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17 septembre 2021

Inflation, Inflation, Inflation

Par PRATTE

Marchés en bref

Après cinq séances à la baisse, le Dow a finalement clôturé la séance de lundi en hausse de 0,8 %, à 34 869,63 points. Le S&P 500 a clôturé en hausse de 0,2 % tandis que le NASDAQ a, pour sa part, diminué de 0,1 % à 15 105,58 pour une quatrième journée consécutive à la baisse.

« Nous conservons une allocation pro-risque sur une forte croissance mondiale alors que le monde continue de se remettre de la pandémie, d’une politique accommodante et de la poursuite des surprises en matière de bénéfices. La réouverture de l’économie mondiale a été retardée par la propagation de la variante delta, mais la vague delta recule probablement aux États-Unis et dans le monde, et la reprise pandémique devrait redémarrer », a déclaré Marko Kolanovic de JPMorgan dans une note lundi.

Les indices déclinent depuis la publication du rapport sur l’emploi du mois d’août, divulguée par le ministère du Travail le 3 septembre, qui démonte des chiffres en dessous des attentes des analystes. Les inquiétudes selon lesquelles la pandémie continuera de nuire à la croissance économique se répandent sur le marché tandis que l’inflation pourrait amener la Réserve fédérale à prendre des mesures.

« L’impact négatif du variant Delta sur le commerce cyclique est clair », ont noté les stratèges de Jefferies. « Il est de plus en plus évident que l’impact du nouveau variant a retardé toute tentative de réduction de la Réserve fédérale, tout comme il a donné un nouvel élan aux titres provenant des grandes entreprises technologiques avec une croissance supérieure à la valeur jusqu’à présent ce trimestre. »

Le titre de Moderna a plongé de 6,60 % lundi à la suite de la publication d’une étude affirmant qu’une troisième dose pourrait ne pas être nécessaire. Les scientifiques ont déclaré dans l’article publié dans la revue médicale The Lancet que les études cliniques ne soutiennent pas l’avantage de renforcer les vaccinations contre la COVID. Les titres des autres grandes compagnies pharmaceutiques ont également reculé lundi ; Pfizer reculait de 2,22 % à 44,58 dollars et Johnson & Johnson de 0,70 % à 165,80 dollars.

Toujours selon la revue médicale, les réserves actuelles de vaccins COVID-19 « pourraient sauver plus de vies » s’ils étaient administrés à des personnes non vaccinées dans des pays à faible taux de vaccination, plutôt qu’utilisées pour des injections de rappel et ainsi réduire le risque de mutation du virus.

Malgré une ouverture à la hausse, les trois principaux indices ont terminé la séance de mardi en baisse. Wall Street était encouragé en début de journée par la publication du rapport sur l’inflation qui a affiché des chiffres plus bas que prévu soit à 0,3 % sur un mois comparativement à 0,4 % qui était anticipé.

Craig Jerusalim, gestionnaire de portefeuille chez Gestion d’actifs CIBC, croit que les marchés « prenaient une pause mardi » sans grande nouvelle pour les pousser à la hausse. « Lorsque vous avez des valorisations élevées, les marchés ont souvent besoin de bonnes nouvelles pour continuer à monter, donc le manque de bonnes nouvelles est probablement la principale raison de cette baisse aujourd’hui. Cette nouvelle (rapport sur l’inflation) ne règle pas encore tout à fait le débat sur l’inflation, mais elle donne un petit clin d’œil au côté transitoire du débat. Et cela enlève une certaine pression à la Fed pour qu’elle agisse et repousse peut-être la décision de réduction à décembre au lieu de novembre » a-t-il ajouté.

Wall Street a ouvert la séance de mercredi en ordre dispersé ; le Dow était en baisse tandis que le S&P 500 et le NASDAQ étaient tous deux en hausse. Malgré l’absence de nouvelle significative, les trois principaux indices ont réussi à briser leur tendance baissière des dernières séances pour terminer dans le vert. Après six séances consécutives à la baisse, le NASDAQ a clôturé en hausse de 0,82 % alors que le S&P 500 avançait de 0,85 %. Après avoir bondi de 20 % pour atteindre des sommets records au cours des huit premiers mois de l’année, le S&P 500 a commencé le mois de septembre en baisse, ébranlé par l’arrivée du variant Delta.

Plusieurs titres ont connu une bonne séance mercredi ; GM avançait de 2,13 % à 51,82 dollars, Ford prenait 2,80 % à 13,22 dollars alors que Microsoft gagnait 1,68 % à 304,82 dollars.

Les trois principaux indices ont ouvert sans direction jeudi malgré un rebond des ventes de détail aux États-Unis en août. Les investisseurs continuent d’évaluer les perspectives de réouverture économique coincée entre l’arrivée du variant Delta, de la hausse des coûts et des prix des matières premières.

Ce fut une séance en montagnes russes pour Wall Street alors que les indices ont oscillé entre les gains et les pertes avant l’expiration vendredi des options et des contrats à terme (journée des quatre sorcières). « Après sept mois de gains, les marchés boursiers ont été plus agités à la mi-septembre », a déclaré Keith Lerner, stratège en chef des marchés chez Truist Advisory Services. « C’est en fait tout à fait normal d’un point de vue historique, bien que le carrousel d’inquiétudes persiste », a-t-il ajouté.

Le Dow a clôturé la séance en baisse de 0,18 % après avoir chuté de plus de 274 points. Le NASDAQ avançait de 0,13 % tandis que le S&P 500 reculait de 0,15 %.

Les marchés ont ouvert en baisse vendredi, entrainés par les secteurs de la technologie et des matériaux. « Le mois de septembre commence de manière typique, les actions ont de la difficulté à maintenir l’optimisme face à un changement probable de la politique de la Fed, à une croissance plus lente et à une inflation inconfortablement élevée », a écrit Gina Martin Adams de Bloomberg Intelligence dans une note.

Quadruple witching

Ce vendredi sera la journée des quatre sorcières « quadruple witching day » soit l’expiration des contrats financiers où quatre produits dérivés expirent simultanément. On parle ici des options sur indices boursiers (stock index options), des contrats à terme sur indices boursiers (stock index futures), des options sur actions (stock-options) ainsi que des contrats à terme sur actions (single stock futures contracts), qui sont les seuls parmi ces quatre produits à ne pas expirer chaque mois. Ce phénomène qui se déroule une fois par quart peut avoir tendance à occasionner de la volatilité temporaire quelques jours avant et après le troisième vendredi du dernier mois du trimestre.

Compte tenu du repli des dernières semaines, il est anticipé que la séance sera plus calme et moins volatile que d’habitude. Durant cette journée, les marchés enregistrent une hausse de 40 % plus d’échange que d’ordinaire. Cet effet de marché demande beaucoup de vigilance, surtout en septembre, alors que le débit des échanges s’accélère. Souvent surnommer le freaky ­Friday (le vendredi effrayant), les investisseurs restent sur leur garde tout au long de la semaine.

Inflation aux États-Unis

L’indice IPC publié mardi s’est révélé en dessous des attentes des analystes. En effet, la hausse des prix a été moins importante que prévu en août aux États-Unis, ralentissant même ce qui est une première depuis octobre 2020. Selon les dernières données, l’inflation a ralenti à 0,3 % sur un mois, comparativement à 0,5 % en juillet. Lors des douze derniers mois, les prix à la consommation ont augmenté de 5,3 % aux États-Unis. Il s’agit d’une légère amélioration après deux mois à 5,4 %, soit le taux d’inflation annuel le plus élevé depuis 2008.

« Les hausses de prix dues aux goulets d’étranglement persistants de la chaîne d’approvisionnement dans un contexte de forte demande maintiendront le taux d’inflation élevé et persistant, car les déséquilibres entre l’offre et la demande ne se résorberont que progressivement », souligne cependant Kathy Bostjancic, économiste pour Oxford Economics.

Ces dernières données sont encourageantes et suggèrent une possible baisse de l’inflation, offrant un certain espoir que les Américains pourraient enfin respirer un peu à la suite d’une flambée des prix plus tôt dans l’année. Si l’on exclut le prix des aliments et de l’énergie, l’IPC de base a progressé de seulement 0,1 % en août. Les prix des voitures d’occasion ont reculé pour la première fois depuis février (-1,5 %), tandis que les prix des billets d’avion ont chuté de 9,1 % et le tarif des chambres d’hôtel a enregistré une baisse de 2,9 %.

« Nous nous attendons à des données modestes de l’indice IPC au cours des prochains mois, alors que les prix des voitures d’occasion – le principal moteur de la poussée printanière – continuent de baisser, mais les tarifs des compagnies aériennes et des chambres d’hôtel finiront par rebondir à mesure que la vague Delta s’estompera », croit Ian Shepherdson, économiste en chef chez Pantheon Macroeconomics.

En effet, ces dernières données viennent appuyer les propos des responsables de la Réserve fédérale et de l’administration Biden selon lesquels une inflation élevée s’avérera temporaire. Toutefois, les signes de pressions inflationnistes demeurent et seront à surveiller au courant des prochains mois. Ceci pourrait donc pousser la Réserve fédérale (Fed) à se diriger vers une réduction des achats d’actifs d’ici la fin de l’année.

Inflation au Canada

Le Canada a pour sa part enregistré un taux d’inflation de 4,1 % en août, un record en 18 ans. « Le niveau actuel de l’inflation est préoccupant », estime Benoit P. Durocher, économiste chez Desjardins. « Bien qu’il existe des facteurs temporaires qui expliquent la hausse des prix comme l’essence, plus de la moitié des composantes du panier de produits affiche une inflation supérieure à 3 %. C’est préoccupant. »

Le prix de l’essence a augmenté de 32,5 % d’une année à l’autre alors qu’en août 2020, l’essence se vendait à un prix plus bas dû aux interdictions de voyager. Cette hausse a gonflé l’indice, car en excluant le prix de l’essence, l’inflation annuelle aurait été de 3,2 % le mois dernier.

« Ces pressions inflationnistes pourraient bien se poursuivre pour une bonne partie de 2022, ces goulots d’étranglement que l’on voit dans les chaînes d’approvisionnement pourraient bien perdurer jusqu’en 2023 dans certains secteurs », estime Martin Coiteux, économiste à la Caisse de dépôt.

 

 

 

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