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9 mars 2018

Une éventuelle guerre commerciale secoue les marchés

Par PRATTE

Blogue 9 mars FR

La décision du président américain d’imposer des droits de douane de 25 % pour l’acier et de 10 % pour l’aluminium a secoué les marchés. Cette nouvelle a amené la démission du principal conseiller économique américain, Gary Cohn, qui avec ce départ démontre clairement son opposition face à la flambée du protectionnisme américain. La Banque du Canada a indiqué mercredi qu’elle maintiendrait son taux directeur à 1,25 % alors que le bitcoin continue sa dégringolade. Voici donc nos cinq meilleures lectures de la semaine.

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Marchés en bref

On se rappelle que les marchés ont été secoués la semaine passée par l’annonce du président américain qui souhaite imposer prochainement des droits de douane de 25 % pour l’acier et de 10 % pour l’aluminium. Les indices « s’étaient repliés dans l’anticipation de la mise en place de nouvelles barrières douanières », mais « la plupart des investisseurs ne pensent plus que le président va persister à vouloir mettre en œuvre un plan aussi strict et onéreux », a avancé Sam Stovall de CFRA. C’est donc à la baisse que la semaine a commencé, sous la crainte d’un mouvement protectionnisme aux États-Unis. Puis, en cours de séance, le vent a tourné laissant croire que les inquiétudes face à l’annonce de Donald Trump semblaient se dissiper. Le Dow a bondi de 1,4 % pour conclure quatre séances consécutives de baisse. Le Nasdaq a grimpé de 1,00 % et le S&P 500 ajoutait 1,1 %. Certains titres qui auraient pu être touchés par l’annonce des droits de douane n’ont pas semblé avoir été affectés, par exemple, Caterpillar (+3,2 %) ou Harley-Davidson (+2,3 %) ont réussi à garder le cap. Mardi, les marchés ont ouvert en hausse avec un regain d’optimisme des investisseurs à la suite de l’affirmation de la Corée du Nord qui se dit ouverte à une dénucléarisation. La Corée du Sud a déclaré qu’elle tiendrait un sommet avec la Corée du Nord pour la première fois depuis plus d’une décennie. Les investisseurs en ont profité pour vendre leurs dollars américains et acheter des devises liées aux matières premières, car celles-ci ont tendance à bien performer quand l’économie globale s’améliore. Toutefois, les investisseurs continuent de se questionner sur les éventuels tarifs douaniers et sur leurs impacts commerciaux.

C’est à la baisse que les marchés ont ouvert mercredi, toujours ébranlés au lendemain de la démission du principal conseiller économique américain, Gary Cohn. « Les marchés considéraient que Gary Cohn était la voix de la raison face à une guerre commerciale que Trump a l’air de désirer. Son départ signifie à court terme que les conseillers économiques qui entourent désormais le président sont beaucoup plus populistes et protectionnistes et beaucoup moins ouverts à l’économie de marché que ne l’était un ancien de Goldman Sachs », a commenté Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services. Le Dow a ouvert en baisse de 0,73 %, Le Nasdaq perdait 0,38 % et le S&P 500 cédait 0,48 %. Jeudi, les marchés américains ont ouvert en hausse. Les craintes face à une guerre commerciale imminente semblaient se dissiper après que le président américain ait déclaré que les nouveaux tarifs pourraient exclure certains partenaires commerciaux des États-Unis jugés importants. Le rapport sur l’emploi aux États-Unis publiés vendredi matin a été meilleur que prévu, permettant aux indices américains d’accumuler des gains à l’ouverture. Le Dow a ouvert en hausse de 175 points, J.P. Morgan Chase étant l’action la plus performante de l’indice, le S&P 500 gagnait 0,6 % grâce à une bonne performance du secteur de l’énergie et le Nasdaq progressait de 0,7 %. Vendredi marquait également le 9e anniversaire du « bull market ». Par exemple, le 9 mars 2009, le S&P 500 a clôturé à 676,53. Depuis, le S&P 500 est en hausse d’environ 300 pour cent.

Au Canada, le TSX a terminé la journée de lundi en hausse de 156,69 points pour terminer à 15 541,28 points. Le secteur de l’énergie a obtenu une bonne performance, aidé par les titres de Crew Energy (+17 %) et de Baytex Energy (+10 %). La dégringolade du dollar canadien se poursuit. Il a perdu plus de 5 % en un mois, son plus bas niveau en huit mois. Le huard s’échangeait à 77 cents US. Le TSX a ouvert mardi en hausse de 13,55 points grâce à des gains du secteur des ressources naturelles et du pétrole qui a ouvert en hausse de 0,6 %. Mercredi, l’indice canadien a fléchi, en perte de 72,58 points, alors que plusieurs de ses secteurs, telles la santé et l’énergie, étaient en baisse. Jeudi, il a ouvert en légère hausse de 0,28 % grâce aux dernières déclarations du président américain affirmant que le Canada pourrait être exempté des tarifs douaniers. Le TSX a ouvert vendredi en hausse de 42,32 points, grâce à la hausse des prix du pétrole et des métaux de base alors que la crainte d’une guerre commerciale avec les États-Unis s’est estompée.

Guerre commerciale

Le président américain a annoncé vendredi dernier la mise en place de droits de douane de 25 % pour l’acier et de 10 % pour l’aluminium, provoquant un tollé mondial alors que plusieurs craignent le début d’une guerre commerciale. L’Europe a été la première à répondre à cette nouvelle. « Si les Américains imposent des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, nous devons traiter les produits américains de la même manière », a dit Jean-Claude Juncker, le président de l’Union européenne. L’Europe entend riposter en taxant certains produits américains, ce qui enverrait un message politique et économique aux États-Unis. « Il y a sur cette liste des produits en acier, industriels et agricoles. Certains types de bourbon en font partie ainsi que d’autres articles comme le beurre de cacahuète, les airelles et le jus d’orange », a affirmé la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström. Le Canada n’a toujours pas offert de réponse à cet affront préférant sûrement attendre la fin des négociations de l’ALENA.

Les bourses mondiales ont vivement réagi à cette annonce craignant une guerre commerciale ainsi qu’une hausse de la pression sur l’inflation. Cette escalade du protectionnisme a même amené le principal conseiller économique, Gary Cohn, à claquer la porte de la Maison-Blanche. Une guerre commerciale pourrait avoir un impact énorme sur les relations géopolitiques mondiales alors que la taxe entrera en vigueur dans 15 jours. Jeudi, le Président américain s’est ravisé et a décidé d’exclure le Canada et le Mexique de cette taxe et a appelé les autres pays à entamer des discussions avec les États-Unis.

Banque du Canada

La Banque du Canada a annoncé mercredi le maintien de son taux directeur à 1,25 %. La Banque a également indiqué qu’elle n’était pas pressée d’adopter une approche plus agressive des hausses de taux d’intérêt. La croissance économique canadienne est en hausse de 3 % alors que l’inflation tourne autour de la cible de 2 %. « Quoique l’on s’attende à ce que les perspectives économiques justifient des taux d’intérêt plus élevés avec le temps, il sera probablement nécessaire de maintenir un certain degré de détente monétaire afin que l’économie continue de tourner près de son potentiel et que l’inflation demeure à la cible », a prévenu la banque centrale.

« L’évolution de la situation concernant les politiques commerciales constitue une source d’incertitude importante et grandissante pour les perspectives des économies mondiale et canadienne », note la Banque dans un communiqué diffusé mercredi matin.  « La croissance de l’économie mondiale demeure solide et généralisée », a dit la banque par voie de communiqué. « Aux États-Unis, on s’attend à ce que les nouvelles dépenses publiques et les réductions d’impôt annoncées précédemment stimulent la croissance en 2018 et en 2019. » Plusieurs analystes s’attendent désormais à une hausse plutôt que deux en 2018. La prochaine réunion portant sur le taux directeur aura lieu le 18 avril prochain.

Bitcoin

Les cryptomonnaies ont vécu un 24 h difficile mercredi alors que les principales cryptomonnaies ont perdu plus de 10 % de leur valeur. Tout d’abord, le SEC, l’autorité des marchés financiers américains, a invité les investisseurs à demeurer prudents face à ce marché non réglementé et a appelé à des restrictions plus strictes dans toutes les voies de négociation. « Les plateformes de courtage en ligne sont devenues un outil plébiscité par les investisseurs pour acheter et vendre des actifs numériques, y compris des devises et des jetons proposés à l’occasion de collectes de fonds en cryptomonnaies (ICO) », écrit la SEC dans un communiqué. « Elles doivent s’enregistrer auprès de la SEC (…) ou demander une dérogation », en conclut le régulateur. Suivant cette annonce, le bitcoin s’échangeait à 9 800 dollars alors qu’il avait déjà atteint un sommet de 20 000 $ au cours des derniers mois.

De plus, les autorités japonaises ont demandé jeudi à deux plateformes locales d’échanges de cryptomonnaies de cesser temporairement leurs opérations alors que le Nikkei a déclaré que ces derniers ne prenaient pas les mesures adéquates pour protéger les clients et le blanchiment d’argent. Le débat sur la réglementation de la cryptomonnaie continue de leur faire ombrage, plusieurs pays étant inquiets face à la frénésie qui l’entoure.

Journée de la femme

L’industrie de la finance a longtemps été un monde d’homme. « En comparaison d’autres sciences sociales et bien des sciences pures, la proportion de femmes dans les départements d’économie est ridiculement basse », explique Kelly Bedard, économiste de l’Université de Californie à Santa Barbara (UCSB), qui a publié une étude l’an dernier sur le sujet. « Et elle stagne, particulièrement dans les domaines plus prestigieux de l’économie, de la macroéconomie et de la finance. »

Les dernières données démontrent toutefois que les femmes au Canada comptent pour près de la moitié (49,5 %) des membres de la Chambre de la sécurité financière alors que selon Statistique Canada, elles représentent 49,8 % de la population du pays. Selon Conseiller.ca, les femmes composent de 27,2 à 46,3 % des dirigeantes des grandes banques canadiennes et de 35 à 41,2 % des membres de leur conseil d’administration, tandis que seulement 14 % des membres du CA des entreprises canadiennes cotées en Bourse sont des femmes. Bref, un secteur qui commence, lentement mais surement, à se diversifier.

 

 

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