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2 mars 2018

Février : un mois volatile pour les marchés

Par PRATTE

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Le mois de février a été marqué par des marchés volatils, accompagnés de fortes turbulences. Cette semaine, les investisseurs attendaient avec impatience les premières allocutions du nouveau président de la Fed et les marchés ont réagi prudemment face à celles-ci. Au Canada, le gouvernement fédéral a déposé mercredi son budget. Celui-ci n’a offert aucune réponse claire face à la réforme fiscale américaine et aucune mesure pour la mise en place d’une obligation de paiement de taxe de vente pour les géants étrangers du web. Finalement, Spotify a déposé sa demande d’entrée à la bourse. Voici nos cinq meilleures lectures de la semaine.

Marchés en bref

Après plusieurs semaines difficiles, les marchés mondiaux reprenaient de la force lundi à l’ouverture des marchés. Le Dow montait de 197,99 points, le Nasdaq était en hausse de 48,02 points, et le S&P 500 gagnait 14,36 points. La crainte face à une hausse trop rapide des taux d’intérêt semblait s’être calmée. « Les marchés ont visiblement été rassérénés par le fait que la Fed, dans un rapport semi-annuel, ne se soit pas montrée trop optimiste », ont souligné les analystes de Daiwa Capital Markets. Mardi, Wall Street a ouvert en légère hausse après la publication des premiers commentaires publics de Jerome Powell, le nouveau président de la Fed. Dans son discours, M. Powell a décrit « des perspectives économiques fortes » et une croissance économique tonifiée par « une politique budgétaire devenue plus stimulante » tout en annonçant que l’inflation ainsi que les salaires augmenteraient. Le Dow a ouvert en hausse de 53,55 points, le Nasdaq progressait de 5,40 points, et le S&P 500 avançait de 0,15 %, ou 4,12 points. Après un début de mois baissier, les différents indices ont presque effacé leurs pertes qui se chiffraient à plus de 10 %.

La tendance haussière s’est poursuivie mercredi, la dernière journée de ce mois instable. Le Dow a ouvert en hausse de 100 points, le S&P 500 ajoutait 12 points et le Nasdaq avançait de 39 points. Malgré de récents gains, le Dow et le S&P 500 sont toujours sur la voie d’obtenir leurs premières performances négatives depuis mars 2017. Les investisseurs surveillaient de près les titres de Dick’s Sporting Goods (+1,43 % à 32,25 dollars), qui a annoncé son intention de cesser la vente de fusils d’assaut semi-automatiques, et de Lowe’s (-5,79 % à 90,24 dollars) en baisse à la suite de la publication de mauvais résultats trimestriels. Le secteur du commerce de détail (retail sector) a déposé plusieurs résultats trimestriels à la hausse permettant ainsi au S&P 500 de réaliser plusieurs gains. Etsy avançait de 18 % et le titre de TJX gagnait 6,5 %. La bourse a cependant terminé la journée en terrain négatif, alors que la majorité des pertes se sont réalisées dans les 60 dernières minutes. Le Dow a perdu plus de 240 points entre 15 h et 16 h, terminant la journée en chute de 380 points, le Nasdaq a perdu 0,8 % et le S&P 500 a baissé de 0,9 %. Le Dow et le S&P 500 ont obtenu une performance à la hausse depuis les 10 derniers mois, leur plus longue depuis 1959. Le Nasdaq, qui a clôturé en baisse de 1,9 % en février, a enregistré une perte mensuelle pour une première fois en huit mois tandis que le Dow Jones et le S&P 500 ont clôturé en baisse respectivement de 4,3 % et 3,9 %. Jeudi, les marchés ont ouvert en baisse, le Dow perdant 150 points, le S&P 500 chutait de 0,4 % et le Nasdaq de 0,5 %. Les investisseurs attendaient un nouveau rapport de la Fed, alors que le président était attendu devant le comité des finances du Sénat américain. Celui-ci a finalement annoncé de nouveaux tarifs sur les importations d’acier et d’aluminium, un droit de douane de 25 % sur l’acier importé et un droit de douane de 10 % sur l’aluminium importé.

La journée de jeudi a clôturé à la baisse et c’est sans grande surprise que la tendance s’est poursuivie à l’ouverture des marchés vendredi. Les investisseurs craignent la possibilité d’une guerre commerciale à la suite des nouveaux tarifs annoncés la veille. Le Dow a ouvert en baisse de 270 points, le Nasdaq perdait 0,8 % et le S&P 500 en chute de 0,6 %.  Les titres des compagnies qui utilisent l’acier et l’aluminium comme General Motors (-4 %) et Boeing (-3,5 %) ont chuté à la suite de la déclaration de Donal Trump, tout comme US Steel et Century Aluminium qui ont chuté de 4 % et 2,2 %, après avoir affiché de solides gains à la dernière session. Le Dow a perdu plus de 1000 points cette semaine.

Du côté canadien, le TSX a ouvert en hausse lundi, atteignant sa meilleure performance en trois semaines, soutenues par des gains dans les prix de certaines commodités comme l’or et l’argent. Lucara Diamond figurait parmi les titres gagnants, en hausse de 20,2 %. Mardi, le TSX continuait de progresser, ajoutant 9,13 points, tirés vers le haut par des gains de la Banque Scotia (+0,51 %) qui a publié de bons résultats trimestriels. Grâce à des gains dans le secteur de ressources naturelles et le secteur bancaire, le TSX a ouvert mercredi en légère hausse, néanmoins les pertes de Valeant ont terni l’ouverture. La pharmaceutique a annoncé des résultats trimestriels à la baisse, faisant chuter le titre de plus de 10 %. Jeudi, le TSX est tombé à son plus bas niveau depuis deux semaines, le secteur des matériaux ayant mené à des baisses généralisées. Le TSX perdait 65,34 points, ou 0,42 %. Les dix principaux groupes de l’indice étaient en baisse. Vendredi, le TSX a suivi la tendance des marchés boursiers américains et a ouvert en baisse de 100 points.

Budget fédéral

Le gouvernement fédéral a déposé mercredi un budget très attendu, principalement axé sur les femmes et les Premières Nations. Le budget n’a toutefois offert aucune réponse claire face à la réforme fiscale américaine qui désavantagerait le Canada en perdant son avantage concurrentiel sur le plan fiscal. « On aurait intérêt à garder un avantage fiscal », affirme Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. « Il y a probablement plusieurs entreprises qui se demandent s’il n’est pas avantageux pour elles d’investir aux États-Unis. » Aucune baisse d’impôt n’est proposée pour aider les entreprises canadiennes à mieux se positionner face à la concurrence américaine.

Fait important à noter, ce budget ne propose aucune mesure pour la mise en place d’une obligation de paiement de taxe de vente pour les géants étrangers du web, comme Facebook et Netflix. Plusieurs PME attendaient de pied ferme ce nouveau budget alors qu’en juillet dernier le ministre Morneau avait annoncé des mesures controversées pour les entreprises voulant éliminer certains avantages fiscaux. Finalement, le gouvernement canadien s’est inspiré des mesures québécoises concernant les revenus de placements passifs réalisés à l’intérieur d’une société. Moneysense offre un excellent résumé de la situation et explique comment ce budget affectera les PME.

Réserve fédérale américaine

Le nouveau président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, en poste depuis le 5 février dernier, a offert ses premiers commentaires publics. Ce dernier a dressé un portrait plutôt positif de l’économie américaine qui est en croissance depuis décembre. Il a également confirmé que la Fed allait entamer ses hausses de taux d’intérêt graduelles. « Nous prévoyons que l’inflation remonte cette année et se stabilise autour de la cible de 2 % de la Fed à moyen terme », a affirmé le nouveau patron de la banque centrale. L’inflation sur un an, selon l’indice PCE, était à 1,7 % en décembre. « Les salaires devraient croître à un rythme plus rapide aussi », a-t-il assuré.

Powell a aussi évoqué la récente dégringolade des marchés boursiers. Il a assuré que la Fed ne « considérait pas que ces développements avaient une grande importance pour les perspectives de l’activité économique, du marché du travail et de l’inflation ». La Fed tiendra sa prochaine réunion les 20 et 21 mars et les marchés financiers estiment que les responsables pourraient augmenter leurs prévisions de hausses en fonction de la situation entourant l’inflation. Actuellement, les représentants de la Fed ont annoncé trois hausses et M. Powell n’a offert aucune indication permettant de valider une augmentation du rythme prévu. Depuis décembre 2015, la Fed a procédé à cinq reprises à des hausses d’un quart de point de son taux d’intérêt directeur.

Warren Buffet

Le très célèbre investisseur et président de Berkshire Hathaway (BRK.B, 203,50 $ US) a publié samedi sa lettre annuelle aux actionnaires. M. Buffet, reconnu pour éviter par tous les moyens l’endettement, a indiqué dans sa lettre faire preuve d’extrême prudence face à un contexte mené par la chasse à l’acquisition. M. Buffet et son partenaire Charlie Munger, ont énuméré les qualités recherchées dans les cibles potentielles, soit des avantages concurrentiels durables, des dirigeants de qualité, de généreux rendements sur les actifs tangibles, des occasions à générer de la croissance interne à des taux attrayants et des prix d’achat raisonnables. « Ce dernier critère s’est avéré être un obstacle à pratiquement toutes les transactions potentielles en 2017, tandis que les prix demandés pour des entreprises décentes, mais loin d’être spectaculaires, ont atteint des sommets historiques », écrit M. Buffett. Ce dernier affirme être incapable d’investir 116 milliards de dollars en liquidités.

On retrouve également dans la lettre les derniers chiffres de l’entreprise. Grâce à la réforme fiscale de Donald Trump, Berkshire Hathaway a enregistré en 2017 des bénéfices supplémentaires de 29 milliards de dollars. L’investisseur affirme que le gain net de toutes les participations de sa société a été de 65,3 milliards de dollars en 2017. « Une grande partie de ce gain ne vient pas de ce que nous avons accompli à Berkshire », explique-t-il. « Seulement 36 milliards viennent de nos opérations. Les 29 milliards restants nous ont été donnés en décembre quand le Congrès a réécrit le code fiscal. » Il est important de noter que Warren Buffet avait critiqué cette réforme en automne dernier.

Spotify

Spotify a annoncé mercredi avoir déposé sa demande d’introduction en Bourse. Le service suédois de streaming musical sera coté sur le New York Stock Exchange sous le symbole « SPOT ». La compagnie a déclaré compter 159 millions d’utilisateurs actifs mensuels et environ 71 millions d’abonnés payants. Spotify est le leader dans son industrie, alors que son plus proche compétiteur, Apple Music, compte seulement 36 millions d’abonnés.

La compagnie a également déclaré un bond de 38 % dans ses revenus comparativement à 2016, mais a tout de même engendré des pertes de 1,24 milliard d’euros. « Nous avons entrepris de réinventer l’industrie de la musique et de fournir un meilleur moyen aux artistes et aux consommateurs de bénéficier de la transformation numérique de l’industrie musicale », a déclaré la compagnie dans son rapport. « Spotify a été fondé sur la conviction que la musique est universelle et que le streaming est un modèle d’accès plus robuste et plus transparent qui profite à la fois aux artistes et aux fans de musique. » Un « Initial Public Offering (IPO) » à surveiller.

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