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25 octobre 2019

Caterpillar fait craindre le pire

Par PRATTE

Trading FR

Cette semaine fut largement influencée par les résultats trimestriels de nombreuses grandes entreprises américaines. L’annonce de Caterpillar d’une baisse de ses prévisions de revenu pour l’année 2019 a créé des inquiétudes chez les investisseurs puisque la compagnie est considérée comme le baromètre de l’économie américaine. La devise américaine a fortement baissé en comparaison avec son homologue canadien, provoquant ainsi une chute des valeurs des titres américains détenus par les gestionnaires de portefeuille canadien. Voici donc ce qui s’est passé sur les marchés cette semaine.

Marchés en bref

Un vent d’optimisme entourant les négociations entre la Chine et les États-Unis a donné de la vigueur aux marchés lundi. Le Dow avançait de 26 points, le NASDAQ gagnait 0,6 % et le S&P 500 augmentait de 1 %. « Les résultats du troisième trimestre ne sont pas aussi solides que ce que les titres de presse laissent entendre. Certes, un plus grand nombre d’entreprises font mieux que prévu, mais les montants sont plus faibles que d’ordinaire », note Nicholas Colas, cofondateur de DataTrek. Cette bonne performance s’est poursuivie tout au long de la séance alors que les trois principaux indices ont terminé dans le vert.

Les marchés américains ont ouvert en légère hausse mardi, les investisseurs surveillant de près les derniers résultats d’entreprise. Après la publication de bons résultats trimestriels, Porter & Gamble gagnait 4,1 %. L’action de McDonald’s, quant à elle, reculait de 3,3 % après de mauvais résultats. Les trois principaux indices américains ont terminé la séance dans le rouge, entrainé par des résultats trimestriels décevants. « Avec la poursuite de la saison des résultats, on observe davantage de fragilité lors de ce troisième trimestre », note Sam Stovall de CFRA.

Mercredi, les investisseurs digéraient les derniers résultats d’entreprises provenant de Boeing et de Caterpillar, ayant pour résultat une ouverture de séance en ordre dispersé. Le Dow gagnait 38 points tandis que le S&P 500 et le NASDAQ ont ouvert en baisse de 0,1 %. Boeing augmentait de 2,2 % et Caterpillar avançait de 0,1 % après une baisse de 6 % lors des échanges de préséance. Pour sa part, l’indice de Texas Instrument chutait de 9 % après la publication de résultats trimestriels n’atteignant pas les attentes anticipées. La bourse américaine a poursuivi sa progression clôturant la séance en hausse, soutenue par les titres de Boeing et de Caterpillar.

Ouverture en légère hausse jeudi grâce aux titres de Microsoft (+1,58 %) et Tesla (+16,80 %). L’entreprise d’Elon Musk a dévoilé un bilan trimestriel meilleur que prévu, annonçant un bénéfice surprise alors que le PDG s’est montré confiant dans sa capacité à dépasser son objectif de livrer au moins 360 000 voitures cette année. Le titre a clôturé la séance en hausse de 17 % tandis que l’action de Twitter dégringolait de 20 % en fin de séance suivant le dévoilement de résultats décevants. « Le fait que Twitter ait fait moins bien que prévu n’est pas seulement dû à des comparaisons difficiles (avec ses rivaux), qui étaient censées compromettre la croissance de son chiffre d’affaires, mais à des problèmes avec son produit publicitaire. Cela pourrait affecter sa performance pour le quatrième trimestre », note Mme Enberg de eMarketer. Le Dow a terminé la séance en baisse entrainée par le titre de 3M (-4,07 %), qui fait partie de l’ensemble des 30 titres vedettes de l’indice. « Le Dow Jones se compose de 30 valeurs. Si un ou deux de ses membres reculent, cela peut tirer vers le bas l’indice dans son ensemble », observe Art Hogan chez National. « Le Dow Jones est également le reflet de grandes multinationales, qui sont affectées par la guerre commerciale sino-américaine, le prix des matières premières ou la santé de l’industrie », ajoute l’expert.

Ouverture à la baisse vendredi pour les indices américains, entrainés vers le bas par le titre d’Amazon qui reculait de 3,7 %. Le géant du cybercommerce a annoncé jeudi pour la première fois une baisse de ses bénéfices trimestriels en plus de deux ans et s’attend à une nouvelle baisse lors de la saison des fêtes.

Le TSX a également ouvert en hausse lundi, porté lui aussi par le vent d’optimisme entourant les négociations entre la Chine et les États-Unis. À quelques heures des résultats des élections canadiennes, le TSX a clôturé à la hausse grâce à des gains dans les secteurs de la technologue et de l’énergie. Le titre de BlackBerry gagnait 2,1 % et le titre de la Baie d’Hudson bondissait de 6,3 % après l’annonce qu’elle accepterait l’offre d’achat bonifiée d’un groupe d’actionnaires. Les investisseurs de Bay Street ont applaudi les résultats des élections au Canada, faisant grimper le TSX de 44 points à l’ouverture des marchés mardi, mais l’indice a toutefois terminé la séance en baisse, influencé par la chute de 6 % de Spotify.

Mercredi, la baisse du prix du pétrole a fait reculer le secteur de l’énergie à l’ouverture des marchés, entrainant le TSX dans son sillage. Rogers Communication a annoncé avoir révisé à la baisse leurs prévisions de revenus annuels. À la suite de cette annonce, le titre de la compagnie chutait de 6 %. Cette dégringolade s’est poursuivie tout au long de la séance alors que l’action de Rogers a clôturé en baisse de 8 %, entrainant le secteur des télécommunications (-5,1 %) ainsi que le TSX, qui a terminé en baisse de 55 points. Retour à la hausse jeudi pour l’indice torontois, soutenu par la montée des prix de l’or et par la publication de solides résultats trimestriels d’entreprises. L’indice torontois a ouvert en baisse vendredi, entrainé par des pertes provenant des sociétés de technologie.

Boeing

Des incertitudes quant à la transparence de l’entreprise ont influencé la performance du titre qui a terminé à la baisse lundi. Au total, la compagnie avait perdu plus de 10 % depuis vendredi passé. La divulgation de courriels partagés entre les employés de la compagnie a également fait chuter le titre. Dans ces courriels, les travailleurs insinuaient que le système automatique, le MCAS, n’était pas fiable. Le système semblerait être incapable de prévenir à quel moment l’avion (737 MAX) doit partir en piqué, ce qui rend le pilotage de celui-ci en simulation beaucoup plus difficile. Les messages divulgués par la commission parlementaire démontrent que les employés se sentaient sous pression concernant les approbations liées à la sécurité des avions 737 Max.

« Nous regrettons les craintes causées par la publication vendredi des messages du 15 novembre 2016 impliquant un ancien employé », s’est excusé Boeing, dans un communiqué, ajoutant enquêter sur « les circonstances de ces échanges ». « Le simulateur ne fonctionnait pas proprement et était en phase de tests », affirme Boeing. Les deux écrasements mortels ayant fait plus de 300 morts ont fait chuter l’action de plus de 18 % dans les derniers mois.

L’entreprise a dévoilé des résultats trimestriels à la baisse mercredi, avec une chute de 50 % de ses profits plombés par une baisse de 67 % des livraisons d’avions commerciaux. « L’entreprise anticipe que le feu vert règlementaire pour un retour en service du 737 MAX débute au quatrième trimestre 2019 et va (par conséquent) augmenter graduellement la production du 737 de 42 unités par mois (actuellement) à 57 d’ici fin 2020 », a annoncé le constructeur aéronautique même s’il prévient que le calendrier sera déterminé par les régulateurs. Cette annonce a semblé rassurer les investisseurs, faisant grimper le titre de 3 % à l’ouverture des marchés.

McDonald’s

Le géant de restauration rapide a déposé mardi des résultats trimestriels inférieurs aux prévisions des analystes. McDonald’s a dévoilé un recul de 1,8 % de son bénéfice net et un chiffre d’affaires en hausse de 1,14 % à 5,43 milliards, soit en dessous des 5,49 milliards anticipés par les analystes. Les ventes à périmètre comparable (en nombre de magasins) ont augmenté de seulement 4,8 % aux États-Unis, loin de la progression de 5,17 % attendue. Ces chiffres démontrent que McDonald’s perd de plus en plus de parts de marché face à ses concurrents. Ces derniers offrent des menus beaucoup plus attrayants avec des burgers et des croquettes végétariennes. Burger King a été le premier à proposer un menu végétarien avec son « Impossible Whopper », sa version de burger végé alors que KFC a commencé à servir des croquettes et des ailes de « poulet » à base de protéine végétale.

L’entreprise a indiqué en septembre qu’elle testerait le végé burger en partenariat avec Beyond Meat dans ses restaurants en Ontario, un retard qui s’est reflété dans ses derniers résultats trimestriels. Après l’annonce de ses résultats, le titre reculait de 3 % à l’ouverture des marchés mardi. Le titre a accumulé des gains de 14 % depuis le début de l’année.

Caterpillar

L’entreprise, considérée comme le baromètre de l’économie américaine, a dévoilé lors de ses résultats trimestriels une diminution de ses revenus anticipés pour l’année 2019. Caterpillar fabrique tellement d’équipements dans le monde qu’une baisse de son activité indique souvent un ralentissement plus général de la construction et de l’activité des usines. Une faible demande pour ses produits signifie généralement une diminution de la construction, ce qui augure mal pour la croissance économique mondiale.

« Nous nous attendons désormais à ce que la demande des clients finaux reste stable au quatrième trimestre et à ce que les concessionnaires réduisent davantage leurs stocks en raison de l’incertitude économique mondiale », a commenté le PDG de l’entreprise Jim Umpleby. L’entreprise a publié des résultats trimestriels jugés décevants, voyant son chiffre d’affaires chuter de 6 %, à 12,8 milliards de dollars, alors que les analystes l’avaient estimé à 13,57 milliards. Son bénéfice net a, quant à lui, diminué de 13 % à 1,5 milliard de dollars. « Nos volumes ont reculé, car les concessionnaires ont réduit leurs inventaires et que la demande des clients finaux, même si elle est restée positive, était moins forte que ce à quoi nous nous attendions », a souligné M. Umpleby. Mercredi, le titre reculait de 5 % lors des échanges de préséance.

 

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