur d’équivalence. Si vous n’avez pas versé le montant maximum dans votre REER au cours des dernières années, il est fort probable que vous ayez des droits de cotisations non utilisés, ce qui rend votre montant maximal plus élevé.

Pour savoir combien vous pouvez investir cette année, vous pouvez soit consulter la page 3 de votre dernier avis de cotisation fédéral, soit accéder à Mon Dossier sur le site de l’Agence du revenu du Canada (ARC) ou téléphoner directement à l’ARC.

Une déduction sur votre déclaration de revenus

L’un des avantages du REER, c’est que ce dernier vous permet de faire fructifier votre argent à l’abri de l’impôt. Également, il est possible pour vous de déduire le montant de votre cotisation de votre revenu total et ainsi diminuer votre revenu imposable.

Les fonds investis dans un REER deviennent imposables lors d’un rachat. Voilà pourquoi il est recommandé de retirer les sommes de votre REER qu’une fois à la retraite, alors que votre taux marginal d’imposition est généralement plus bas.

Vous prévoyez acheter votre première maison

Si vous prévoyez faire l’achat de votre première maison, le REER peut devenir intéressant. Le régime d’accession à la propriété (RAP) vous permet d’utiliser votre REER comme mise de fonds, et ce, sans payer d’impôts lors du retrait.

Le retrait maximal pouvant être effectué du REER dans le cadre du RAP est maintenant de 60 000 $. Pour être admissible, vous devez être considéré comme l’acheteur d’une première maison et devenir propriétaire de cette demeure principale avant le 1er octobre de l’année suivant celle de votre retrait.

Modalités de remboursement

Le RAP n’est pas un retrait définitif : il s’agit d’un prêt que vous vous accordez à vous-même.

Les sommes retirées doivent être remboursées sur une période maximale de 15 ans.

Le remboursement débute généralement deux ans après l’année du retrait.

Le montant minimal annuel correspond à 1/15 du montant retiré.

Si vous ne remboursez pas le montant minimal requis au cours d’une année, la portion non remboursée sera ajoutée à votre revenu imposable.

Le RAP peut être une excellente stratégie lorsqu’il est bien planifié. Toutefois, il est important d’évaluer l’impact des remboursements futurs sur votre capacité d’épargne à long terme.

Un retour aux études

Si vous voulez effectuer un retour aux études, il existe un programme appelé régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP). Semblable au RAP, celui-ci vous permet de retirer des fonds, sans imposition, de vos REER afin de financer votre formation, vos études ou celles de votre conjoint.

• Montant maximal pouvant être retiré : 10 000 $ par année

• Limite totale : 20 000 $

Pour bénéficier du REEP, vous ou votre conjoint devez être inscrits à temps plein à un programme de formation admissible.

Modalités de remboursement

Comme le RAP, le REEP n’est pas un retrait définitif, mais un prêt que vous vous accordez à vous-même.

Les sommes retirées doivent être remboursées sur une période maximale de 10 ans.

Le remboursement débute généralement cinq ans après le premier retrait.

Le montant minimal annuel correspond à 1/10 du montant total retiré.

Toute portion non remboursée au cours d’une année sera ajoutée à votre revenu imposable.

Le REEP peut être un levier stratégique pour soutenir une transition professionnelle ou un perfectionnement académique. Toutefois, il demeure essentiel d’évaluer l’impact des remboursements futurs sur votre capacité d’épargne à long terme

REER VS CELI

Depuis l’instauration du CELI en 2009, nombreux sont ceux qui se demandent quel véhicule entre le REER et le CELI devrait être privilégié. Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte, nécessitant une analyse rigoureuse avant d’effectuer une contribution à l’un ou l’autre des deux régimes.

• Si votre taux marginal d’imposition à la retraite est inférieur au taux marginal d’imposition au moment de la contribution, il faut opter pour le REER.

• Le CELI est plus flexible, car les retraits ne sont pas imposables et les droits de cotisation sont récupérables l’année suivante.

• Une contribution au REER diminue le revenu net familial, permettant ainsi de devenir admissible à certains crédits d’impôt.

Si vous prévoyez utiliser vos fonds pour des projets à court ou moyen terme, il vaut mieux privilégier le CELI. En revanche, si les fonds sont destinés à la retraite, le REER demeure un choix pertinent, notamment si votre taux marginal d’imposition actuel est plus élevé que celui prévu à la retraite.

À noter : le plafond de cotisation au CELI pour 2026 est de 7 000 $, et les droits inutilisés des années précédentes se reportent automatiquement.

Diminuer votre revenu annuel pour bénéficier de divers crédits d’impôt

Si vous avez bénéficié d’une augmentation de salaire, il est possible que vous perdiez certains crédits d’impôt fédéraux ou provinciaux.

Par exemple, une augmentation de 1 000 $ de votre revenu annuel pourrait vous faire perdre pratiquement le même montant en crédit d’impôt. Il peut donc être avantageux d’investir ce surplus dans votre REER afin de diminuer votre revenu annuel et ainsi profiter de ces programmes ou, du moins, ne pas les perdre.

Le REER au nom du conjoint

Le REER de conjoint est un outil de planification fiscale particulièrement pertinent lorsque les revenus des conjoints sont inégaux.

En cotisant à un REER au nom de votre conjoint, vous utilisez vos propres droits de cotisation, mais vous bénéficiez de la déduction fiscale. Les sommes appartiennent toutefois au conjoint bénéficiaire.

Pourquoi cette stratégie peut être avantageuse

Elle permet d’équilibrer les revenus à la retraite.

Elle peut réduire l’impôt global du couple à long terme.

Elle peut limiter l’impact de la récupération de la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV).

Dans certains cas, elle peut également réduire le revenu net familial actuel et ainsi préserver certains crédits ou prestations gouvernementales.

Règle importante

Si un retrait est effectué dans les trois années suivant la cotisation, c’est le cotisant qui sera imposé sur le montant retiré (règle d’attribution).

À noter :

Il n’est pas possible de transférer des fonds déjà investis dans un REER individuel vers un REER de conjoint.

Les cotisations sont permises jusqu’au 31 décembre de l’année où le cotisant atteint 71 ans.

Emprunter pour cotiser

Il est possible d’effectuer un emprunt pour investir dans un REER, une stratégie appelée effet de levier. Cette option doit être évaluée avec précaution, car les intérêts sur l’emprunt ne sont pas déductibles d’impôt.

Il est souvent plus avantageux de mettre en place une stratégie d’épargne pour contribuer à votre REER plutôt que d’emprunter. Toutefois, si le remboursement de l’emprunt s’effectue rapidement, l’économie d’impôt immédiate peut compenser le coût des intérêts.

Droits de cotisation excédentaires et pénalités

Si vous cotisez plus que votre maximum déductible au titre des REER, vous pourriez être soumis à des pénalités. Vous bénéficiez toutefois d’une marge de dépassement de 2 000 $ sans pénalité.  

Cependant, au-delà de ce montant, un impôt de 1 % par mois s’appliquera sur l’excédent, tant que celui-ci n’est pas retiré ou que vous n’avez pas accumulé suffisamment de nouveaux droits de cotisation pour l’absorber. Il est donc crucial de vérifier votre plafond de cotisation avant d’effectuer un dépôt dans votre REER.

Options de placement admissibles dans un REER

Les sommes investies dans votre REER peuvent être placées dans plusieurs véhicules d’investissement en fonction de votre profil de risque et de vos objectifs de retraite. Voici les placements admissibles :

• Fonds communs de placement

• Actions individuelles (titres cotés en bourse)

• Obligations gouvernementales ou corporatives

• Certificats de placement garanti (CPG)

• Fiducies de revenu et fonds négociés en bourse (FNB)

• Contrats de rente

L’optimisation de votre REER passe par une bonne diversification de vos placements. Il peut être judicieux de consulter un conseiller financier afin d’aligner vos investissements sur votre horizon de retraite et votre tolérance au risque.

Retraits anticipés et imposition des retraits

Retirer des fonds de votre REER avant la retraite peut avoir des conséquences fiscales importantes. Tout retrait sera ajouté à votre revenu imposable de l’année en cours, ce qui pourrait vous faire passer dans une tranche d’imposition plus élevée.  

De plus, une retenue d’impôt à la source sera automatiquement prélevée par votre institution financière selon le montant retiré :

• 19 % (5 % fédéral + 14 % provincial) pour un retrait de 5 000 $ ou moins

• 24 % (10 % fédéral + 14 % provincial) pour un retrait de 5 001 $ à 15 000 $

• 29 % (15 % fédéral + 14 % provincial) pour un retrait de plus de 15 000 $

Si votre taux d’imposition réel est plus élevé que la retenue, vous pourriez avoir à payer un supplément d’impôt lors de votre déclaration de revenus. Il est donc recommandé de ne pas retirer de fonds de votre REER avant la retraite, sauf dans des cas précis comme l’achat d’une première maison via le RAP ou un retour aux études avec le REEP.

Fractionnement du revenu après 65 ans

À partir de 65 ans, les revenus provenant d’un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) ou d’une rente viagère provenant d’un REER peuvent être fractionnés avec votre conjoint(e). Ce mécanisme permet d’équilibrer les revenus imposables du couple et ainsi de réduire l’impôt global.

Par exemple, si un conjoint touche un revenu de pension élevé et l’autre a peu ou pas de revenus, transférer jusqu’à 50 % de ce revenu à l’autre conjoint peut permettre de bénéficier d’un taux d’imposition plus bas et d’éviter de perdre certains crédits d’impôt pour revenus modestes.

Reporter une cotisation pour une déduction future

Si votre revenu actuel est plus bas que ce qu’il sera dans quelques années (par exemple, si vous êtes en début de carrière), vous pouvez cotiser à votre REER sans réclamer immédiatement la déduction fiscale. Vous aurez ainsi la possibilité de reporter cette déduction à une année où votre revenu sera plus élevé, ce qui maximisera votre économie d’impôt.

Cette stratégie est particulièrement intéressante pour ceux qui s’attendent à une augmentation de salaire importante dans les années à venir ou qui prévoient de recevoir des revenus variables.

Cotisations et conversion du REER après 71 ans

Si vous avez 71 ans en 2025, il est essentiel de savoir que vous pouvez encore cotiser à votre REER jusqu’au 31 décembre 2025. Après cette date, vous devrez convertir votre REER en un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) ou en rente.

Si vous avez encore un revenu d’emploi en 2025, une bonne stratégie consiste à effectuer une dernière cotisation REER avant la conversion, même sans réclamer immédiatement la déduction fiscale. Cela vous permettra d’utiliser cette déduction dans une année future où votre taux d’imposition pourrait être plus élevé.

Fonctionnement du FERR

Contrairement au REER, le FERR ne permet plus d’accumuler des droits de cotisation. Il sert plutôt à décaisser progressivement les sommes accumulées.

Retraits obligatoires

À partir de l’année suivant la conversion (donc dès 72 ans si vous avez converti à 71 ans), vous devez effectuer un retrait minimal annuel obligatoire.

Le pourcentage minimal est établi selon une table gouvernementale basée sur votre âge.

À titre indicatif, le retrait minimal est de 5,40 % à 72 ans.

Le pourcentage augmente graduellement chaque année.

Ces retraits sont entièrement imposables et doivent être inclus dans votre revenu de l’année.

Il est important de noter que :

Le retrait minimal obligatoire n’est généralement pas assujetti à une retenue d’impôt à la source (les montants retirés au-delà du minimum le sont).

Les retraits d’un FERR ne génèrent pas de nouveaux droits de cotisation au REER.

Il est possible de choisir de calculer le retrait minimal en fonction de l’âge du conjoint plus jeune, ce qui permet de réduire les retraits obligatoires et de prolonger la croissance à l’abri de l’impôt

Le CELIAPP : Une alternative au RAP pour l’achat d’une maison

Depuis avril 2023, le Compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP) est une alternative intéressante au régime d’accession à la propriété (RAP).

Le CELIAPP combine les avantages du REER et du CELI :

Cotisations déductibles d’impôt, comme un REER

Retraits non imposables pour l’achat d’une première maison, comme un CELI

Aucun remboursement requis, contrairement au RAP

Vous pouvez cotiser jusqu’à 8 000 $ par an, avec un plafond à vie de 40 000 $. Si vous ne cotisez pas le montant maximal une année, vous pouvez reporter les droits inutilisés à l’année suivante.

Contrairement au RAP, où les fonds retirés doivent être remboursés sur 15 ans, les retraits du CELIAPP sont définitifs et n’affectent pas vos droits futurs. Ce compte est donc une option idéale pour ceux qui planifient l’achat d’une propriété d’ici 5 à 10 ans.

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