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5 mars 2021

Les marchés toujours craintifs

Par PRATTE

 

 

 

 

Marchés en bref

Le mois de février a été bénéfique pour les trois principaux indices américains qui ont tous augmenté en raison d’une solide saison de résultats, des nouvelles positives sur le déploiement des vaccins et des espoirs d’un autre plan de relance. Le Dow Jones a gagné 3,2 % pour un troisième mois positif sur quatre. Pour leur part, le S&P 500 a progressé de 2,6 % et le Nasdaq de près de 1 %, positif pour un quatrième mois consécutif.

Les trois indices américains ont débuté le mois de mars en beauté lundi. Le Dow a clôturé avec des gains de 1,95 %, le NASDAQ avançait de 3,01 %, alors que le S&P 500 grimpait de 2,38 %, sa meilleure séance depuis juin. Plusieurs secteurs ont également enregistré des gains lors de cette séance dont celui de la technologie alors qu’Apple a bondi de 5,4 %, Facebook de 2,83 % et Tesla avançait de 6,4 %.

« Les investisseurs considèrent toujours la hausse des taux comme “une bonne chose” et pas encore comme une menace malgré quelques secousses dans les titres à valeurs élevés et d’autres parties du marché la semaine dernière », a déclaré Peter Boockvar, chef des investissements agent chez Bleakley Advisory Group. « Les bénéfices provenant des vaccins versus les défis liés à des taux plus élevés seront le thème de cette année. »

Wall Street a ouvert sans direction mardi ; le Dow gagnait 25 points, le S&P 500 et le NASDAQ reculaient de 0,1 %.

Finalement, le S&P a terminé la séance en baisse de 0,8 % suivi par le Dow qui reculait de 0,5 %. Les titres du secteur technologique ont entrainé le Nasdaq dans leur sillage, l’indice a clôturé en chute de 1,7 %. Apple et Facebook ont chacun perdu plus de 2 %, même scénario pour Amazon et Microsoft qui ont tous deux perdu 1 %. La technologie et la consommation discrétionnaire ont été les deux secteurs les moins performants, en déclin de plus de 1 % chacun, alors que les quelques gains enregistrés dans le secteur des matériaux ont fourni un certain coussin à l’ensemble du marché.

« Les marchés semblent pris dans une lutte acharnée entre ce à quoi ils s’attendent ainsi que les insécurités alimentées par une pandémie qui sont aggravées par d’autres impulsions de marché plus difficiles à quantifier », a déclaré Chris Hussey, directeur général de Goldman Sachs, dans un communiqué. « Des jours comme aujourd’hui, sans nouvelles et peu de macros pour aider les investisseurs à garder la foi, nous voyons émerger des “et si” – des échanges latéraux, dans tous les secteurs, associés à un recul des taux. »

Le titre de Tesla, qui a connu plusieurs séances difficiles dans les dernières semaines, a terminé la séance en baisse de 4,45 % alors que Zoom chutait de 9 %. Les actions provenant des laboratoires qui fabriquent les vaccins anti-COVID-19 ont également enregistré de solides baisses alors que Moderna a perdu 6,73 % et Novavax a dégringolé de 14 %.

La crainte de la semaine dernière face à la hausse des taux obligataires s’est quelque peu dissipée en début de semaine. À la fermeture des marchés mardi, le rendement sur les bons du Trésor à 10 ans était retombé à 1,40 %. « Tant que les taux continuent de s’assagir, le marché devrait se stabiliser », a affirmé Peter Cardillo.

Le S&P 500 a ouvert la séance de mercredi en baisse de 0,8 % tandis que le NASDAQ reculait de 1,6 %. Seul le Dow a ouvert en hausse de 40 points, soutenu par Boeing (+3 %). Plusieurs titres provenant de secteurs qui bénéficieront d’une réouverture de l’économie et du vaccin ont tous progressé mercredi. American Airlines a bondi de 4 %, tandis que Carnival et Norwegian Cruise Line avançaient de 6 % chacun.

Les investisseurs demeuraient craintifs face à une hausse de 8 points du rendement du Trésor à 10 ans, suscitant à nouveau des inquiétudes quant à la valorisation des actions ainsi qu’une accélération de l’inflation.

« Alors que le S&P 500 peut être confronté à des vents contraires structurels en raison de la faiblesse de la technologie, une grande partie du reste du marché se porte plutôt bien », a déclaré Tom Essaye, fondateur de Sevens Report, dans une note. « Dans l’ensemble, la plupart des actions non technologiques résistent assez bien à la hausse des rendements obligataires. »

Les titres du secteur de la technologie ont continué de faire mal au S&P 500. Ce dernier a finalement terminé la séance en baisse de 1,3 %. Pour sa part, le NASDAQ a clôturé en baisse de 2,7 %, Apple, Amazon, Microsoft et Alphabet ayant tous chuté de plus de 2 % tandis que Netflix a perdu 5 %. Finalement, le Dow a terminé la journée en baisse de 0,4 %. Les indices ont encore subi les contrecoups de la hausse des rendements obligataires.

« L’argent que ces entreprises vont gagner a moins de valeur avec la hausse des taux. C’est la théorie de base : quand les taux montent, les marchés baissent », a souligné Gregori Volokhine, gérant de fonds chez Meeschaert Financial Services. « Mais les taux montent aussi par anticipation de jours meilleurs », d’où, selon lui, l’hésitation des marchés qui avaient commencé la semaine sur un énorme rebond avant de se replier sévèrement mardi.

La tendance baissière s’est poursuivie jeudi pour Wall Street en partie attribuable aux derniers commentaires du président de la Fed. Le NASDAQ reculait de 2,11 %, le Dow reculait de 1,11 % et le S&P 500 perdait 1,34 %.

Jerome Powell a déclaré que la réouverture économique pourrait « créer une pression à la hausse sur les prix », réitérant que la banque centrale serait « patiente » avant de modifier sa politique. « M. Powell a dit que la Fed serait vigilante aux conditions du marché et qu’elle ne ferait pas la bêtise de laisser courir l’inflation comme dans les années 1970, mais il n’a pas dit qu’il était prêt à introduire des mesures concrètes pour faire stopper la vente des bons », a commenté Karl Haeling de la banque LBBW. Le rendement sur les bons du Trésor à 10 ans a bondi à 1,55 % à la suite de la déclaration du président de la Fed.

Malgré une ouverture en force vendredi, les trois principaux indices avaient de la difficulté à conserver leurs gains malgré des données sur l’emploi aux États-Unis meilleurs qu’anticipés. « Les actions sont à la hausse en début de séance après une croissance de l’emploi plus forte que prévu en février, ce qui suggère que le marché du travail en difficulté commence à se redresser », notaient les analystes de Schwab.

Pétrole

Les prix du pétrole ont commencé la semaine en baisse, les joueurs demeurant prudents à deux jours du sommet des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétole (OPEP) et de leurs alliés de l’OPEP+. « Des fissures apparaissent à nouveau dans la façade unie » souvent affichée par les deux poids lourds de l’entente, la Russie et l’Arabie saoudite, a expliqué Matt Weller, analyste de Gain Capital. « L’Arabie saoudite voudrait maintenir les réductions de production actuelles au moins jusqu’en avril tandis que la Russie et ses alliés font pression pour libérer 1,5 million de barils par jour supplémentaire sur le marché », a-t-il continué, satisfaits des cours actuels et afin de « répondre à la demande accrue » tirée par les campagnes de vaccinations qui progressent à travers le monde.

Lundi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai reculait de 1,13 % ou 73 cents à Londres par rapport à la clôture de vendredi à 63,69 dollars. Pour sa part, le baril américain de WTI pour avril perdait 1,40 % ou 86 cents à 60,64 dollars. Les prix du pétrole pourraient également être affectés par la baisse de l’activité des usines chinoises, qui est tombée à son plus bas niveau des neuf derniers mois en février. Ceci pourrait freiner la demande de brut chinois et faire pression sur les prix du pétrole alors que les achats de pétrole provenant de la Chine ont connu une baisse dans les dernières semaines.

À quelques heures seulement avant l’ouverture du sommet jeudi, les prix du pétrole demeuraient en terrain volatile. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai perdait 0,28 % à Londres tandis que le baril américain de WTI pour avril lâchait 0,31 % à 61,09 dollars. « La réunion permettra de prendre une décision importante sur l’approvisionnement en pétrole aujourd’hui », a résumé Naeem Aslam, analyste d’Avatrade. « La plupart des acteurs du marché attendent de l’OPEP un volume supplémentaire de 500 000 barils par jour », croit M. Aslam.

Le pétrole reprenait du tonus vendredi matin, encouragé par la dernière réunion de l’OPEP+ qui a annoncé une augmentation moins importante que prévu de l’offre. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai gagnait 2,07 % tandis que le baril américain de WTI pour avril avançait de 1,82 %

« La décision de maintenir les réductions actuelles de l’offre de l’OPEP + pour le mois d’avril a donné aux taureaux du pétrole exactement ce dont ils avaient besoin en ce qui concerne l’offre restreinte », a déclaré Ryan Fitzmaurice, stratège des matières premières chez Rabobank. « Les Saoudiens ont reconnu que pour maintenir la récente dynamique à la hausse des prix et l’intérêt d’achat spéculatif pour les contrats à terme sur le pétrole, ils devaient “nourrir le taureau” ».

L’activité boursière canadienne en hausse en février

La frénésie qui s’est emparée des médias sociaux en février, propulsée par le forum de discussion Reddit, a fait grimper l’activité boursière au Canada. En effet, le volume total sur tous les marchés boursiers du TMX est passé à 26,2 milliards d’actions en février, comparativement à 20,6 milliards d’actions en janvier et 12 milliards d’actions en février 2020. « Parallèlement à nos échanges entre pairs aux États-Unis, il y a eu une augmentation de l’activité globale du segment de détail de notre clientèle, avec un intérêt particulier pour les entreprises de technologie et de sciences de la vie », a écrit un porte-parole de TMX dans un courriel.

Ainsi, les investisseurs particuliers ont envahi les marchés boursiers propulsés par le mouvement de GameStop et autres actions populaires sur le forum de Reddit. Les transactions ont augmenté de 10,9 % atteignant 251,8 milliards de dollars comparativement au mois de janvier. Tandis que le nombre de transactions en février a grimpé de 15,6 % par rapport au mois précédent pour atteindre près de 35,9 millions.

« La peur de passer à côté est le moteur de l’action des investisseurs, » déclare Allan Small, conseiller principal en investissement chez HollisWealth. « Je ne peux pas vous dire combien d’investisseurs en ce moment sont à la recherche d’actions », a-t-il déclaré dans une interview. « Ils recherchent tout nom qu’ils jugent sous-évalué, qui fonctionnera bien si les économies, les marchés et les pays commencent à sortir du COVID (et) les gens recommenceront à rentrer dans un monde normal. »

 

 

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