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20 septembre 2019

Flambée du pétrole

Par PRATTE

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Flambée du pétrole

Les prix du pétrole ont fortement influencé les marchés cette semaine. D’ailleurs, l’attaque sur des installations pétrolières en Arabie Saoudite a fait bondir le prix du pétrole lundi. Le blogue de cette semaine se concentrera principalement sur cette soudaine flambée des prix qui s’est finalement stabilisée en milieu de semaine. Voici donc ce qui s’est passé cette semaine sur les marchés.

Marchés en bref

Une attaque au drone contre des installations pétrolières en Arabie Saoudite a causé un début de semaine plutôt difficile pour les marchés. Cette attaque a d’ailleurs fait bondir le prix de l’or noir. Ainsi, le marché fait face à « la plus grande perturbation ponctuelle de l’offre de pétrole de toute l’histoire », affirme Ipek Ozkardeskaya, analyste pour London Capital Group. À Londres, le prix du pétrole a bondi de 20 % à l’ouverture des marchés. Cette hausse a été à l’origine d’importantes perturbations sur les diverses bourses. Le Dow a ouvert en baisse de 70 points, le NASDAQ reculait de 0,5 % et le S&P 500 perdait 0,3 %. Les titres des grandes compagnies aériennes ont été directement touchés par la soudaine hausse du prix de l’or noir. Airlines JetBlue Airways ainsi que la United Airlines perdaient tous deux 3 % tandis que le titre d’American Airlines reculait de 6,5 %. Les trois principaux indices américains ont terminé la séance en baisse. Les titres des grandes compagnies pétrolières ont profité de cette flambée du pétrole ; Marathon Oil Corp a gagné 11,6 %, Occidental 6 % et ExxonMobil 1,7 %.

C’est toujours à la baisse que Wall Street a ouvert mardi alors que les investisseurs demeuraient prudents quant à l’issue de la réunion sur la politique monétaire de la Fed qui avait lieu mercredi. Le pétrole reculait de 6 % mardi tandis que la production de pétrole saoudienne pourrait revenir à la normale plus rapidement que prévu. Les trois principaux indices américains ont réussi à clôturer la séance de mardi avec de légers gains alors que les investisseurs se positionnaient avant la réunion de la Fed. Les marchés américains ont fait un retour à la baisse mercredi alors que les investisseurs demeuraient attentifs face à la décision très attendue de la Fed. Cette dernière a annoncé en milieu de journée qu’elle abaisserait son taux directeur d’un quart de point, soit dans une fourchette comprise entre 1,75 % et 2 %, comme attendu par les investisseurs. Le Dow a terminé la journée en hausse de 36 points, le S&P 500 avançait de 0,03 % et le NASDAQ reculait de 8 points.

Jeudi, les titres du secteur technologique ont prêté main-forte aux trois principaux indices américains. Microsoft, AT&T, Facebook, Amazon et Alphabet étaient tous en hausse en ouverture de séance, et ce malgré la récente décision de la Réserve fédérale. Les marchés ont terminé la séance en ordre dispersé. Le Dow a clôturé en baisse de 0,19 % tiré vers le bas par les titres de Walt Disney (-2,6 %) et Boeing (-0,5 %). Les trois principaux indices américains ont ouvert en hausse vendredi se rapprochant tranquillement des niveaux record enregistrés plus tôt cette année.

Le TSX a, quant à lui, débuté la séance de lundi en force, aidé par la hausse du prix du pétrole permettant à la fois aux titres du secteur de l’énergie d’accumuler plusieurs gains. Sans grande surprise, l’indice canadien a continué sa bonne performance tout au long de la séance, terminant la journée avec des gains de 69 points, s’approchant du seuil psychologique des 17 000 points. « Les titres du secteur canadien de l’énergie étaient bon marché avant les attaques du week-end en Arabie saoudite et demeurent des aubaines », a commenté le responsable de la recherche dans le secteur de l’énergie à la BMO, Randy Ollenberger. Les actions du secteur de l’énergie ont enregistré de nombreux gains lors de la séance de lundi ; Baytex, Encana, Meg, Enerplus, Canadian Natural Resources, Cenovus, Vermilion, Whitecap et Nuvista ont tous gagné entre 11 % et 17 %. Mardi, après un début de séance difficile, le TSX reprenait du tonus vers 10 h avec une hausse de 25 points. À la suite d’une baisse du pétrole, le secteur de l’énergie perdait 2,5 % au lendemain d’un accroissement de 9 %. L’indice torontois a poursuivi sa lancée et a terminé avec des gains de 83,44 points pour clôturer à 16 834,75 points, atteignant un nouveau record de fermeture. Le secteur des matériaux fut le grand gagnant de la journée. Les titres de Barrick Gold et de Kinross Gold gagnaient plus de 5 % en fin de séance. Toutefois, le secteur de l’énergie continuait de reculer face à la baisse du prix du pétrole alors que le titre d’Encana cédait 6,5 % et celui de Crescent Point Energy reculait de 3,5 %. Le TSX a ouvert en baisse mercredi, entrainé par les secteurs de l’énergie (-0,7 %) et des matériaux (-0,6 %). Cette chute s’est poursuivie tout au long de la séance, cédant 1,5 % en fin de journée. L’indice torontois a atteint un nouveau sommet en début de séance ainsi qu’à la fermeture de la séance de jeudi entrainé par les secteurs des matériaux et de la finance. Même scénario à l’ouverture vendredi, alors que le TSX atteignait un record, aidé par des gains dans le secteur de l’énergie.

Pétrole

Une attaque au drone contre l’usine d’Abqaiq en Arabie Saoudite, soit la plus grande usine pour le traitement de pétrole au monde, aurait réduit de moitié la production du pays. « L’attaque a annulé environ la moitié de la production saoudienne, soit quelque 5 % de la production mondiale », remarque Craig Erlam, de la maison de courtage Oanda. À l’ouverture lundi, les cours avaient bondi de 20 % à Londres, du jamais vu depuis la guerre du Golf en 1991. Le light sweet crude, quant à lui, bondissait de 14,7 % à New York en fin de journée. La montée des prix du pétrole arrive à un mauvais moment alors que l’économie mondiale est déjà fragile et que les tensions géopolitiques sont à la hausse. L’Arabie Saoudite est le premier exportateur de pétrole au monde, sa production représente 10 % de la production mondiale.

Mardi, les cours du pétrole reculaient à l’ouverture des marchés européens. « Il n’y a pas le même élan des prix du pétrole aujourd’hui pour deux raisons : d’abord, la croissance mondiale au ralenti à cause du conflit commercial sino-américain », a expliqué Naeem Aslam, analyste chez Thinkmarkets. « Deux, la hausse des cours du pétrole déclenchera probablement de nouveau des craintes de récession, car des prix élevés sont négatifs pour la croissance économique », a-t-il continué. Malgré cette baisse, les prix du pétrole demeuraient près de leur plus haut niveau en deux mois.

Le pétrole reculait encore mercredi après l’annonce de l’Arabie Saoudite du retour de sa production, et ce, dès la fin septembre. « Les prix sont quasiment revenus au niveau qu’ils avaient la semaine dernière, avant les attaques », a remarqué Robert Yawger de Mizuho. Ce repli a continué « quand il est apparu que la possibilité d’une intervention militaire diminuait », a souligné M. Yawger.

Cependant, l’Arabie Saoudite a annoncé jeudi qu’elle estime revenir à un rythme normal de 12 millions de barils par jour en novembre. « Ces plans suggèrent que l’Arabie saoudite n’aura pas de capacité disponible pour au moins les deux prochains mois et demi et donc aucun moyen d’absorber d’autres chocs », a déclaré le cabinet de conseil Energy Aspects. Ainsi, cette diminution de l’offre est venue brouiller les cartes jeudi, faisant augmenter les prix du pétrole. Jeudi matin, le baril de Brent de la mer du Nord valait 63,95 dollars à Londres, une augmentation de 0,55 % par rapport à la clôture de mercredi. À New York, le baril américain de WTI pour livraison en octobre s’échangeait à 58,33 dollars, soit 0,38 % de plus que la veille.

Les prix du pétrole étaient toujours en hausse vendredi, avec un gain de plus de 7 % pour la semaine, leur plus forte hausse hebdomadaire depuis janvier.

Réserve fédérale américaine

La Banque centrale a annoncé mercredi qu’elle abaissait son taux directeur d’un quart de point pour s’établir dans une fourchette comprise entre 1,75 % et 2 %. Une décision qui ne fait pas l’unanimité au sein du comité. « Depuis la rencontre de juillet du Comité de la politique monétaire, les données reçues indiquent que le marché du travail demeure fort et que l’activité économique progresse à un rythme modéré. La création d’emplois a été solide, en moyenne, ces derniers mois, et le taux de chômage est demeuré bas. Même si les dépenses des ménages augmentent à un rythme soutenu, les investissements des entreprises et les exportations ont subi des reculs. L’inflation globale et l’inflation pour les produits excluant l’alimentation et l’énergie, sur une base annuelle, sont actuellement sous 2 % », lit-on dans le communiqué publié par la Fed à 14 h. « La décision appuie l’objectif du comité de soutenir l’expansion de l’activité économique, un marché du travail vigoureux et une inflation à 2 % », a ajouté la Fed.

À quatre reprises cette semaine, la banque centrale a injecté des liquidités sur les marchés financiers via son outil de prise de fonds en pension à un jour (repo). Mardi, c’est une somme de 53 milliards de dollars qui a été injectée, puis des montants de 75 milliards mercredi, jeudi et vendredi. La dernière fois que la banque centrale avait dû intervenir remonte à la crise financière en 2008. La Réserve fédérale américaine a injecté des liquidités supplémentaires pour ainsi s’assurer de pouvoir financer la demande d’émission de bons du trésor américain, étant donné que ceux-ci sont financés par le marché monétaire. Ce dernier a vu son taux augmenter de 10 % pour quelques instants en début de semaine, attribuable au manque temporaire de liquidité, forçant la Fed à agir. La Fed a annoncé vendredi qu’elle continuerait à injecter des liquidités dans le marché jusqu’au 10 octobre.

 

 

 

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