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12 juin 2020

Une autre semaine rocambolesque

Par PRATTE

Contexte

L’optimisme de la semaine dernière s’est poursuivi lundi à l’ouverture des marchés. Le Dow gagnait 222 points, le S&P 500 grimpait de 0,4 % et le NASDAQ avançait de 0,1 %. Les titres liés à la réouverture de l’économie américaine tels que United (+6,1 %), Kohl’s (+5,6 %) et Carnival Corp. (+11 %) continuaient de bien performer lundi. La semaine dernière, les trois principaux indices ont enregistré de solides performances ; le Dow a terminé la semaine avec des gains de 6,8 %, le NASDAQ de 3,4 % et le S&P 500 de 4,9 %.  

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a clôturé la séance de lundi en hausse de 1,20 % lui permettant ainsi de retrouver son niveau de début d’année. Au total, le S&P 500 a gagné 47 % depuis le mois de mars soutenu par une ruée vers les titres qui ont bénéficié de la réouverture de l’économie. Les titres provenant des compagnies aériennes font d’ailleurs partie de ce groupe alors que dans le dernier mois, Delta a gagné 62,7 %, United 91,5 % et American Airlines 100,3 %.

« Le marché des actions s’envole, car les investisseurs estiment qu’on est au début d’un nouveau cycle économique, que la récession a fait repartir de plus belle la croissance » alors qu’elle battait un peu de l’aile avant la pandémie, affirme Maris Ogg, gestionnaire de portefeuille pour Tower Bridge Advisors.  

Le Dow a, pour sa part, terminé la séance en hausse de 1,70 % pour une sixième séance consécutive. Le titre de Boeing a clôturé la séance avec des gains de 12,20 %, soutenant ainsi l’indice. Le Dow a réussi à remonter depuis quelques semaines, toutefois, il n’a toujours pas atteint son niveau depuis le début de l’année. Le NASDAQ a, quant à lui, fini la séance en hausse de 1,1 %, atteignant son meilleur sommet et effaçant toutes ses pertes depuis le début de la crise.

« Cette bonne performance enregistrée lundi se veut la suite de la hausse entamée à la fin de la semaine dernière grâce à la chute surprise du chômage aux États-Unis. Ce qui laisse présumer que le pire pourrait être derrière nous » estime notre gestionnaire de portefeuilles Philippe Pratte.

Mardi, le Dow a ouvert en baisse pour la première fois en sept jours, reculant de plus de 300 points à l’ouverture. Le S&P 500 cédait 1,1 % tandis que le NASDAQ perdait 0,5 %. Les titres ayant bien performé lors des dernières séances étaient tous en baisse mardi. United Airlines et Delta reculaient tous les deux de 10 % alors que Carnival et Royal Caribbean chutaient de 7,4 %.

Les trois principaux indices ont terminé en ordre dispersé ; le Dow a clôturé en baisse de 1,09 % à 27 272,30 points tandis que le S&P 500 a terminé en baisse de 0,78 % à 3207,18 points. Le NASDAQ a gagné 0,29 % à la fermeture, dépassant pour la première fois le seuil symbolique des 10 000 points en milieu de séance. Ce dernier a été soutenu par les titres d’Amazon (+3,04 %), d’Apple (+3,16 %), de Facebook (+3,14 %) et de Microsoft (+0,72 %). 

« Pour le Dow Jones et le S&P 500, les investisseurs procèdent simplement à quelques prises de profits », remarque Peter Cardillo de Spartan Capital Securities.

Plusieurs titres qui avaient bien performé au courant des dernières séances tel que United Airlines (-8,32 %), American Airlines (-8,67 %) et Delta (-7,57 %) ont reculé mardi. Les actions provenant des compagnies de croisières, par exemple, Norwegian Cruise (-10,16 %) et Royal Carribean (-9,94 %) ont également connu une mauvaise séance.  

Le NASDAQ a poursuivi sa bonne performance mercredi soutenu par les titres du secteur de la technologie. Amazon et Apple ont tous les deux ouvert en hausse de 1 %, Facebook de 0,7 %, Alphabet de 0,6 % et Netflix de 1,1 %.

« La surpondération des actions les plus sensibles à une reprise économique a bien fonctionné ces dernières semaines, mais pas plus tôt dans l’année et pas aujourd’hui », a ajouté Paulsen. « Alternativement, posséder des actions à forte croissance de la nouvelle ère a bien fonctionné plus tôt dans l’année et s’est très bien comporté aujourd’hui, mais pas au cours des deux dernières semaines. »

Le NASDAQ a clôturé pour la première fois au-dessus de 10 000 points accumulant des gains de 0,67 % soutenu par les titres d’Apple (+2,57 %) et d’Amazon (+1,79 %). Le Dow a terminé en baisse de 1,04 % tandis que le S&P 500 perdait 0,53 %. Les actions des grandes banques américaines ont également clôturé en baisse ; JP Morgan Chase reculait de 4,05 %, Citigroup de 6,12 % et Bank of America de 5,74 %.

Retour à la baisse jeudi pour les trois principaux indices américains ; le Dow reculait de 900 points à l’ouverture, le S&P 500 perdait 2,5 % et le NASDAQ cédait 2,1 %. Les titres des compagnies aériennes telles que United Airlines, Delta, Americain et Southwest chutaient tous de 10 %. Carnival Corp et Norwegian Cruise ont, quant à eux, ouvert en baisse de 11 %. Les inquiétudes face à une deuxième vague de cas liés au coronavirus ont resurgi jeudi alors que de nombreux États ont enregistré une augmentation des personnes atteinte du virus.  

Jeudi, Wall Street a connu  sa pire séance des  trois derniers mois, le Dow reculait de 6,90 %, le NASDAQ cédait 5,27 % et le S&P 500 chutait de 5,89 %. Les Bourses de Paris (-4,71 %), Francfort (-4,47 %) et Londres (-3,99 %) ont elles aussi chuté alors que la Bourse de Toronto a dégringolé de 650 points.

La mauvaise performance d’hier est attribuable à « une réaction des investisseurs face aux anticipations de la Réserve fédérale américaine qui se sont révélés plus bas que prévu. Le tout  combiné à une prise de profit suite à la forte hausse que nous avons connue au mois de mars » a déclaré notre président et gestionnaire de portefeuilles Philippe Pratte. 

Les trois principaux indices ont ouvert en hausse vendredi ; le Dow gagnait 684 points, le S&P 500  2,6 % et le NASDAQ  2,4 %. Plusieurs titres qui avaient bien performé en début de semaine, mais qui avaient reculé mercredi et  jeud,i ont tous repris du tonus vendredi à l’ouverture. Carnival Corp. a  bondi de 11,1 % et United Airlines de 11,2 %

Pétrole

L’OPEP et ses alliés ont décidé samedi de prolonger d’un mois leur accord de réduction historique de leur production de 9,7 millions de barils par jour (mbj). Les membres se sont entendus sur une diminution de 9,6 mbj pour le mois de juillet ce qui représente environ 10 % des approvisionnements mondiaux.

« L’accord de l’OPEP+ en tant que tel était attendu et déjà intégré dans les prix vendredi », a toutefois remarqué Bjornar Tonhaugen, spécialistes du marché pétrolier pour le cabinet Rystad Energy « Ce que les courtiers n’attendaient pas en revanche est le fait que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït décident d’arrêter en juillet les coupes volontaires supplémentaires qu’ils s’étaient imposées en plus des coupes décidées au sein de l’accord OPEP+ », a-t-il relevé.  

Le succès de cet accord repose sur la volonté des pays à maintenir leurs efforts de réductions pour arriver à relever les prix gravement affectés par la baisse de la demande engendrée par l’épidémie. L’Agence internationale de l’énergie a d’ailleurs estimé que la demande pour l’or noir a diminué de 25 % en avril dû aux mesures de confinement.

Les cours du pétrole ont terminé en baisse lundi ; le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a terminé en baisse de 3,5 % tandis que le WTI pour le mois de juillet a cédé 3,4 %. Toutefois, le WTI a enregistré des gains de 11,4 % la semaine dernière.

Les cours de pétrole progressaient mardi en fin de séance malgré un accueil mitigé de la part des investisseurs face au prolongement de l’accord des pays membres de l’OPEP. « Plusieurs raisons expliquent l’accueil mitigé par le marché » de cet accord représentant pourtant « les coupes de production les plus importantes de l’histoire » a avancé Tamas Varga, analyste de PVM. Par exemple, le prolongement d’un mois « pourrait ne pas être suffisant pour réduire de manière significative les stocks de pétrole. La clarification de la position saoudienne au sujet de leurs coupes volontaires n’aide pas » au maintien des prix, selon lui.

L’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) a annoncé mercredi que les stocks de brut avaient augmenté de 5,7 millions de barils (MB) pour s’établir à 538,1 MB le 5 juin, leur plus haut taux historiquement parlant, alors que les analystes avaient estimé une baisse médiane de 1,85 MB. « Les données de l’EIA ne sont pas très bonnes, mais elles ne sont pas aussi mauvaises que les prédictions de l’API de la nuit dernière », note Bart Melek de TD Securities. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a clôturé la séance de mercredi avec des gains de 1,3 % alors qu’à New York, le baril américain de WTI pour le mois de juillet avançait de 1,7 %.

Les prix du pétrole reculaient jeudi, également affectés par les inquiétudes face à la possibilité d’une deuxième vague de cas de coronavirus. « La chute des prix du pétrole est tout autant une question de timing que les cas de COVID-19, car les actions et le pétrole semblaient en surachat », a déclaré Halley. « Une sorte de correction était attendue depuis l’augmentation massive du positionnement spéculatif sur le long terme et la reprise à couper le souffle du pétrole au cours du mois dernier », a-t-il ajouté. « L’augmentation des cas COVID-19 dans le monde dictera si cette correction à la baisse est simplement une correction du marché haussier, ou le début de quelque chose de plus structurel. »

De plus, les prix ont également souffert des réserves américaines de brut ayant atteint  leur niveau record.  « Les prix du pétrole reculent après le nouveau record des stocks de brut aux États-Unis » partagé mercredi par l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA), a expliqué Paola Rodriguez Masiu, analyste de Rystad. Jeudi, les cours de pétrole ont reculé de 8,2 %.

 

 

 

 

 

 

Fed

La Réserve fédérale américaine a publié mercredi ses premières prévisions économiques depuis le début de la pandémie. Elle a annoncé qu’elle maintenait ses taux à zéro tout en promettant qu’elle allait les garder à ce niveau pour un bon moment. « Nous voulons tous revenir à la normale, mais un redressement complet est peu probable jusqu’à ce que les gens soient certains de pouvoir s’engager dans une large gamme d’activités », a souligné le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jérôme Powell, lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion monétaire. « La crise sanitaire actuelle pèsera lourdement sur l’activité économique, l’emploi et l’inflation à court terme, et fait peser des risques considérables sur les perspectives économiques à moyen terme », a relevé la Fed dans un communiqué.

La banque américaine prévoit une récession de 6,5 % du produit intérieur brut en 2020 et un taux de chômage de 9,3 % de la population active. Ce dernier devrait reculer de 6,5 % en 2021 et à 5,5 % en 2022. Toutefois, avant la pandémie, le taux de chômage aux États-Unis avait atteint son niveau le plus bas en 50 ans, s’établissant à 3,5 %.

Voici donc les chiffres clés pour 2020, suivis des deux prochaines années ainsi que la projection à long terme :

  • Taux des Fed funds : 0 % -0,25 % jusqu’en 2022, avec un taux long terme à 2,5 %
  • PIB : -6,5 % en 2020, 5 %, 3,5 %, 1,8 %
  • Chômage : 9,3 %, 6,5 %, 5,5 %, 4,1 %.
  • Inflation globale : 0,8 %, 1,6 %, 1,7 %, 2 %.
  • Inflation sous-jacente : 1 %, 1,5 %, 1,7 %.

Le rapport sur l’emploi qui a surpris plusieurs analystes la semaine dernière pourrait marquer le point bas du marché du travail, a déclaré Powell, bien que le fait qu’il ait pris tant de gens par surprise « est une preuve claire de l’incertitude des choses ». Il a également avancé que le marché du travail pourrait prendre du temps à se redresser. « Mon hypothèse est qu’il y aura une part importante, eh bien, bien dans les millions de personnes qui ne pourront pas retourner à leurs anciens emplois et il n’y aura peut-être pas d’emploi dans cette industrie pour eux pendant un certain temps. »

« Alors que la reprise économique continue de prendre forme, nous nous attendons à ce que l’accommodement monétaire soit lentement revu à la baisse et une meilleure orientation autour de cette évolution devrait se produire au cours des prochains mois », a déclaré Charlie Ripley, stratège en investissement senior chez Allianz Investment Management. « Avec Powell aux commandes, cette réunion a été organisée sur le régulateur de vitesse alors que l’économie continue sur la voie de la reprise. »

 

 

 

 

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