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16 octobre 2020

Le début de la saison des résultats trimestriels

Par PRATTE

Marchés en bref

Les marchés ont été propulsés à la hausse par une remontée des titres du secteur technologique lundi à l’ouverture des marchés. Cette bonne performance s’est poursuivie tout au long de la séance, permettant aux indices d’enregistrer des gains importants. Le Dow a terminé en hausse de 250 points, le S&P 500 de 1,64 % et le NASDAQ de 2,56 %. Ce dernier a d’ailleurs enregistré sa meilleure performance depuis avril dernier.

« Beaucoup d’argent s’investit dans les titres des groupes dits “stay-at-home” (“rester à la maison”) », parce qu’ils profitent des mesures de distanciation sociale, estime Adam Sarhan, un analyste chez 50 Park Investment. « La plupart de ces entreprises » tirant parti des restrictions sanitaires « sont dans le secteur de la technologie et la plupart sont dans le NASDAQ, c’est pourquoi le NASDAQ va si bien », a-t-il encore souligné.

Le titre d’Apple a fait grimper le NASDAQ tout au long de la séance. Il a terminé avec des gains de 6,4 % alors que Facebook et Amazon avançaient de 4,3 % et 4,8 %, Alphabet bondissait de 3,6 % et Microsoft gagnait 2,6 %.

Les investisseurs sont également enthousiastes face au début de la saison des résultats trimestriels qui s’annonce intéressante. « Wall Street se prépare à un autre trimestre en baisse […], mais il devrait y avoir moins d’encre rouge dans les comptes » qu’au trimestre précédent, « ce qui devrait signaler une amélioration des bénéfices au cours des prochains trimestres », a estimé Sam Stovall, chef de la stratégie d’investissement chez CFRA Research.

Les investisseurs demeurent toutefois prudents face au début de la saison des résultats, causant par le fait même une ouverture à la baisse mardi matin. Cette mauvaise performance s’est poursuivie tout au long de la journée et les trois indices américains ont clôturé dans le rouge pour la première fois depuis cinq séances de gains. Le Dow a terminé en baisse de 0,55 %, le NASDAQ a reculé de 0,10 % tandis que le S&P 500 a diminué de 0,63 %, entrainé par les titres de JPMorgan et de Citigroup.

« Les investisseurs semblent toujours en attente d’un plan d’aide budgétaire américain combiné à une prise de profit à la suite du rallye de lundi », estime notre président et gestionnaire de portefeuilles Philippe Pratte.

Mercredi, retour en chemin positif pour Wall Street. Le Dow gagnait 47 points, le NASDAQ avançait de 0,2 % et le S&P augmentait de 0,1 %. Les investisseurs semblaient satisfaits des résultats trimestriels des grandes banques qui démontraient que la tendance des créances douteuses s’est finalement stabilisée.

Les trois principaux indices américains ont toutefois terminé la séance de mercredi en baisse pour une deuxième journée consécutive. « Quand (Steven) Mnuchin a fait des commentaires sur le plan de relance, cela s’est répercuté sur le marché qui s’est mis à baisser », observe Quincy Krosby de Prudential Financial, alors que la place new-yorkaise avait débuté la séance en légère hausse.

Le secteur de la technologie a reculé mercredi avec en tête le titre d’Amazon qui a clôturé la séance en baisse de 2,32 % et celui de Netflix de 2,3 %.

Même scénario jeudi pour Wall Street qui a ouvert en baisse dans un marché plutôt volatile. Le Dow reculait de 310 points, le NASDAQ de 1,3 % et le S&P 500 de 1,2 %. « Il s’agit de la deuxième saison de résultats trimestriels depuis le début de la pandémie de COVID-19… et ce sera sans doute l’une des saisons de résultats les plus importantes de tous les temps », a écrit Jeff Kilburg, PDG de KKM Financial. « Alors que les investisseurs dans le monde tentent d’évaluer les dommages réels infligés à l’économie par la COVID-19, les attentes sont simplement que les bénéfices ne seront pas aussi mauvais qu’ils l’étaient au deuxième trimestre », souligne-t-il. Malgré un redressement en fin de séance, les trois principaux indices américains ont clôturé la séance de jeudi en baisse.  

Après quatre jours consécutifs de baisse, Wall Street a finalement ouvert dans le vert vendredi matin soutenu par une augmentation de 1,9 % des ventes au détail aux États-Unis pour le mois de septembre. « L’économie continue de démontrer la résistance de plusieurs secteurs, mais ceux-ci doivent s’élargir », a déclaré Quincy Krosby, stratège en chef du marché chez Prudential Financial. « Pour ceux qui ont encore leur emploi, l’économie s’est rétablie. La question est, si les demandes de chômage initiales continuent d’augmenter, allons-nous continuer à voir des ventes au détail surprenantes à la hausse », a ajouté Krosby.

Banques américaines

JPMorgan a ouvert le bal de la saison des résultats trimestriels mardi, dépassant les attentes des analystes. La banque a publié un résultat net lors du troisième trimestre 2020 de 9,44 milliards de dollars, soit 2,92 dollars par action, donc en hausse de 4 % par rapport aux 9,08 milliards (ou 2,68 dollars par action) l’an dernier à la même époque. « La banque de financement et d’investissement continue d’être un moteur important de la performance des entreprises », a déclaré mardi le PDG Jamie Dimon dans un communiqué. « Nous avons maintenu nos réserves de crédit à 34 milliards de dollars compte tenu de l’incertitude économique importante et d’un large éventail de résultats potentiels. »  La veille de la publication de ses résultats trimestriels, le titre avait enregistré des pertes de 27 % depuis le début de l’année, terminant d’ailleurs la séance en baisse de 1,62 %.

De son côté, Citigroup a déclaré mardi avoir obtenu des résultats meilleurs qu’anticipés. Ainsi, cette dernière a décidé de mettre de côté beaucoup moins d’argent pour faire face aux impayés de ses clients, contrairement au trimestre précédent. Le bénéfice net de la société a chuté de 34 % à 3,2 milliards de dollars comparativement à la même période en 2019. Toutefois, lorsqu’il est ajusté par action, il s’élève à 1,40 dollar, alors que les analystes s’attendaient à 0,92 dollar. « Nous continuons à faire face aux effets de la pandémie de COVID-19 extrêmement bien », a estimé le directeur général de la banque, Michael Corbat, dans un communiqué. « Les coûts du crédit se sont stabilisés, les dépôts ont continué d’augmenter », a-t-il souligné. Le titre a chuté de 45 % depuis le début de l’année et a terminé la séance de mardi en baisse de 4,80 %.

Mercredi, c’était au tour de Bank of America de présenter ses résultats trimestriels. La banque a dévoilé des résultats décevants malgré un bénéfice au-dessus des attentes, mais un chiffre d’affaires à la baisse. Bank of America a généré un chiffre d’affaires total de 20,45 milliards de dollars, alors que les analystes s’attendaient à 20,8 milliards de dollars. Son bénéfice a chuté de 16 % à 4,9 milliards de dollars, ou 51 cents par action, dépassant ainsi l’estimation de 49 cents. L’action a baissé de 29 % depuis le début de l’année et a terminé la séance de mercredi en déclin de 5,3 %.

Goldman Sachs a dévoilé mercredi des résultats trimestriels surprenants, doublant presque son bénéfice net. La banque a déclaré que cette performance avait été enregistrée grâce à « des revenus significativement plus élevés provenant des investissements en actions et des prêts et investissements en dette. La banque détient un portefeuille d’actions de sociétés publiques et privées dans cette division, et les niveaux plus élevés du marché des actions publiques y ont conduit » a déclaré la société. Goldman Sachs a généré 3,62 milliards de dollars de bénéfices, soit un record de 9,68 dollars par action, dépassant l’estimation de 5,57 dollars par action des analystes. Son chiffre d’affaires, quant à lui, a grimpé de 30 % à 10,78 milliards de dollars. L’action de l’entreprise est en baisse de 8,3 % depuis le début de l’année et a clôturé la séance de mercredi en hausse de 0,20 %.

Wells Fargo a déposé mercredi des résultats trimestriels plutôt décevants alors que ses profits trimestriels ont diminué de moitié par rapport à l’année dernière. La grande banque a également souffert des taux d’intérêt historiquement bas, réduisant ainsi le bénéfice généré par les activités liées aux taux. « Nos résultats du troisième trimestre reflètent l’impact d’une relance monétaire et fiscale agressive sur l’économie américaine », a déclaré le PDG de Wells Fargo, Charles Scharf, dans un communiqué. « Les frais bancaires hypothécaires élevés, la hausse des marchés boursiers et la baisse des radiations séquentielles ont eu un impact positif sur nos résultats, tandis que les taux d’intérêt historiquement bas ont réduit notre revenu net d’intérêts et nos dépenses ont continué à rester élevées », a-t-il ajouté. Le titre de la banque a enregistré des pertes de 54 % depuis le début de l’année et a reculé de 6,2 % mercredi à la fermeture des marchés.

Compagnies aériennes

Mardi, Delta a déposé ses résultats pour le troisième trimestre, dévoilant une baisse de 76 % de ses revenus. Le troisième trimestre est habituellement une période occupée, toutefois à cause de la pandémie, la compagnie a transporté au total 9,74 millions de passagers, soit 77 % de moins qu’en 2019, et ce, dans des avions remplis à 48 % de leur capacité. Le titre de la compagnie est en baisse de 44 % depuis le début de l’année.

Ayant grandement souffert de la baisse du trafic aérien depuis le début de la pandémie, United Airlines a dévoilé mercredi des résultats trimestriels plutôt décevants. La compagnie a annoncé une baisse de 78 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre perdant au total 1,8 milliard de dollars. Le titre de la compagnie a perdu plus de 60 % depuis le début de l’année. L’entreprise a supprimé plus de 13 000 postes au courant des dernières semaines tentant ainsi de limiter les dégâts. « Nous sommes prêts à tourner la page de sept mois consacrés à développer et mettre en œuvre des mesures extraordinaires et souvent douloureuses, comme la mise en congé de 13 000 membres de l’équipe, pour survivre à la pire crise financière de l’histoire de l’aviation », a commenté le directeur général de la société, Scott Kirby, dans le communiqué. « Même si l’impact négatif de la COVID-19 persistera à court terme, nous nous concentrons désormais sur le positionnement de la compagnie aérienne vers une forte reprise qui permettra à United de rappeler les employés congédiés et d’émerger comme le leader mondial de l’aviation », a-t-il ajouté.

 

 

 

Loop

Le titre de l’entreprise québécoise Loop, qui est inscrite à la Bourse électronique américaine NASDAQ, a perdu plus de 35 % en deux jours à la suite de la publication d’un rapport accablant. Selon la firme américaine Hindenburg Research, la technologie qu’utilise Loop serait non viable et inutile. « Loop Industries n’a jamais généré de revenus, mais se présente comme un innovateur technologique ayant une solution “éprouvée” qui “mène la révolution du plastique durable”. Notre recherche indique que Loop n’est qu’un écran de fumée sans technologie viable. »

L’entreprise québécoise affirme avoir mis au point une technologie lui permettant de recycler de manière plus efficace le plastique PET (polyéthylène téréphtalate) que l’on retrouve dans de multiples produits (bouteilles d’eau, chemises, tapis, etc.). La compagnie mentionne également être en mesure de transformer ce type de plastique en une nouvelle résine vierge. Selon Hindenburg, Loop « clame qu’elle a découvert comment transformer de vulgaires déchets en or pur, un exploit que des entreprises chimiques multimilliardaires comme DuPont, Dow Chemical et 3M ont été incapables de réaliser à grande échelle malgré des années d’efforts ».

L’entreprise affirmait avoir conclu des ententes avec Coca-Cola, PepsiCo, L’Oréal et Danon. Toutefois, selon la firme Hindenburg Research, ces partenariats n’existeraient pas. La Presse a tenté de joindre les quatre multinationales sans succès. Seulement L’Oréal Canada a répondu aux questions du journal. « Il semble qu’ils [Loop] aient une entente avec L’Oréal International et malheureusement, je n’ai pas de détails », a indiqué la porte-parole de L’Oréal Canada, Virginie Hotte-Dupuis, dans un courriel à La Presse.

Son titre qui se négociait à 11,50 $ a chuté à 7,55 $ mercredi tandis que sa valeur boursière a dégringolé de 165 millions US.

Cependant, il ne faut pas oublier que le modus operandi d’un vendeur à découvert (short-seller), tel qu’Hindenburg Research, est de prendre position contre la société pour ensuite sortir un rapport mettant en lumière leurs pratiques malveillantes. En effet, selon La Presse, l’entreprise affirme avoir vendu des actions à découvert profitant ainsi de la chute qu’elle a provoquée avec son rapport.

Pour en apprendre davantage sur l’entreprise et sur le rapport d’Hindenburg Research, nous vous suggérons de lire le dossier publié dans La Presse : https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2020-10-14/une-entreprise-de-terrebonne-secouee-par-un-rapport-accusateur.php

 

 

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