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11 septembre 2020

Les titres technologiques s’essouflent

Par PRATTE

Marchés en bref

De retour d’un long weekend, les marchés ont ouvert en baisse de nouveau entrainée par les titres technologiques. Vendredi passé, Wall Street avait terminé en baisse alors que les titres technologiques poursuivaient leur chute entamée jeudi. « Le marché restait sur une croissance trop explosive et on devait s’attendre à un repli », estime Adam Sarhan, fondateur et patron de 50 Park Investments. « C’est normal et sain. Un repli encore plus important est même à anticiper », ajoute-t-il.

« Une chose que les investisseurs ne doivent pas faire c’est de paniquer », conseille toutefois M. Kinahan. « Si on regarde où on en est en ce moment et qu’on prend un peu de hauteur, on se rend compte qu’on est revenus au niveau du 20 août », rappelle l’expert.

Cette récente chute du secteur technologique a conduit le NASDAQ vers sa pire performance depuis le 20 mars dernier. Plusieurs analystes continuent de croire que cette soudaine dégringolade provient des inquiétudes selon lesquelles les records accumulés ont poussé les valorisations à des niveaux insoutenables. Même avec le recul de la semaine dernière, le Nasdaq est en hausse de plus de 70 % par rapport à son creux de mars.

Les marchés financiers ont terminé en baisse mardi pour une troisième séance consécutive. Le Dow reculait de 2,25 %, de son côté le S&P 500 perdait 2,78 % et le NASDAQ chutait de 4,11 % à 10 847,69 points, en baisse de 10 % depuis son record atteint mercredi dernier.

Du côté du secteur canadien, le TSX a lui aussi connu une mauvaise séance, en recul de 118 points, lui aussi entrainé par le secteur technologique en baisse de 8,5 %. Les titres technologiques ont continué leur chute ; Amazon a reculé de 4,39 %, Apple de 6,73 %, Facebook de 4,09 % et Alphabet de 3,64 %.

Toutefois, malgré les chutes récentes, les titres technologiques ont surperformé au cours des derniers mois, grâce entre autres à leur résistance face à la situation économique précaire causée par le coronavirus. Ce déclin se résume par « une prise de profit sur une valeur trop élevée des titres technologiques. Une baisse rapide certes, mais nous avons pu observer une normalisation suivant une augmentation un peu trop accélérée. Le fait de naviguer à plus faible liquidité peut avoir tendance à amplifier les mouvements à la hausse et à la baisse » souligne notre gestionnaire de portefeuille Philippe Pratte.

Les trois principaux indices étaient de retour en hausse mercredi, soutenus par le rebond des titres technologiques. Apple, qui avait perdu plus de 6 % mardi a ouvert en hausse de 3 % alors qu’au lendemain d’une chute de 21 %, l’action de Tesla a débuté la séance avec des gains de 6,5 %. Wall Street a terminé la séance en hausse mercredi. Le Dow a clôturé en hausse de 1,60 %, le NASDAQ a obtenu des gains de 2,71 % tandis que le S&P 500 gagnait 2,01 %. « La prise de profit des derniers jours par les investisseurs est devenue un point d’achat intéressant après un repli de 10 % du NASDAQ lors des trois dernières séances » selon Philippe Pratte.

Même scénario jeudi à l’ouverture, alors que les trois principaux indices continuaient leur bonne performance, toujours grâce aux titres du secteur de la technologie. Ce fut par contre une séance en montagnes russes, les indices oscillant entre le vert et le rouge tout au long de la journée. C’est finalement à la baisse, encore une fois causé par un repli des valeurs technologiques, que les marchés ont clôturé la séance. Les titres tels qu’Amazon (-2,86 %), Apple (-3,26 %), Facebook (-2,06 %) et Alphabet (-1,37 %) et Netflix (-3,90 %) ont tous connu une mauvaise journée. Le Dow a terminé en baisse de 1,45 %, le NASDAQ perdait 1,99 % à et le S&P 500 cédait 1,76 %.

Selon JP Morgan Chase & Co., la liquidité du marché demeure faible et ceci peut rendre les actions vulnérables à des mouvements exagérés. « Bien que nous ne soyons pas préoccupés par des investisseurs dominants, lorsque des transactions exceptionnellement importantes sur des marchés à faible liquidité, en particulier dans les secteurs où les styles d’investissement considéré comme suracheté ou survendu peuvent venir augmenter le potentiel de volatilité des actions alors que les courtiers couvrent l’exposition », a déclaré Shawn Quigg, stratège en produits dérivés chez JP Morgan.

Les titres technologiques reprenaient un peu de tonus vendredi matin, permettant aux trois principaux indices d’ouvrir en légère hausse.

Tesla

Le titre de Tesla faisait bonne figure après quatre trimestres positifs. Les actions de Tesla ont été multipliées par sept entre le creux majeur de mars et le sommet récent, une hausse estimée à 400 % depuis le début de l’année. Plusieurs s’attendaient à ce que la compagnie fasse son entrée dans l’indice du S&P 500, mais le gestionnaire d’indices Standard & Poor’s a remanié vendredi son indice phare et à la grande surprise de plusieurs Tesla n’en faisait pas partie. Le titre a plongé de 18 % mardi à l’ouverture des marchés.

La compagnie a divisé son action cinq contre un à la fin du mois dernier, une décision qui a fait grimper sa valeur pour atteindre un record de 498,32 $ le 31 août, avant d’entamer une correction de 16 %, pour retomber à 418,32 $ vendredi soir.

Mardi, l’annonce d’une participation de General Motors (GM) dans les camions électriques Nikola a donné un autre coup dur à la société d’Elon Musk. L’action de son principal concurrent, Nikola, a grimpé de 29 % avant l’ouverture des marchés tandis que celui de GM avançait de 6 %. Le titre de Nikola a clôturé la séance en hausse de 41 % tandis que celui de Tesla a chuté de 21 %, une perte de 80 milliards de dollars américains de valeurs boursières. Il faut toutefois se rappeler que la compagnie américaine a plus que quintuplé depuis le début de l’année.

Le titre a finalement repris du tonus en milieu de semaine avec une augmentation de plus de 11 % mercredi. Les investisseurs se sont rués sur le titre mercredi au lendemain de sa chute surprenante. Cette bonne performance s’est poursuivie jeudi, alors que l’action a ouvert en hausse de 6 %.

Peloton

Le titre de la compagnie a bondi vendredi à l’ouverture des marchés, alors que les investisseurs sont enthousiastes après des résultats trimestriels épatants. En effet, les ventes de la compagnie ont explosé de 172 % lors du dernier trimestre propulsé par la popularité de ses vélos stationnaires et ses tapis roulants pendant le confinement. Toutefois, l’entreprise estime que la demande pour ses produits devrait diminuer lors du prochain trimestre.

Plus tôt cette semaine, Peloton a annoncé le lancement de deux nouveaux articles : un tapis roulant de haute technologie à bas prix et une option de vélo plus chère avec un écran rotatif. « Notre objectif est depuis longtemps de démocratiser l’accès à la forme physique et de réduire le prix de notre vélo, ainsi que l’introduction de notre Peloton Tread à bas prix, est une des étapes importantes pour atteindre cet objectif », a déclaré jeudi le PDG John Foley lors d’un appel aux résultats. Le titre a ouvert avec des gains de 10 % et est en hausse de 211 % depuis le début de l’année.

Pétrole

Les prix du pétrole chutaient mardi à l’ouverture. Le baril de WTI reculait de 6 % à New York à la suite des craintes au niveau de la demande d’or noir.

 

« Septembre semble être un mois de correction », a commenté Craig Erlam, analyste pour Oanda, après deux mois de hausse progressive. « L’évolution des prix (mardi) est un signe clair que le marché est maintenant sérieusement inquiet du niveau futur de la demande mondiale », a ajouté Paola Rodriguez-Masiu de Rystad Energy.

Les prix ont atteint mardi leur niveau le plus bas depuis juin dernier alors que nombreux analystes estiment que la demande pour l’or noir pourrait connaitre une baisse alors que le nombre de cas de coronavirus continue d’augmenter et qu’avec la fin de l’été se termine également la « driving season ».

Depuis sa chute en avril, les prix du pétrole ont connu une hausse de 90 % en mai, accumulant les gains depuis. Cette baisse soudaine a été provoquée « par un ralentissement de la reprise de la demande et la possibilité d’une offre excédentaire », mentionne Richard Hunter, analyste pour Interactive Investor.

Malgré un retour à la hausse mercredi, les prix étaient de retour en terrain négatif jeudi. « Les ingrédients de la chute – une croissance économique affaiblie par le virus et un marché du pétrole globalement en excès – sont toujours bien présents », a expliqué Tamas Varga, analyste pour PVM. De plus, plusieurs analystes se sont montrés inquiets à la suite du rapport mensuel de l’Agence américaine d’Information sur l’Énergie (EIA) paru mercredi qui a encore une fois revu à la baisse ses prévisions face à la demande pour les deux prochaines années.

« Les préoccupations concernant l’augmentation des stocks de brut américain surviennent alors que la demande mondiale de pétrole devrait baisser de plus de 8 millions de barils par jour cette année et ne reviendra probablement pas au niveau de 2019 avant 2022, » selon S&P Global Platts.

 

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