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8 décembre 2017

Les titres technologiques reculent et la Banque du Canada maintient son taux directeur

Par PRATTE

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Les marchés financiers ont connu une semaine digne d’une montagne russe. Elle a débuté avec l’annonce de l’approbation, par le Sénat américain, du projet de la réforme fiscale, propulsant tout d’abord les marchés, pour finalement semer l’inquiétude. Les titres technologiques ont également subi les répercussions de cette décision et de nombreux investisseurs ont déplacé leurs avoirs vers des secteurs susceptibles de bénéficier des réductions d’impôt. C’était aussi une semaine importante pour les détaillants canadiens alors que plusieurs d’entre eux dévoilaient leurs rapports trimestriels, entre autres, Dollarama continue sur sa lancée alors que la Baie d’Hudson a annoncé des revenus à la baisse. Voici donc nos cinq meilleures lectures de la semaine.

Marché en bref

Après de longues heures de consultation, le projet de la réforme fiscale a finalement été approuvé par le Sénat américain avec un vote serré de 51 voix contre 49. Propulsée par cette nouvelle, la semaine a donc bien commencé pour les marchés financiers. Avec un nouveau record, le Dow a ouvert lundi en hausse de 300 points, tandis que le S&P 500 gagnait 0,7 %. Le Nasdaq a vécu plus de difficulté, entrainé par la chute des titres de Netflix, Facebook et Alphabet.

En effet, le secteur technologique a connu un début de semaine difficile alors que plusieurs investisseurs se sont départis d’une partie de leurs actions afin d’en tirer profit. Les grandes compagnies de ce secteur ont surperformés, accumulant plus de 52 % de gains depuis le début de l’année et elles profitent déjà d’un faible taux d’imposition. En théorie, elles auraient le moins à gagner de la réforme, et ce malgré la réduction d’impôts sur la récupération des énormes profits qu’elles ont accumulés à l’étranger.

Mardi, les marchés ont ouvert en ordre dispersé, alors que Wall Street évaluait toujours les effets de la réforme fiscale sur les entreprises. « Les chances que le Congrès approuve une énorme évolution du code fiscal américain avant Noël sont désormais bien plus importantes que ce qu’on avait anticipé », a noté Karl Haeling de LBBW. « Cela pourrait déclencher un mouvement de prises de bénéfices, les actions ayant fortement progressé depuis le début de l’année », a-t-il avancé. Les marchés ont terminé à la baisse mardi alors que la plupart des indices ont évolué entre les gains et les pertes, les investisseurs continuant de surveiller de près le plan de la réforme fiscale. Le travail législatif effectué par les parlementaires a par ailleurs été « extrêmement précipité », a relevé Karl Haeling de LBBW. « Il y a un réel risque qu’une fois que le marché se détournera de la baisse prévue du taux d’imposition des sociétés pour se concentrer sur les détails du texte, cela déclenche le mouvement de correction attendu depuis longtemps », a estimé le spécialiste.

Avec des gains de 34 % depuis le début de l’année, l’indice de la technologie du S&P a perdu 4 % la semaine dernière puisque les investisseurs ont transféré une partie de leur argent aux banques, aux détaillants et aux autres secteurs susceptibles de bénéficier des nouvelles réductions d’impôt. Jeudi, les marchés ont encore une fois ouvert en ordre dispersé, mais ont terminé positifs, aidés par les secteurs de l’industrie et de la technologie. Un des grands gagnants de la journée fut sans aucun doute le vendeur de vêtements de sport Lululemon avec une hausse de 6,43 %, à 72,01 dollars après de solides résultats trimestriels. La bourse a poursuivi sa lancée vendredi, gagnant quelques points à l’ouverture après la publication du rapport sur l’emploi aux États-Unis. On totalise 228 000 nouvelles embauches aux États-Unis en novembre, alors que les analystes estimaient que 190 000 emplois seraient créés. Le Dow affichait une hausse de 55 points à l’ouverture, le Nasdaq gagnant 0,8 % et le S&P 500 0,4 %.

Le TSX a lui aussi bénéficié de ce regain de confiance des investisseurs en début de semaine. Lundi, l’indice torontois a gagné 0,27 point, alors que les titres financiers et industriels étaient à la hausse. Mardi, le TSX reculait de 0,08 % ou 12,85 points à 15 596,18 points, attribuable à la baisse des prix des commodités tels que le cuivre, pour finalement terminer la journée dans la même direction, perdant 49,60 points à 15 919,43 points. Les actions des secteurs des matériaux et de la finance ont elles aussi poursuivi leur chute. Le lendemain, la tendance baissière s’est poursuivie, attribuable, entre autres, à la chute de 13,7 % du titre de la Compagnie de la Baie d’Hudson à la suite du dévoilement de résultats financiers plus bas que prévu. Jeudi, le TSX a connu une bonne journée, en hausse de 106,90 points, à 16 015,68 points, aidé par les gains des cours du pétrole brut. Cette tendance haussière s’est poursuivie vendredi avec une hausse de 62,77 points à l’ouverture, se dirigeant vers une hausse totale de 0,2 % pour la semaine.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié mardi au cours moyen de 78,86 cents US, en hausse de 0,09 cent US par rapport à son cours moyen de la veille. Mercredi, malgré des gains à l’ouverture des marchés, le dollar canadien a perdu plus d’un demi-cent par rapport au sommet du matin pour s’échanger autour de 78,35 cents (É.-U.) à l’annonce du maintien du taux directeur à 1 % et perdant 0,5 % le jeudi. D’après un sondage de Reuters, le dollar canadien devrait se raffermir au cours de la prochaine année, selon des hypothèses qui stipulent que l’incertitude entourant les hausses du commerce et une économie plus vigoureuse stimulant l’inflation inciteront la Banque du Canada à relever ses taux. Le dollar canadien a également bénéficié de la hausse du pétrole cette semaine. Vendredi, le huard avait réussi à gagner 0,1 %, s’échangeant à 77,87 cents US.

Les titres FAANG

Comme mentionnée dans le paragraphe précédent, les titres technologiques, surnommés FAANG (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google), ont subit les répercussions de la possible mise en place de la réforme fiscale et ont tous terminé à la baisse lundi. Ces titres ont surperformés cette année accumulant des gains de plus de 52 %, mais ils ont été durement touchés alors que les investisseurs envisagent de remodeler la loi fiscale dès que la Chambre et le Sénat auront fusionné leurs lois respectives en un seul projet de loi. Les détails du projet de loi d’impôt final ne sont toujours pas clairs, néanmoins dans les plans approuvés vendredi passé, le taux d’imposition des sociétés sera réduit à 20 % comparativement à 35 %. « Cela devrait signifier une rotation de l’allocation d’actifs étant donné que les investisseurs en actions ont jusqu’à présent concentré leurs portefeuilles dans un petit groupe de “super performers” qui ont bénéficié de l’environnement désinflationniste », ont écrit les analystes de Jefferies.

Selon Goldman Sachs, le secteur technologique du S&P 500 profite déjà d’un taux d’imposition peu élevé de 24 %, et il est le moins susceptible d’être avantagé par la réforme. Ce sont les entreprises qui paient les taxes les plus élevées, notamment les secteurs de l’industrie, de la consommation discrétionnaire, des télécommunications, de la finance et des transports qui vont en bénéficier. Le secteur technologique du S&P 500 avait perdu plus de 1,9 % lundi, mais ce dernier a tout de même accumulé des gains de plus de 34 % cette année. Ainsi, depuis lundi, les investisseurs sont nombreux à encaisser leurs profits. Par exemple, le titre chouchou Nvidia qui a accumulé des gains de 112 % depuis le début de l’année a perdu 12 % depuis le début de la semaine. Dans la matinée de vendredi, les titres technologiques étaient en progression, propulsant l’indice S&P 500 après quatre jours de pertes consécutives.

Dollorama

Dollarama a déposé cette semaine des résultats financiers à la hausse. Pour l’instant, la chaîne de magasins ne semble pas être affectée par les géants américains comme Amazon ou Wal-Mart. L’entreprise a annoncé une hausse de 9,7 % de ses ventes lors du troisième trimestre comparativement à la période correspondante l’an dernier, alors que ses bénéfices nets ont augmenté à 130,1 millions $ ou 1,15 $ par action comparativement à 110 millions $ ou 0,92 $ durant la même période l’an passé. « Cette amélioration est attribuable aux solides résultats et à la performance constante que nous avons obtenus durant les neuf premiers mois de l’exercice en cours », a précisé le président et chef de la direction de Dollarama, Neil Rossy, dans un communiqué. « Nous sommes également en voie d’atteindre notre cible concernant le nombre net de nouveaux magasins ouverts pour l’exercice 2018 », a-t-il ajouté.

Malgré ces bons résultats, ses ventes de magasins comparables, un indicateur permettant de mesurer la performance des commerces ouverts depuis un an, ont progressé de 4,6 %, alors que les analystes visaient une hausse de 6 % en moyenne. La chaîne a également réitéré qu’elle procèderait à l’ouverture de 60 à 70 magasins. Elle est actuellement propriétaire de 1 135 magasins, comparativement à 1 069, il y a un an. Le titre de la compagnie est en hausse de 55 % depuis le début de l’année.

La Banque du Canada

Pour une deuxième fois de suite, la Banque du Canada a annoncé mercredi qu’elle conservera son taux directeur fixé à 1 % qui est en vigueur depuis septembre. « Le Conseil de direction juge que la politique monétaire actuelle demeure appropriée », a-t-elle indiqué par communiqué. Il est important de se rappeler que la banque avait augmenté son taux directeur en juillet dernier pour la première fois depuis 2010, passant de 0,5 % à 0,75 %, pour l’augmenter à 1 % trois mois plus tard. Depuis, la banque demeure prudente, et ce malgré le fait que l’économie canadienne est en forte croissance, soutenue par une bonne création d’emplois, des salaires en hausse et des dépenses publiques accrues en infrastructures. « L’inflation a été un peu plus élevée que l’anticipait la Banque et continuera à être stimulée à court terme par des facteurs temporaires, en particulier les prix de l’essence » a fait savoir la Banque dans un communiqué.

La Banque a également prévenu que des taux d’intérêt plus élevés seront probablement nécessaires. « Quoique des taux d’intérêt plus élevés soient probablement nécessaires avec le temps, le Conseil continuera à faire preuve de circonspection et sera guidé par les nouvelles données sur lesquelles il se fonde pour évaluer la sensibilité de l’économie aux taux d’intérêt, l’évolution des capacités économiques et la dynamique de la croissance des salaires et de l’inflation », a-t-elle annoncé par communiqué.

Ce sont plutôt des facteurs à l’extérieur du Canada qui amène la banque à demeurer vigilante. « Les perspectives mondiales demeurent entachées d’une incertitude considérable, notamment quant à l’évolution géopolitique et aux politiques commerciales », souligne d’ailleurs la banque centrale. L’échec possible des pourparlers avec les États-Unis concernant la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain a refroidi l’investissement des entreprises au Canada, particulièrement dans le secteur manufacturier.

La Baie d’Hudson

La Baie d’Hudson a déposé un rapport trimestriel plus que décevant cette semaine en annonçant des pertes de 243 millions de dollars ou 1,33 $ par action, une perte deux fois plus grande que celle de 125 millions ou 69 cents encaissées au même moment l’an dernier. La compagnie continue d’accumuler les pertes, alors que ses ventes ont également diminué de 3,3 milliards de dollars il y a un an à 3,16 milliards cette année.

Au deuxième trimestre, la Baie avait dévoilé des pertes de 928 millions, soit un sixième trimestre négatif d’affilée. La Baie avait annoncé en juin dernier un plan de restructuration, avec notamment la suppression de 2000 emplois. L’entreprise espérait faire des économies annuelles de 350 millions avant la fin de l’exercice 2018 (dont 180 millions cette année). Elle a affirmé que ces suppressions d’emplois ont apporté des défis opérationnels, ce qui a diminué ses opérations en ligne. À l’annonce de cette nouvelle, le titre de la compagnie a immédiatement chuté de 13,7 % l’action, se négociant à 10,25 $. Au cours des douze derniers mois, la valeur des actions de la société a chuté de plus de 30 %.

Bonne lecture!

Pratte Gestion de portefeuille est une firme inscrit auprès de l’autorité des marchés financiers (AMF) ainsi que la commission de valeur mobilière de l’Ontario (CVMO).

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