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3 juin 2021

Le rally du pétrole

Par PRATTE

Marchés en bref

Les marchés ont terminé le mois de mai en hausse à l’exception du NASDAQ qui a clôturé en baisse de 1,5 %, victime des craintes liées à l’inflation. L’indice a ainsi terminé une séquence de six mois positifs consécutifs. Il a toutefois terminé la semaine en hausse de 2,06 %. Pour sa part, le Dow a enregistré des gains de 1,9 % alors que le S&P 500 a clôturé en hausse de 0,6 %, concluant ainsi leur quatrième mois d’affilée à la hausse.

Le TSX canadien a enregistré en mai un quatrième mois consécutif positif, en grande partie attribuable à de solides résultats trimestriels surtout du côté des banques canadiennes. Le secteur des matériaux a gagné plus de 8 % alors que ceux de la consommation de base, de la finance et de l’énergie ont augmenté d’environ 4,5 %. L’indice torontois a accumulé des gains de plus de 75 % depuis le 23 mars 2020.

« Alors ça a été un mois assez solide », a noté Mike Archibald, vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Placements AGF. « C’est le genre de tendance observée l’an dernier, avec un marché qui continue de grimper. Cela semble être le cas indépendamment du fait que nous avons évidemment un peu reculé ici aujourd’hui. »

Les marchés américains étaient fermés lundi à l’occasion de Memorial Day et les trois principaux indices ont entamé la première séance de juin en hausse, encouragés par la réouverture de l’économie et la baisse des cas aux États-Unis. Les titres liés à la réouverture ont tous ouvert en hausse ; Carnival Corp, Norwegian Cruise Line, United Airlines et American Airlines avançaient tous de 2 %. Après avoir presque doublé la semaine dernière, le titre d’AMC poursuivait sur sa lancée enregistrant des gains de 14 % à l’ouverture.

Mardi, l’indice torontois a franchi le cap des 20 000 points mardi, soutenu par la hausse du pétrole permettant au secteur de l’énergie d’enregistrer des gains de 4,4 %. Du côté de Wall Street, les trois principaux indices ont finalement terminé la séance en baisse. « De solides données économiques mondiales, ajoutées à une robuste activité manufacturière aux États-Unis, ont préservé l’optimisme quant à la reprise et dopé les secteurs de l’énergie », soulignaient les analystes de Schwab, « mais cela s’est fait au détriment des actions dites de croissance ou du secteur de la technologie ».

Parmi les valeurs du jour mardi, on retrouve les actions chouchous des boursicoteurs qui continuaient de bondir alors qu’AMC a terminé la séance en hausse de 22 % et GameStop de 12,14 %.

Wall Street a ouvert la séance de mercredi en légère hausse, les investisseurs se montrant prudents. « Les marchés continuent de faire face à des données suggérant que la reprise économique mondiale s’installe, ainsi qu’à une hausse de l’inflation et des taux d’intérêt qui posent question sur la durée de la politique monétaire mondiale ultra-accommodante », estimaient les analystes de Schwab.

L’entreprise Zoom, préférée des investisseurs pendant la pandémie, chutait de 1,5 % à l’ouverture des marchés mercredi, et ce malgré des résultats trimestriels impressionnants dévoilant un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 191 %.

L’action d’AMC a poursuivi sa lancée mercredi en hausse de plus de 100 % vers midi poussant les régulateurs à suspendre quelques minutes les échanges. Le titre a enregistré des gains de 2 500 % en une année seulement et a terminé la séance de mercredi en hausse de 95 %. Même scénario pour les autres titres favoris des boursicoteurs il y a quelques mois alors que GameStop a terminé en hausse de 13 %, Bed Bath and Beyond de 62 % et BlackBerry de 32 %.

« Si initialement, cet engouement a été associé aux jeunes investisseurs à la maison qui avaient du temps libre […], il y a désormais beaucoup d’investisseurs professionnels qui sont impliqués, des fonds spéculatifs et même des investissements dictés par les algorithmes qui se focalisent sur cette poche du marché », relève Quincy Krosby de Prudential.

Le phénomène de ces actions-feu de paille montre « qu’il y a un goût du risque dans certaines niches du marché, avec un certain penchant casse-cou alors que la place boursière au sens large est plutôt conservatrice », indique à l’AFP Mme Krosby. « Quelle que soit la façon dont on le voit, l’action AMC a fait un carton cette année, passant de moins de 2 dollars début janvier à plus de 60 dollars plus tôt mercredi », soulignait Matt Weller, analyste en chef pour Forex.com. « La question avec ce type de mouvement parabolique n’est pas de savoir s’ils sont raisonnables, mais où ils vont s’arrêter », poursuit l’analyste. « Après tout comme disait le grand John Maynard Keynes, les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous ne pouvez rester solvables ».

Les trois principaux indices américains ont terminé la séance en légère hausse mercredi lors d’une séance plutôt volatile « Les actions américaines ont terminé tout près de l’endroit où elles ont commencé la journée dans une séance agitée », ont résumé les analystes de Schwab. « Les gains dans les secteurs des technologies de l’information et de l’énergie dans un contexte d’optimisme quant à la reprise économique mondiale ont continué de soutenir la confiance », ont-ils ajouté. Mais « l’incertitude entourant l’inflation et la politique monétaire a persisté et tempéré l’enthousiasme », ont-ils ajouté.

Les titres provenant du secteur de l’énergie ont continué d’enregistrer des gains grâce à la bonne performance des cours de pétrole. L’action d’Occidental Petroleum a terminé en hausse de 2,7 %, Marathon Oil de 0,9 %, alors que le baril de WTI prenait 1,7 % à la fermeture mercredi.

L’indice torontois a encore une fois atteint le cap des 20 000 points mercredi, mais a toutefois conclu la séance en baisse. Le secteur de l’énergie continuait de bien performer, terminant en hausse de 1,3 %, l’action de Crescent Point Energy a avancé de 6,1 % et celle de Vermilion Energy, de 5,4 %. « Je crois que les actions de l’énergie ont maintenant quelques bons mois de croissance devant elles », a affirmé Greg Taylor, chef des investissements chez Purpose Investments. « Cela a été un élément énormément positif pour le marché canadien. Il s’agit d’un secteur qui a été vraiment oublié et évincé de plusieurs portefeuilles et il effectue un retour et semble vraiment attrayant avec la réouverture des économies. »

Wall Street a débuté la séance de jeudi en baisse ; le Dow reculait de 100 points, le S&P 500 de 0,6 % et le NASDAQ de 1 %. Globalement, « les actions se négociaient à la baisse en début de séance malgré de nouveaux signes de reprise économique, les marchés restant agités », notaient les analystes de Schwab.

L’annonce de la vente de plus de 11,5 millions de nouvelles actions a fait chuter le titre d’AMC qui perdait 30 % à en milieu de journée pour finalement terminer en baisse de 18 %.  

« Conformément aux termes de l’accord de distribution, nous pouvons, par l’intermédiaire de nos agents de vente, offrir et vendre de temps à autre jusqu’à un total de 11 550 000 actions ordinaires de classe A », a déclaré AMC dans un dossier auprès de la SEC. « Nous pensons que la volatilité récente et nos prix de marché actuels reflètent des dynamiques de marché et de négociation sans rapport avec notre activité sous-jacente, ou les fondamentaux macroéconomiques ou sectoriels, et nous ne savons pas combien de temps durera cette dynamique », a déclaré la société dans le dossier. « Dans ces circonstances, nous vous déconseillons d’investir dans nos actions ordinaires de catégorie A, à moins que vous ne soyez prêt à courir le risque de tout perdre ou une partie substantielle de votre investissement. »

Wall Street a terminé la séance en baisse ; le Dow a lâché 0,07 %, le S&P 500 a abandonné 0,36 % tandis que le NASDAQ a abandonné 1,03 %. « Les actions américaines ont terminé dans le rouge, mais loin des creux de la journée, les investisseurs passant au crible une multitude de données économiques optimistes, tandis que les incertitudes autour de l’inflation et de la politique monétaire ont persisté », ont estimé les analystes de Schwab.

Le NASDAQ a vécu des semaines difficiles « parce qu’il est allé un peu trop loin, ses titres sont devenus un peu chers », a relevé Marris Ogg de Tower Bridge Advisors. Les investisseurs sont actuellement dans le processus de « rotation » de leurs investissements selon l’experte, depuis le secteur technologique vers l’économie plus traditionnelle. 

Les marchés ont ouvert en hausse vendredi soutenu par la publication des données sur l’emploi en mai qui s’avèrent fort encourageantes.

Pétrole

Les cours de pétrole ont atteint des sommets records mardi, soit leur plus haut depuis octobre 2018. Le WTI avançait de 3,2 % tandis que le baril du Brent progressait de 2,35 %.

Les cours du brut progressent « car le marché est de plus en plus convaincu que la demande est bientôt sortie du tunnel », explique Louise Dickson, analyste de Rystad. « À cet enthousiasme s’ajoute le fait que l’OPEP+ devrait laisser sa politique inchangée », ajoute Mme Dickson.

 

Après une année plus que difficile en 2020, alors que l’activité économique mondiale s’est contractée de 3,5 %, l’OCDE prévoit une hausse du PIB de 5,8 % en 2021, « le taux le plus élevé depuis 1973 », a précisé l’économiste en chef de l’institution, Laurence Boone lors d’une conférence de presse. La surabondance de pétrole sur les marchés pendant la pandémie semble s’être presque toute écoulée et pourrait amener une hausse de la production dans les prochaines semaines. La reprise économique robuste aux États-Unis ainsi qu’en Europe a offert à l’OPEP + la confiance nécessaire que les marchés peuvent absorber des barils supplémentaires.

« Le marché est maintenant confronté au dilemme exactement opposé d’avril 2020 », a déclaré Louise Dickson, analyste au cabinet de conseil Rystad Energy. « Les producteurs ont désormais une tâche tout aussi délicate : ramener une offre suffisante pour répondre à la demande de pétrole en rapide augmentation. Si les marchés se resserrent excessivement, une flambée des prix pourrait compromettre la reprise économique mondiale. »

De plus, des négociations étaient en cours mardi avec l’Iran concernant une possible levée des sanctions économiques, dont l’embargo sur le pétrole qui subsiste depuis 2018.

Mardi, les cours du pétrole ont poursuivi leurs ascensions, soutenus par la décision des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés d’augmenter progressivement la production de l’or noir d’ici juillet. L’organisation « a confirmé la décision prise » lors du sommet d’avril concernant les « ajustements de la production pour le mois de juillet, compte tenu des fondamentaux du marché observés », a annoncé l’organisation.

« Le pétrole a fortement augmenté alors que l’OPEP a semblé signaler au marché qu’elle n’escomptait pas l’arrivée immédiate de pétrole iranien sur le marché et que la situation n’était plus celle d’une offre excédentaire », a ajouté Peter Cardillo de Spartan Capital Securities.

Les membres se sont entendus sur une stratégie d’un retour de la production débutant par l’ajout de près de 1,2 million de barils par jour supplémentaire. Ainsi, les vingt-trois producteurs « souhaitent ramener l’offre de pétrole au niveau antérieur à la pandémie de COVID-19, mais ils comprennent également qu’ils doivent faire preuve de patience tant que la menace du variant indien est toujours d’actualité », ajoute M. Aslam.

Les cours de pétrole ont continué de faire belle figure mercredi. Le baril de WTI pour le mois de juillet, a clôturé à 68,83 dollars, en hausse de 1,64 %, tandis qu’à Londres, le baril de Brent de la mer du nord pour livraison en août a clôturé en hausse de 1,57 % pour terminer à 71,35 dollars, un sommet depuis mai 2019.

« Comme on n’a toujours pas de certitude sur un potentiel accord entre les États-Unis et l’Iran, cela laisse plus de temps et contribue à faire grimper les cours », a souligné Andy Lipow du cabinet Lipow Oil Associates. Dans le même temps, avec la réouverture progressive de l’économie, « le marché continue d’observer une reprise de la demande en brut à travers le monde », rappelle-t-il.

 

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