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17 juin 2022

Un dernier blogue avant la saison estivale

Par PRATTE

Un dernier blogue avant la période estivale

Chers lecteurs,

Veuillez prendre note que le blogue prendra relâche durant la période estivale. Nous serons de retour en septembre. Nous profitons de l’occasion pour vous souhaiter un bel été et pour vous remercier de votre fidélité.

Marchés en bref

Les marchés ont encore connu une séance difficile lundi alors que le S&P 500 est entré officiellement en territoire baissier (bear market). L’indice a enregistré une baisse de 22 % depuis son dernier sommet le 4 janvier dernier et a clôturé la séance de lundi en recul de 3,87 %. Le Dow a clôturé la séance en baisse de 2,79 % et le NASDAQ reculait de 4,68 %.

Les investisseurs attendent la réunion de la Fed ce mercredi pour mieux se positionner. « Il se peut que la Réserve fédérale soit plus agressive qu’on le pensait avec l’incertitude économique qui va avec », dit Stéfane Marion, économiste et stratège en chef de la Banque Nationale. « Est-ce qu’on pourrait voir un durcissement du discours de la Fed ? Est-ce qu’on pourrait même y aller avec une hausse de taux qui excéderait 50 points ? Les marchés se préparent à tout ça », poursuit-il.

« Wall Street fait face à une pléthore de mauvaises nouvelles », a déclaré Edward Moya d’Oanda, « mais le problème est que tant que nous ne voyons pas une détérioration des conditions de crédit et du fonctionnement du marché, la Fed a le feu vert pour resserrer autant que possible et mettre l’inflation sous contrôle ». Depuis quelque temps déjà, les investisseurs ont « un manque de confiance dans les valorisations, sachant que les avertissements sur résultats sont encore peu nombreux malgré les anticipations d’une croissance bien plus lente, voire d’une récession dans les prochains mois », selon Edward Moya.

De nombreux titres ont chuté lundi tels que Boeing (-8,7 %), Salesforce (-6,9 %) et American Express qui ont (-5,2 %) entraîné le Dow vers le bas. Le secteur technologique a également connu le même sort alors que Netflix, Tesla et Nvidia ont tous reculé d’environ 7 %, entraînant avec eux le NASDAQ alors que l’indice a touché un nouveau creux de 52 semaines, son niveau le plus bas depuis 2020.

Les titres provenant du secteur des voyages ont vécu le même scénario. Carnival Corporation et Norwegian Cruise Line ont chuté d’environ 10 % et 12 % respectivement. Delta Air reculait de plus de 8 % et United perdait environ 10 %.

« Les mouvements spectaculaires à la baisse pourraient indiquer que de nombreux investisseurs prennent des bénéfices ou repositionnent leurs portefeuilles, et peuvent signaler que les marchés sont dans “une phase de capitulation” », a déclaré Jeff Kilburg, directeur des investissements de Sanctuary Wealth.

Mardi fut tout aussi volatile pour les bourses américaines, oscillant entre des gains et des pertes importants tout au long de la journée. Le S&P 500 a chuté de 0,38 % pour clôturer à 3 735,48 points, le Dow reculait de 151,91 points, soit 0,5 %, pour s’établir à 30 364,83 alors que le NASDAQ a terminé en légère hausse de 0,18 % pour terminer à 10 828,35 points. « C’est une de ces journées où le marché va devoir adopter une attitude attentiste et c’est certainement ce qui semble se produire dans les principaux indices », a déclaré Art Hogan, stratège en chef du marché chez National Securities. « Nous sommes vraiment coincés ici », a-t-il ajouté, notant que les va-et-vient ne sont pas inhabituels avant une annonce majeure.

Les investisseurs étaient toujours nerveux mardi à la veille de la décision de la Fed alors que la rumeur d’une hausse de 75 points de base circule. « La grande question maintenant, c’est comment ce resserrement monétaire va-t-il affecter l’économie ? Et jusqu’où le marché va-t-il aller pour toucher le fond ? » remarquait Quincy Krosby.

La Fed « a laissé l’inflation devenir incontrôlable. Les marchés des actions et du crédit ont donc perdu confiance dans la Fed », a écrit Bill Ackman de Pershing Square dans un tweet mardi après-midi. « La confiance du marché peut être restaurée si la Fed prend des mesures agressives avec 75 points de base demain et en juillet » et s’engage à des augmentations agressives jusqu’à ce que l’inflation « ait été maîtrisée », a ajouté Ackman.

Les marchés se sont montrés satisfaits mercredi de la décision de la Fed d’augmenter les taux d’intérêt de 75 points. Le Dow a terminé en hausse de 1,00 % mettant fin à une séquence de cinq séances consécutives à la baisse, le S&P 500 avançait de 1,46 % et le NASDAQ enregistrait des gains de 2,50 %.

Les investisseurs avaient déjà anticipé cette hausse, mais ces derniers ne s’attendaient pas à ce que la Fed annonce une possible augmentation de 50 points de base ou de 75 points de base lors de la prochaine réunion. « La Fed a souligné le sérieux de sa mission avec sa première hausse de taux de 75 points de base [0,75 point de pourcentage] depuis 1994, en agissant rapidement en prévision d’une accélération de l’inflation », a commenté Chris Low, économiste en chef de FHN Financial. « Pour la première fois depuis des années, la Fed tente d’inverser l’inflation qui est déjà bien au-dessus de son objectif », a ajouté l’analyste.

« L’annonce d’aujourd’hui confirme l’engagement de la Fed à mener la bataille contre l’inflation de manière plus agressive malgré les conséquences potentielles d’une augmentation des taux à un rythme aussi rapide », a déclaré Charlie Ripley d’Allianz Investment Management. « Dans l’ensemble, les taux directeurs de la Fed ne sont pas synchronisés avec l’histoire de l’inflation depuis un certain temps et les hausses agressives de la Fed devraient apaiser les marchés pour le moment. »

Les marchés ont encore une fois terminé la séance de jeudi en baisse. L’inquiétude des risques d’une récession persiste alors que de nombreuses banques centrales à travers le monde ont imité la Fed en haussant leur taux d’intérêt. Le Dow Jones a clôturé en baisse 2,42 %, pour terminer sous les 30 000 points pour la première fois depuis janvier 2021. Le NASDAQ reculait de 4,08 % tandis que le S&P 500 chutait de 3,25 % en baisse de près de 24 % depuis son dernier sommet du 3 janvier dernier.

« Wall Street n’a pas mis longtemps à perdre son enthousiasme d’hier après (les annonces de la Fed), alors que d’autres banques centrales majeures deviennent également plus agressives pour mener leurs propres combats contre l’inflation », a expliqué, dans une note, Edward Moya d’Oanda.

Les actions ont ouvert sans direction vendredi alors que Wall Street tentait de retrouver sa place après une semaine difficile. Le Dow chutait de 20 points, ou 0,07 %, tandis que le S&P 500 a ouvert en légère hausse de 0,28 % et le NASDAQ de 0,67 %.

La volatilité pourrait être au rendez-vous vendredi, jour des quatre sorcières (« quadruple witching »). Cette tendance se produit lors de l’expiration simultanée des contrats à terme sur l’indice boursier, des contrats à terme sur action unique, des options sur actions et des options sur indice boursier. Le jour des quatre sorcières se produit une fois par trimestre et se traduit par une augmentation du volume des transactions.

Cryptomonnaies

Les cryptomonnaies ont également chuté drastiquement lundi alors que le Bitcoin a enregistré une baisse de plus de 15 % à 22 603 dollars, son niveau le plus bas depuis décembre 2020. La monnaie virtuelle a perdu plus de 66 % depuis son plus haut historique en novembre 2021. La baisse a entraîné les titres provenant du secteur de la cryptomonnaie, notamment Coinbase et Microstrategy, en baisse de 11 % et 25 %, respectivement.

Les cryptomonnaies ont poursuivi leur chute mardi, alors que le Bitcoin a perdu plus de 32,85 % depuis vendredi dernier et plus de la moitié de sa valeur depuis le début de l’année.

Celsius Network, un partenaire de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), a annoncé dimanche qu’elle ne permettrait plus pour le moment à ses clients de retirer de sa plateforme leurs investissements en cryptomonnaies. « En raison de conditions extrêmes dans le marché, nous annonçons aujourd’hui que Celsius met sur pause tous les retraits, les échanges et les transferts entre comptes », a écrit l’entreprise dans un communiqué envoyé à ses clients peu avant 23 h, dimanche. « Nous comprenons qu’il s’agit de nouvelles difficiles, mais nous croyons que notre décision […] est l’action la plus responsable que nous pouvons entreprendre pour protéger notre communauté », poursuit le communiqué.

En effet, selon les chiffres publiés par Celsius, cette dernière a perdu près de 2 G$ US en dépôts de ses clients depuis un mois. L’entreprise affirmait en octobre gérer environ 27 G$ de cryptoactifs, toutefois ce chiffre a reculé à 12 G$ en mai et depuis, Celsius n’a plus mis à jour ces données sur son site.

La plateforme de cryptomonnaies Coinbase a annoncé mardi qu’elle allait mettre à pied plus de 18 % de ses employés, un autre signe de l’intensité de la chute des crypto qui a effacé dans les dernières semaines des centaines de millions de valeurs. Le titre de la plateforme a reculé de 11 % lundi et est en baisse de 80 % depuis un an.

« Les cryptomonnaies sont encore une sorte de marché émergent que les gens négociaient quand ils se sentaient bien, quand ils étaient enthousiastes, quand ils étaient prêts à prendre des risques et quand ils avaient accès à de l’argent facile pour le faire », a déclaré Colin Cieszynski, stratège chez SIA Wealth Management à Toronto. « Beaucoup de ces facteurs ont changé au cours des derniers mois… ce que nous avons vu ces derniers jours, en particulier, et pourquoi nous avons eu cette nouvelle vente, c’est le sentiment que l’argent devient moins accessible, plus cher. »

La capitalisation boursière totale des cryptomonnaies est tombée à 925 milliards de dollars en date de mercredi, selon CoinGecko, alors qu’à son plus haut sommet en novembre il se chiffrait à 3 billions de dollars.

S&P 500 en territoire baissier (Bear Market)

C’est officiel, le S&P 500 est entré en territoire baissier lundi, en baisse de 20 % depuis son dernier sommet en janvier dernier. En principe, nous sommes donc en territoire baissier depuis janvier. Un marché baissier est généralement défini comme une baisse d’au moins 20 % par rapport à un sommet récent. Historiquement, le plus long marché baissier a duré 62 mois, entre 1937 et 1946, tandis que la pire baisse est survenue lorsque la Grande Dépression a commencé alors que les actions avaient chuté de 86 %.

Au niveau du prix des actions, ces dernières étaient devenues surévaluées et représentaient mal la situation économique dans laquelle nous étions. Les titres naviguaient dans un monde que nous pourrions qualifier presque d’irréel tellement leur valeur a explosé au courant des dernières années, et ce, même en période pandémique. « Pour les actions, la correction à laquelle nous avons assisté depuis le début de l’année a été en grande partie un rajustement des valorisations à la réalité : une politique monétaire beaucoup plus stricte sera nécessaire pour combattre cette situation d’inflation », a expliqué Robert Kavcic, économiste principal chez BMO, dans une note publiée vendredi.

Selon l’agence financière Reuter, de 1946 à aujourd’hui, l’indice S&P 500 a traversé 13 marchés baissiers et a enregistré des pertes moyennes de 32,7 %, incluant la chute de plus de 57 % lors de la crise financière de 2007-2009.

 

 Bonne lecture et bon été

 

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