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24 mai 2019

Les tensions commerciales s’aggravent

Par PRATTE

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Les tensions commerciales s’aggravent

Une autre semaine sous le thème de la « guerre commerciale », alors que les États-Unis continuent de menacer la Chine et ses entreprises. Cette semaine, c’était au tour de Huawei de subir les répercussions des tensions commerciales. En effet, depuis quelque temps, les États-Unis soupçonnent l’entreprise d’espionnage pour le compte de Pékin. Ils ont d’ailleurs interdit aux sociétés américaines de télécoms de faire affaire avec cette dernière. Voici donc ce qui s’est passé cette semaine sur les marchés.

Marchés en bref

Lundi, les dernières menaces américaines contre le géant chinois Huawei ont dérangé les marchés. En effet, les investisseurs se sont montrés inquiets quant aux répercussions des menaces sur le secteur technologique. Les États-Unis ont interdit aux sociétés américaines de télécoms de faire affaire avec des compagnies étrangères jugées « risquées » pour la sécurité du pays. Google (-2,06 %) a annoncé avoir cessé de transiger avec Huawei. Selon Bloomberg, plusieurs fournisseurs américains majeurs comme le géant des microprocesseurs Intel (-2,96 %), le fabricant de puces Qualcomm (-5,99 %) ou encore Broadcom (-5,97 %) ont également annoncé ne plus faire affaire avec la compagnie. Le secteur des semi-conducteurs, qui avait été un des plus performants depuis le début de l’année reculait en fin de journée. Le NASDAQ a terminé la journée en baisse de 1,46 %, le Dow reculait de 0,33 % et le S&P 500 perdait 0,67 %.

Après deux séances consécutives à la baisse, les marchés américains ont ouvert à la hausse mardi. Les États-Unis ont annoncé un répit à Huawei, permettant ainsi aux marchés de reprendre leur souffle. Les Américains ont pris cette décision après que de nombreux usagers et entreprises se soient montrés inquiets face aux menaces. Ainsi, pour les trois prochains mois, Huawei sera en mesure d’utiliser des composants et logiciels américains avant la mise en place des sanctions. Ceci permettra à la compagnie et à ses partenaires de mieux s’adapter.

Retour à la baisse mercredi pour Wall Street, alors que les tensions commerciales continuent d’inquiéter les investisseurs. La chute du titre de Qualcomm (-9,97 %) est venue tirer les marchés vers le bas. La dégringolade du titre est survenue suite aux accusations portées par un juge en Californie d’avoir « étranglé la concurrence », condamnant la compagnie de pratiques anticoncurrentielles dans le domaine des microprocesseurs pour téléphones mobiles.

Le Dow a chuté de 400 points à l’ouverture des marchés jeudi alors que le NASDAQ et le S&P 500 reculaient également. De plus, maintes compagnies ont annoncé la suspension de leurs ententes avec le géant Huawei, ,ajoutant de nouvelles inquiétudes entourant la guerre commerciale. Une séance qui s’est terminée dans le rouge pour la majorité des indices boursiers mondiaux. Le Dow perdait 286,14 points, le S&P 500 reculait de 34,03 points et le NASDAQ cédait 122,56 points. À Paris, l’indice CAC 40 a cédé 1,81 % et à Hong Kong, l’indice Hang Seng a perdu 1,58 % tandis que le pétrole chutait de 5,7 % à 57,91 dollars aux États-Unis.. Du côté de Londres, le Brent le Brent a cédé 4,55 % pour atteindre 67,76 dollars.

Vendredi, c’est un retour à la hausse pour Wall Street alors que les investisseurs se sont montrés plus optimistes suivant les derniers commentaires du président Trump qui estime que la guerre commerciale pourrait se terminer bientôt.

La bourse de Toronto était fermée lundi à l’occasion de la fête de la Reine. Le TSX a terminé en légère hausse mardi, incapable de gagner plus de points, alors que le prix du pétrole reculait. Séance difficile pour l’indice canadien mercredi qui a perdu plus de 100 points à la fermeture, , affecté par trois de ses principaux secteurs en baisse. Le secteur de l’énergie a perdu plus de 2,67 % tiré vers le bas par le prix du pétrole et le secteur des matériaux perdait 2,0 %. Le secteur de la finance cédait, quant à lui, 0,65 % après un mauvais trimestre de la CIBC (-4,4 %). La tendance s’est poursuivie jeudi à l’ouverture des marchés alors que les prix du pétrole continuaient de dégringoler. Le TSX a terminé la séance à son pire niveau depuis le début de l’année, perdant 162,74 points entrainés par le secteur de l’énergie. C’est un retour à la hausse pour la bourse de Toronto vendredi, étant soutenu par les titres bancaires et ceux de cannabis.

Tesla

Lors de la séance de mardi, le titre de la compagnie est tombé à son plus bas niveau depuis décembre 2016, s’échangeant sous le seuil symbolique de 200 $. Sa valeur a également chuté, passant de 65 milliards en 2018 à 35 milliards mardi. Un courriel envoyé par Elon Musk la semaine dernière demandant aux employés du groupe de limiter les dépenses en raison de la situation financière précaire de l’entreprise est venu s’ajouter aux inquiétudes quant à la rentabilité de l’entreprise. « Cela représente un signal d’alarme sur les problèmes de liquidité que de nombreux observateurs pensaient résolus avec la levée de capitaux », a-t-il souligné auprès de l’AFP. Cela suggère également « que les ventes de voitures au deuxième trimestre n’ont peut-être pas rebondi aussi vivement que promis par le groupe ».

Tesla a dévoilé de nombreuses pertes lors de ses derniers résultats trimestriels. Plusieurs se questionnent quant à la rentabilité financière de la compagnie, surtout depuis que celle-ci a annoncé avoir effectué moins de livraison que prévu. D’ailleurs, de nombreux analystes ont revu à la baisse le titre du constructeur automobile, le faisant ainsi chuter de 3 % mercredi. Toutefois, Tesla a encore espoir de renouer avec la rentabilité lors du prochain trimestre. L’action a déjà perdu plus de 19 % en mai, suivant la chute de 15 % enregistrée en avril et celle de 12,5 % en mars.

Qualcomm

Le premier fabricant mondial de puces et de modems pour téléphones intelligents a vu son titre dégringoler mercredi après avoir été condamné par un juge en Californie pour pratiques anticoncurrentielles. « Les pratiques d’attribution de licences de Qualcomm ont étranglé la concurrence pendant des années dans des segments clés du marché des microprocesseurs pour la téléphonie mobile (modem chips ou puces de connexion) » a écrit la juge. Qualcomm a « nui à ses rivaux, aux fabricants et aux consommateurs en agissant ainsi ».

La juge exige que Qualcomm renégocie ses contrats « en bonne foi » et « sans menace de couper l’approvisionnement ou autres clauses discriminatoires ». Cette dernière faisait exprès de gonfler ses prix de licences pour ensuite menacer ses clients de ne plus leur fournir de composantes électroniques s’ils n’achetaient pas aussi les licences. Cette décision survient quelques semaines après son entente suivant une longue bataille juridique avec Apple. Effectivement, Apple a finalement accepté d’utiliser des puces Qualcomm dans ses iPhone à nouveau, remplaçant ainsi Intel. Le titre de Qualcomm avait grimpé de 35 % à la suite de l’accord, mais a dégringolé de 10 % mercredi après le jugement.

Avertissement du FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) a averti la Chine et les États-Unis que la guerre commerciale que ceux-ci se livrent pourrait compromettre le rebond économique mondial attendu pour le deuxième trimestre 2019. « Bien que l’impact sur la croissance mondiale soit pour le moment relativement modeste, la nouvelle escalade pourrait sérieusement détériorer le climat des affaires et la confiance des marchés financiers, perturber les chaînes de production et compromettre la reprise de la croissance mondiale prévue en 2019 », estime jeudi Gita Gopinath, la cheffe économiste du FMI.

Plusieurs entreprises ont exprimé leurs inquiétudes face aux nouveaux tarifs. Par exemple, les fabricants de chaussures (Adidas, Nike, Puma et Steve Madden) ont demandé au président Donald Trump de retirer « immédiatement » les chaussures de la liste des produits manufacturés susceptibles d’être frappés par des tarifs douaniers. Ce sont principalement les sociétés américaines qui paient presque tous les coûts des tarifs de Donald Trump sur les importations en provenance de Chine, ont indiqué des chercheurs du FMI qui contestent les affirmations du président selon laquelle la Chine paie la facture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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