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19 février 2021

La vague de froid fait grimper les prix du pétrole

Par PRATTE

Marchés en bref

Les marchés américains étaient fermés lundi afin de célébrer « President’s Day ». La tendance haussière des indices se poursuivait mardi à l’ouverture. Le secteur de l’énergie gagnait 2,2 % attribuable à la vague de froid qui sévit aux États-Unis. Le Dow a clôturé la séance avec un nouveau sommet, en légère hausse de 0,20. De leur côté, le NASDAQ reculait de 0,34 % et le S&P 500 perdait 0,06 %.

Le marché a enregistré de solides gains ce mois-ci grâce à plusieurs facteurs, dont le déploiement du vaccin pour la COVID-19, la réouverture économique ainsi qu’une nouvelle relance budgétaire. Le Dow Jones a gagné 5,1 % en février, tandis que le S&P 500 et le NASDAQ ont progressé respectivement de 5,9 % et 7,5 %. Le S&P 500 a récolté dix records déjà en 2021. Le secteur de l’énergie a terminé avec des gains de 2,3 % alors que le rallye du pétrole se poursuivait.

Le rendement à 10 ans sur les bons du Trésor a bondi de 9 points de base mardi pour atteindre 1,30 %, un niveau jamais vu depuis février 2020. Le taux à 30 ans a également atteint son plus haut niveau en un an. « Les rendements plus élevés, bien que bons pour les banques, frappent les secteurs de substitution obligataire tels que les REIT, les services publics et les produits de base », a déclaré Art Hogan, stratège en chef du marché de National Securities. « Le marché peut digérer les rendements croissants, surtout lorsqu’ils augmentent pour la bonne raison, mais pas lorsqu’ils augmentent de manière linéaire. »

Wall Street a ouvert en baisse mercredi ; le Dow reculait de 150 points, le S&P 500 de 0,8 % et le NASDAQ de 1,1 %.

Les rendements des bons du Trésor ont continué de grimper mercredi, le taux à 10 ans atteignant un sommet de 1,33 %. Le rendement à 30 ans s’est maintenu après avoir atteint son plus haut niveau en un an lors de la séance précédente.

« Nous sommes présentement en train de combler les pertes engendrées depuis mars 2020. Tant que nous restons ordonnés et que les taux évoluent pour les bonnes raisons, tout va bien aller à court terme », a déclaré Gregory Faranello, responsable de la négociation des taux américains chez AmeriVet Securities. « Mais la Fed surveille. Si les conditions financières commencent à se resserrer avec la hausse des taux, la Fed réagira. Et rapidement. »

La séance de mercredi s’est terminée en ordre dispersé ; le Dow a clôturé à un nouveau record en gagnant 0,29 % à 31 613,02 points. Toutefois, le NASDAQ a perdu 0,58 % et le S&P 500 reculait de 0,03 %. Les trois principaux indices avaient tous les trois ouvert en baisse, les investisseurs craignant une surchauffe de l’économie et un risque d’inflation en raison de la hausse des rendements obligataires sur les bons à 10 ans.

« Le marché boursier est plus sensible aux rendements sur les bons depuis une semaine, c’est ce qui est à l’origine de la pause ces deux, trois derniers jours », a observé Karl Haeling de LBBW.

Les marchés ont ouvert en baisse jeudi, entraînés par plusieurs grands titres. Apple perdait 1,3 %, en baisse de 4,6 % depuis le début de la semaine, tandis que l’action de Walmart reculait de 6 % après avoir dévoilé des résultats trimestriels moins bons que prévu. Le titre de Tesla a également débuté la séance en baisse de 1,2 % et est en déclin de 3,3 % depuis le début de la semaine.

Wall Street a terminé la séance en baisse. Les dernières données sur le chômage ont créé chez les investisseurs une certaine inquiétude, alors que ces données démontrent une hausse des inscriptions sur une semaine alors que les analystes s’attendaient à une baisse.

« Plusieurs titres ont chuté lors des dernières séances, alors que plusieurs actions à forte croissance ont été durement touchées grâce à la hausse constante des rendements sur les dividendes », a déclaré Adam Crisafulli, fondateur de Vital Knowledge, dans une note. En effet, la hausse des rendements obligataires, conjuguée à une possible hausse de l’inflation, fait craindre à certains investisseurs un recul des titres à court terme.

Les rendements sur les bons du Trésor à 10 ans ont terminé la journée à 1,28 %. « Le marché est en butte avec cette remontée des rendements obligataires en ce moment », a observé Peter Cardillo. « Je ne suis pas sûr que ce soit le début d’une correction, pour l’instant c’est juste une pause », a ajouté l’analyste.

Wall Street était de retour en hausse vendredi après la déclaration de la secrétaire au Trésor Janet Yellen indiquant qu’un important programme de relance était nécessaire pour une reprise complète aux États-Unis. Le Dow prenait 55 points à l’ouverture, tandis que le S&P 500 gagnait 0,25 % et le NASDAQ avançait de 0,5 %.

Pétrole

La vague de froid qui s’est abattue sur les États-Unis au cours des derniers jours a fait bondir les prix du pétrole. Les effets sur l’offre et la demande ont entraîné les prix à la hausse en raison d’un possible arrêt de la production de l’or noir au Texas qui est aux prises avec des températures plus froides qu’à l’habitude. Les contrats à terme sur le brut WTI ont augmenté de 62 cents à 60,09 $ le baril lundi, faisant grimper les contrats à terme sur le brut WTI d’environ 24 % jusqu’à présent en 2021. Il a touché 60,77 $ le baril plus tôt dans la séance, son plus haut niveau depuis janvier 2020. Le Brent a pour sa part enregistré une hausse de 1,4 % à 63,33 $ après avoir atteint son propre plus haut de 13 mois.

« La tempête hivernale et l’explosion de froid arctique qui se dirige vers le sud jusqu’à Houston pourraient avoir de graves répercussions sur l’industrie pétrolière », a écrit l’analyste pétrolier Andy Lipow ce week-end. « Le temps glacial signifie que de nombreux puits de pétrole peuvent être fermés. L’eau est produite avec le pétrole, cette eau peut geler l’équipement », a-t-il ajouté. « L’air froid affecte la production de pétrole au Canada, au Dakota du Nord, en Oklahoma, au Texas et ailleurs. »

Le brut américain a grimpé d’environ 15 % depuis le début du mois de février alors que le Brent a enregistré quatre semaines de gains après que l’Arabie saoudite ait annoncé de profondes réductions de production, aidant les stocks mondiaux gonflés à se normaliser.

Selon les commerçants et les dirigeants de l’industrie, quelque 3,5 millions de barils par jour de production américaine ont été arrêtés, vu les températures froides qui gèlent les opérations de puits. « La perte de production est importante et pourrait durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines », a déclaré Stephen Brennock, analyste chez PVM Oil Associates Ltd. Avant la crise, les États-Unis pompaient environ 11 millions de barils par jour, selon les données du gouvernement. La production dans le bassin permien – le plus grand champ pétrolifère d’Amérique – a chuté de près de 65 %.

Les prix continuaient de faire bonne figure jeudi, atteignant encore une fois de nouveaux records alors que la production de pétrole aux États-Unis est de plus en plus difficile.

« Bien que cette perte d’approvisionnement soit probablement très temporaire, disons une semaine ou moins, elle contribuera à faire baisser les stocks de brut et de produits raffinés américains de 15 à 20 millions de barils supplémentaires », a calculé de son côté Bjarne Schieldrop, de Seb, de quoi ragaillardir les partisans d’une hausse des cours du brut.

Les prix du pétrole ont accumulé des gains de 80 % depuis novembre et de 25 % depuis le début de l’année.

Après trois séances à la hausse, les prix du pétrole ont terminé la journée de jeudi en baisse. Le baril de Brent de la mer du nord pour livraison en avril perdait 0,64 % à Londres, à 63,93 dollars. Tandis que le baril américain de WTI pour le mois de mars cédait 1,01 %, à 60,52 dollars.

Les prix poursuivaient leur recul vendredi, alors que la production redémarrait lentement au Texas. Les États-Unis ont également annoncé vouloir organiser une rencontre avec l’Iran, ouvrant potentiellement la voie à davantage d’exportations de brut.

 

Les marchés déconnectés

Cela fait plusieurs mois que les investisseurs, analystes et journalistes s’entendent pour dire que le marché est déconnecté, enregistrant record après record malgré la pandémie. En mars dernier, les indices boursiers du monde entier ont accumulé plusieurs reculs alors que l’économie mondiale était sur pause. Mais depuis, les marchés boursiers ont connu plusieurs bonnes séances atteignant de nouveaux sommets.  

Un article paru dans la Presse explique bien ce phénomène. D’après le journaliste, bien que plusieurs personnes aient perdu leurs emplois pendant la pandémie, d’autres ont pu économiser de l’argent en travaillant de la maison, leur permettant ainsi d’investir leurs économies.

Plusieurs titres ont profité de ces investissements tels que Tesla qui a enregistré des gains de 1160 % au cours de la dernière année, alors que Shopify a augmenté de 425 %. L’indice composé S&P/TSX a réussi à accumuler des gains de 65 % depuis son niveau le plus bas de mars dernier. L’indice canadien connait une croissance de 6,5 % depuis le début du mois de février. L’avènement des investisseurs particuliers sur les marchés, propulsé par la pandémie, s’est également ajouté à la frénésie qui s’est emparée des marchés financiers.

Sommes-nous dans une bulle ? « Je pense qu’on se souviendra de cet évènement comme de l’une des grandes bulles de l’histoire financière, avec la bulle des mers du sud, celle de 1929 et celle de 2000 » estime l’investisseur Jeremy Grantham, qui a prédit certaines des bulles du passé. « Ces grandes bulles sont là où les fortunes se font et se perdent — et où les investisseurs démontrent vraiment la mesure de leur courage », a-t-il écrit dans un commentaire publié sur le site web de son entreprise. « Je pense que nous devons clairement faire la distinction entre les poches spéculatives dont tout le monde parle et le marché en général », a-t-il estimé. « Bien sûr, il y a toujours des risques que (le marché) y soit entraîné, mais à ce stade, cela ne semble pas être un scénario raisonnable. »

Cette tendance s’observe à travers le monde alors que l’indice japonais Nikkei 225 a clôturé lundi au-dessus de 30 000 pour la première fois depuis août 1990. « Il y a un certain vent d’optimisme qui entoure les marchés présentement. Mais j’hésite à utiliser le terme bulle pour l’instant. Oui, certains titres sont trop dispendieux, mais les actions plus conventionnelles demeurent à des prix raisonnables relativement au taux d’intérêt qui sont bas actuellement. Le rallye des dernières semaines est propulsé par la saison des résultats trimestriels qui semblent meilleurs qu’anticipés », explique notre président et gestionnaire de portefeuille Philippe Pratte.  

 

 

 

Pratte Gestion de portefeuille est une firme inscrite auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) ainsi que de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO).

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