Blogue

3 novembre 2017

Shopify en baisse et Facebook continue d’accumuler les profits

Par PRATTE

blogue 3 nov FR

Les marchés poursuivent sur leur belle lancée en dépit de la chute de titres importants tels que Tesla. Encore une fois, le célèbre réseau social Facebook a dévoilé des revenus trimestriels au-dessus des attentes alors qu’à l’opposé, le titre de Shopify a chuté mardi malgré des revenus trimestriels à la hausse. Finalement, l’avenir de La Baie est menacé, alors que comme plusieurs autres, le détaillant a de la difficulté à s’ajuster au commerce en ligne. Voici donc nos cinq meilleures lectures de la semaine.

N.B. Nous avons mis nos rendements à jour sur notre site. Venez nous visiter au https://www.pratte.ca/rendement/

Marché en bref

Lundi, les marchés ont terminé négatifs face à une certaine incertitude qui plane sur Wall Street relativement à la mise en place de la réforme fiscale. Le lendemain, la bourse a ouvert en ordre dispersé, aidée par de bons résultats trimestriels de la part de plusieurs sociétés. « Des résultats meilleurs qu’attendu de BP, Aetna, Kellogg et Pfizer ont permis de consolider une petite hausse » à l’ouverture, avant que le Dow Jones ne s’affaiblisse, a commenté Patrick O’Hare de Briefing. De nombreux résultats trimestriels se sont avérés meilleurs que prévu, permettant ainsi à plusieurs indices d’atteindre de nouveaux records. En effet, le S&P 500 a progressé de plus de 7 % depuis le 30 avril, surpassant la moyenne de 2,2 % pour la période de mai à octobre qui existait depuis 1950. Le S&P 500 a grimpé de plus de 4 % depuis le 31 juillet, soit plus de la moitié de ce gain en octobre. Depuis le 28 septembre, le S&P 500 a clôturé 12 fois à un niveau record, a calculé Mike Gibbs de Raymond James. De son côté, le Dow accumule également les records. C’est la première fois depuis avril 2012 que le Dow Jones enregistre sept mois de gains consécutifs. Le Nasdaq a quant à lui enfilé 62 records depuis le début de l’année, ce qui n’était pas arrivé depuis 37 ans. Mercredi, les marchés financiers ont encore une fois ouvert à la hausse, alors que les investisseurs attendaient l’annonce de la prochaine politique monétaire de la Fed au courant de la journée, pour finalement se terminer sans direction à la suite de la confirmation du statu quo de la Fed ainsi que du titre d’Apple qui était à la baisse. Jeudi, les bourses ont ouvert en légère hausse pendant que les investisseurs attendaient la confirmation de la nomination de Jerome Powell à la tête de la banque centrale américaine pour succéder à Janet Yellen. De plus, avant la fermeture de la bourse ce jeudi, le titre de Tesla était en chute de 5,31 % après l’annonce de sa plus grande perte trimestrielle. L’action d’Apple était en hausse de 2,8 % vendredi à l’ouverture des marchés après la publication de résultats supérieurs aux attentes à son quatrième trimestre. Apple est sur le point de devenir la première société à atteindre 900 milliards de dollars en capitalisation boursière. Cette hausse d’Apple ainsi que la publication d’un rapport positif sur l’emploi en octobre ont grandement contribué à l’ouverture positive de Wall Street vendredi matin.

Au Canada, le TSX a commencé la semaine en dépassant les 16 000 points pour la première fois de sa création. Les gains de lundi ont amené le TSX à une hausse de 5 % depuis le début de l’année. Mercredi, il a continué sur sa lancée, accumulant les records pour une quatrième journée d’affilée. La hausse des prix des produits de base a permis une augmentation dans les titres énergétiques et miniers générant ainsi plusieurs gains. Toutefois, le TSX n’a pas réussi à conserver cette performance, clôturant en baisse jeudi, mettant fin à 5 jours de gains consécutifs. Le TSX a fléchi en début de séance vendredi, surtout en raison du secteur bancaire et des ressources qui tirent le marché vers le bas. Le dollar canadien s’est affaibli par rapport à son homologue américain mardi en réponse aux données montrant une contraction surprise de l’économie canadienne en août, ce qui réduit les perspectives d’une autre hausse des taux d’intérêt de la Banque du Canada cette année. Mercredi, le huard était toujours en baisse. Depuis septembre, la devise canadienne a perdu plus de 6,5 % de sa valeur. Vendredi, le huard a atteint son plus haut niveau depuis neuf jours par rapport à son homologue américain à la suite de l’annonce de données sur l’emploi qui ont été plus solides que prévu. Vendredi matin, le huard se négociait à 1,2735 $ face à son homologue américain, soit 78,52 cents américains, en hausse de 0,6 %.

Mise à jour économique au Canada

Le gouvernement libéral a dévoilé la semaine dernière sa mise à jour économique. Le ministre Bill Morneau a ainsi annoncé que l’économie canadienne se porte beaucoup mieux et que le déficit anticipé sera moins important que prévu. Lors de son dernier budget, Ottawa avait estimé que le déficit pour l’année 2017-2018 serait de 28,5 milliards, mais il sera plutôt de 19,9 milliards, permettant au gouvernement d’offrir quelques « cadeaux ». « Les revenus budgétaires prévus au budget de 2017 sont plus élevés sur la période de projection en raison de l’augmentation anticipée des revenus d’imposition des entreprises et des particuliers, ainsi que des droits et des taxes d’accise, peut-on lire dans le document rendu public mardi. Cette amélioration illustre l’amélioration générale de l’avenir économique. Non seulement notre plan fonctionne, mais il fonctionne encore mieux que prévu » a déclaré le ministre Bill Morneau. Ainsi, le gouvernement a annoncé qu’à partir de 2019, il bonifiera de 500 millions par année la prestation fiscale pour le revenu de travail, un montant versé aux salariés ayant un faible revenu afin de les motiver à demeurer sur le marché du travail. Ottawa a également déclaré que l’allocation canadienne pour les enfants (ACE) sera indexée au taux d’inflation à partir de 2018 au lieu de 2020 comme il l’avait précédemment indiqué. Pour un ménage qui gagne aux alentours de 35 000 $, les allocations augmenteront de 560 $ par année à partir de 2018-2019. Bref, cette mise à jour économique positive laisse au gouvernement environ 46,6 milliards de dollars de plus à dépenser sur cinq ans que ce qui était prévu dans le budget de 2017. Ainsi, il tente par tous les moyens d’atténuer la crise qui l’entoure depuis l’annonce de mesures fiscales qui avaient été mal accueillies.

Shopify

Le titre de Shopify a chuté mardi malgré des revenus trimestriels à la hausse. Pour un dixième trimestre consécutif, les bénéfices de Shopify ont dépassé les attentes, les revenus ayant augmenté de 72 % comparativement à la même période l’an dernier. La société basée à Ottawa a publié son premier bénéfice d’exploitation ajusté en tant que société publique au trimestre qui s’est terminé le 30 septembre soit un trimestre plus tôt que prévu. Malgré ses bons résultats, le titre de la compagnie a chuté de 10,6 %, terminant finalement la journée en baisse de 8 %. «Alors qu’ils ont battu tous les records à chaque trimestre depuis qu’ils sont devenus publics, tous attendent qu’ils démontrent comment cette croissance des revenus se concrétise», a déclaré Nikhil Thadani, analyste chez Mackie Research Capital Corporation. La compagnie n’a toujours pas offert de réponse claire aux allégations d’un vendeur à découvert (voir notre blogue à ce sujet). Shopify n’a pas offert dans sa riposte un modèle d’affaires assez fort pour convaincre les investisseurs de sa robustesse. De plus, la compagnie n’a toujours pas fourni les chiffres concernant le nombre d’utilisateurs qui quittent la plateforme tous les trimestres. « Pour ceux qui évaluent l’entreprise en fonction de son exécution fondamentale, Shopify va bien, mais son titre pourrait connaître 90 à 100 jours turbulents en bourse jusqu’à ce la société dévoile ses objectifs pour 2018 », explique Richard Davis, de Canaccord Genuity. Le titre de Shopify est le plus performant à la bourse canadienne, mais plusieurs investisseurs estiment que le prix du titre est surévalué.

Facebook

Le géant des médias sociaux a auditionné cette semaine, en compagnie de Google et Twitter, devant les parlementaires américains qui enquêtent sur une ingérence russe dans la campagne présidentielle. Malgré cela, Facebook continue d’accumuler des milliards de bénéfices chaque trimestre. Encore une fois, la compagnie a rapporté des bénéfices en hausse de 79 %, à 4,7 milliards, au troisième trimestre, franchissant pour la première fois la barre des 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires, à 10,3 milliards (+47 % par rapport au troisième trimestre 2016). Facebook a encore une fois dépassé les attentes des investisseurs et ses recettes publicitaires sont également en hausse de 49 %. La compagnie a annoncé mercredi qu’elle continuerait sa lutte contre la désinformation, ce qui devrait diminuer sa rentabilité, considérant l’argent que Facebook aura à investir. « Notre communauté continue de croître (…) Mais cela n’a aucune importance si nos services sont utilisés de façon à éloigner les gens les uns des autres », a affirmé lors d’une conférence téléphonique Mark Zuckerberg. « J’ai demandé à nos équipes d’investir tellement dans la sécurité, en plus de tous nos autres investissements, que cela va affecter de façon importante notre rentabilité à venir », a poursuivi le cofondateur du réseau social. La compagnie estime qu’elle devra investir entre 45 % et 60 % de plus cette année alors qu’elle compte embaucher plus de 10 000 personnes pour mieux repérer les contenus douteux. Les responsables ont annoncé que cette croissance dans les dépenses allait gruger les profits, ce qui a fait perdre quelques plumes à l’action jeudi, le titre s’échangeant à 179,25 $, en perte de 1,87 % à la clôture de la Bourse. L’action de Facebook est en hausse de 60 % depuis le début de l’année.

La Baie

Après Sears, voilà que l’avenir de La Baie pourrait être menacé. La plus vieille chaîne de magasins du Canada a accumulé plusieurs pertes au cours des derniers trimestres. Au deuxième trimestre, la Baie a dévoilé des pertes de 928 millions, soit un sixième trimestre négatif d’affilée. Il y a quelques jours, le président, Gerald Storch, a annoncé qu’il quitterait ses fonctions le 1er novembre. Ce départ survient à un bien mauvais moment alors que la saison des fêtes bat son plein. Dans les six derniers mois, quatre membres de la haute direction ont quitté le navire. La Baie avait annoncé en juin dernier un plan de restructuration avec notamment la suppression de 2000 emplois. La compagnie espérait, avec ce plan, faire des économies annuelles de 350 millions avant la fin de l’exercice 2018 (dont 180 millions cette année). C’est le parc immobilier de La Baie, évalué à 5,8 milliards qui demeure son plus grand atout financier, selon Canaccord Genuity. La semaine dernière, la compagnie a annoncé la vente de son édifice Lord & Taylor Fifth Avenue à New York pour 1 075 milliards de dollars. Cette vente devrait rapporter un total de 1,6 milliard de dollars canadiens (1,3 milliard de dollars américains) à HBC, lui permettant notamment de réduire son endettement. Comme plusieurs autres grandes chaînes, La Baie a de la difficulté à s’ajuster au commerce en ligne face aux géants tels qu’Amazon. L’investisseur américain Land & Buildings Investment Management continue de mettre de la pression sur la direction de HBC, lui demandant entre autres de monétiser davantage la valeur de ses actifs immobiliers, qu’elle évalue à environ 35 $ par action. « Nous évaluons un certain nombre de propositions sur lesquelles nous croyons que la voix des actionnaires devrait être entendue – y compris le retrait des administrateurs du Conseil – et annoncerons la liste complète des propositions et les prochaines étapes sous peu », a déclaré Jonathan Litt, fondateur et chef des placements de Land & Buildings Investment Management, LLC. La Baie a beaucoup misé sur le marché européen au courant des dernières années alors qu’environ 30 % de ses activités se déroulent en Europe. Au cours des douze derniers mois, la valeur des actions de la société a chuté de plus de 30 %. Mercredi, la compagnie a déclaré avoir reçu une offre d’achat provenant de Signa Holding, propriétaire de son principal concurrent en Allemagne, pour ses grands magasins Kaufhof ainsi que d’autres actifs immobiliers. La négociation des actions de la Compagnie de la Baie d’Hudson a été temporairement suspendue à la Bourse de Toronto.

Bonne lecture!

Pratte Gestion de portefeuille est une firme inscrit auprès de l’autorité des marchés financiers (AMF) ainsi que la commission de valeur mobilière de l’Ontario (CVMO).

Destiné à fournir des renseignements particuliers aux clients, le présent bulletin est le fruit du seul travail de l’auteur. Les opinions (y compris les recommandations, s’il y a lieu) exprimées dans le présent bulletin sont celles de l’auteur seulement et ne représentent pas nécessairement celles de Pratte Gestion de portefeuilles.

Les renseignements que contient le présent bulletin proviennent de sources considérées comme fiables, mais leur exactitude et leur exhaustivité ne peuvent être garanties et, en les fournissant, l’auteur et Pratte Gestion de portefeuilles n’assument aucune responsabilité. Ces renseignements étaient à jour à la date indiquée dans le présent bulletin, et ni l’auteur, ni Pratte Gestion de portefeuilles n’assument quelque obligation que ce soit en vue de les mettre à jour ou de signaler tout fait nouveau en ce qui a trait à ces renseignements. Le présent bulletin est destiné à la diffusion dans les territoires où l’auteur et Pratte gestion de portefeuilles sont inscrits en vue de pratiquer le commerce des valeurs mobilières. Toute distribution ou diffusion du présent bulletin dans un autre territoire est interdite. L’auteur, Pratte Gestion de portefeuilles ses sociétés affiliées et leurs administrateurs, dirigeants et employés respectifs, de même que les entreprises auxquelles ils sont associés peuvent, de temps à autre, détenir des titres dont il est fait mention dans le présent bulletin.

Blogue

Vous voulez devenir client?

CONTACTEZ-NOUS