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4 octobre 2019

Les marchés sont nerveux

Par PRATTE

Blogue 9 fev FR

La crainte d’une récession imminente a donné des sueurs froides aux investisseurs cette semaine. En effet, Wall Street connaît son pire début de trimestre depuis la crise de 2008. Le mois d’octobre est historiquement plutôt volatile pour les marchés financiers. Voici ce qui s’est passé cette semaine sur les marchés.

Marchés en bref

Ouverture en légère hausse pour Wall Street lundi, après une mauvaise performance la semaine dernière ; le Dow Jones avait reculé de 0,4 %, le NASDAQ de 2,2 % et le S&P 500 de 1,0 %. Les indices se sont repliés vendredi en fin de séance après la circulation d’informations selon lesquelles l’administration américaine considérait limiter les investissements américains en Chine. Une porte-parole du département du Trésor a toutefois annoncé dans un tweet samedi que « l’administration (américaine) n’envisage pas de bloquer des entreprises chinoises des marchés américains pour le moment. Nous apprécions les investissements aux États-Unis ». En début de séance lundi, plusieurs titres chinois ont profité de cet apaisement ; le titre d’Alibaba gagnait 1,7 %, JD.com 1,4 % et Baidu 0,8 %. Wall Street a terminé à la hausse lors de la dernière séance du troisième trimestre 2019.

La guerre commerciale fait encore des dommages aux États-Unis. Effectivement, le pays a annoncé cette semaine une diminution importante de son activité manufacturière. Ainsi, mardi vers 10 h 30, à la suite de cette nouvelle, les trois principaux indices sont tombés, et ce, malgré une ouverture à la hausse. L’indice ISM manufacturier (Institute for Supply Management) est ressorti en baisse à 47,8 en septembre, son plus bas niveau depuis juin 2009, contre 49,1 le mois précédent. « Le commerce mondial reste le problème le plus important, comme en témoigne la contraction des nouvelles commandes à l’exportation qui a débuté en juillet 2019. Dans l’ensemble, le sentiment général ce mois-ci reste prudent quant à la croissance à court terme », a déclaré Timothy Fiore, président de l’ISM, dans un communiqué. La dégringolade s’est poursuivie tout au long de la séance qui s’est terminée dans le rouge pour les trois indices. Le Dow perdait 1,28 %, le NASDAQ reculait de 1,13 % tandis que le S&P 500 cédait 1,23 %.

La tendance baissière s’est poursuivie pour Wall Street mercredi à l’ouverture des marchés alors que les investisseurs étaient toujours assommés par les données de l’ISM. Pour Patrick O’Hare de Briefing, cette réaction du marché s’explique « non seulement parce qu’il s’agit du deuxième mois de contraction de suite, mais encore parce que cela a renforcé les inquiétudes sur la capacité de l’économie américaine — et du consommateur américain — à rester isolé du ralentissement de l’économie mondiale. » Les trois principaux indices ont terminé la session dans le rouge. Le Dow reculait de 1,86 %, à 26 078,62 points, sa baisse la plus importante depuis plus d’un mois tout comme le S&P 500, qui a clôturé en baisse de 1,79 %. Pour sa part, le NASDAQ s’affaiblissait de 1,56 % alors que la crainte d’une récession imminente a alarmé certains investisseurs.

Jeudi, pour une troisième journée consécutive, les marchés financiers ont ouvert à la baisse. Cette diminution est en partie causée par la publication de données économiques décevantes. L’association professionnelle ISM a révélé des chiffres qui démontraient que la croissance de l’activité dans les services aux États-Unis avait reculé en septembre. Les analystes n’avaient pas envisagé une aussi grande diminution de ce secteur. « Les données économiques les plus récentes font grandir les craintes que le ralentissement économique, qui a été essentiellement confiné au secteur manufacturier, s’étende à la consommation alors que la guerre commerciale sino-américaine s’éternise », observe Art Hogan de National. Toutefois, Wall Street a réussi à clôturer la session en hausse, les investisseurs étaient de plus en plus nombreux à prévoir un abaissement des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine suivant la publication de plusieurs indicateurs décevants.

Retour dans le vert pour Wall Street ce vendredi grâce à un rapport sur l’emploi aux États-Unis, de bonne tenue alors que le taux de chômage est à son plus bas en 50 ans. Le Dow gagnait 190 points, tandis que le NASDAQ et le S&P avançaient de 0,7 %.

Au Canada, l’indice torontois a terminé en baisse lundi, entrainé par les secteurs de la santé, des matériaux et de l’énergie. Cependant, le TSX a réussi à accumuler un gain de 1,7 % pour le troisième trimestre, cumulant une hausse de 16,3 % depuis le début de l’année. Lundi, les titres d’Aurora (-4,9 %) et de Canopy Growth (-3,8 %) reculaient tandis que Kinross Gold Corp chutait de 4,1 % et Barrick Gold perdait 2,3 %. Retour à la hausse en début de séance mardi pour la bourse de Toronto, qui a débuté la première journée du dernier quart en hausse de 32 points. Cependant, la publication de l’ISM a également affecté le TSX qui a finalement reculé, terminant la séance de mardi avec une perte de 210,97 points. La bourse de Toronto a débuté la journée de mercredi en baisse toujours entrainé par les dernières données manufacturières ainsi qu’un recul du prix du pétrole. L’indice canadien a ouvert sans direction à l’ouverture jeudi malgré des gains des producteurs de cannabis et des producteurs miniers, alors que la publication de données à la baisse provenant de l’activité du secteur des services aux États-Unis a fait mal. Aurora Cannabis progressait de 4 % tandis que les actions d’Aphria Inc et de Canopy Growth gagnaient 2 %. Le TSX était en hausse vendredi à l’ouverture des marchés, influencée par les dernières données économiques provenant des États-Unis.

WeWork

Le géant des bureaux partagés a été contraint de reporter son entrée à la bourse à une date indéterminée. Prévue la semaine dernière, son introduction avait été repoussée après que de nombreux investisseurs aient remis en doute la valeur de l’entreprise et son modèle économique. La démission du patron de la compagnie est venue s’ajouter aux récents déboires de l’entreprise. « WeWork est emblématique d’un problème systémique qui se répète dans la Silicon Valley. Nous assistons à un début de correction, un retour à la raison », a déclaré Megan Bent, associée directrice de la société de capital-risque Harbinger Ventures.

La décision de WeWork de reporter son introduction en bourse pourrait aider la société et lui donner du temps pour améliorer son modèle commercial. « Nous avons décidé de reporter notre introduction en Bourse afin de nous concentrer sur notre cœur de métier, dont les fondamentaux restent solides », ont déclaré les nouveaux codirecteurs de l’entreprise, Artie Minson et Sebastian Gunningham, en affirmant être « plus que jamais résolus à servir nos membres, les entreprises clientes, les propriétaires à qui nous louons des bureaux, les employés et les actionnaires ». « Nous avons bien l’intention de faire fonctionner WeWork comme si c’était une société cotée », ont-ils aussi noté. Ils envisageront de nouveau la possibilité de recourir aux marchés financiers « à l’avenir », ont-ils ajouté.

L’activité manufacturière

Pour un deuxième mois de suite, l’indice manufacturier s’est replié aux États-Unis. Ainsi, l’indice a reculé à 47,8 en septembre, son plus bas niveau depuis juin 2009 alors que les États-Unis venaient de se sortir de la crise financière. L’indice, qui est surveillé de près par les investisseurs, a fait régresser les trois principaux indices américains mardi après sa publication. L’indice manufacturier avait reculé en août dernier après que les inquiétudes quant aux négociations commerciales et au ralentissement de la croissance économique aient fait surface.

« Les commentaires des personnes interrogées reflètent un affaiblissement continu de la confiance des entreprises », a indiqué Timothy Fiore, responsable de l’enquête de l’ISM. « Le commerce mondial demeure le problème principal, comme le montre la contraction des nouvelles commandes à l’exportation qui s’est amorcée dès juillet. D’une façon générale, le moral reste très prudent quant à la croissance à court terme », a prévenu ce responsable. Seulement trois des 18 branches manufacturières examinées en septembre ont déclaré être en croissance. « La faiblesse du secteur manufacturier approche un niveau dangereux », a souligné Chris Low, économiste pour FTN. « Historiquement, un indicateur au-dessous de 46 % signifie une récession. Si le secteur manufacturier représente une petite part de l’économie, c’est toutefois un secteur vital, notamment dans le Midwest », ajoute cet expert.

Tesla

Le constructeur de voitures électriques Tesla a livré un nombre record de 97 000 véhicules au troisième trimestre. Malgré ce nombre impressionnant, l’entreprise n’a pas répondu aux attentes des investisseurs qui avaient anticipé 99 000 unités. Ces chiffres viennent jeter un doute sur l’objectif lancé par M. Musk de livrer au total, entre 360 000 et 400 000 véhicules électriques neufs cette année. Ainsi, pour atteindre sa promesse, Tesla devrait livrer au moins 105 000 unités au courant du quatrième trimestre, ce qui semble aux yeux des investisseurs presque inconcevable.

L’entreprise a dévoilé dans un communiqué annonçant les ventes, avoir réalisé « des commandes nettes record au troisième trimestre en débutant le quatrième trimestre avec une augmentation de notre carnet de commandes. » Afin d’atteindre leurs objectifs, la compagnie a ajusté le prix de son Model 3. De plus, en septembre, la compagnie a déclaré que leurs clients bénéficieraient de plusieurs avantages, dont deux ans de suralimentation gratuite. Mercredi, le titre de l’entreprise a chuté de 3 % à la suite de la nouvelle, alors que son titre a perdu plus de 27 % depuis le début de l’année.

 

 

 



 

 

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