Blogue

16 juin 2017

Sears en difficulté et le Nasdaq en chute libre

Par PRATTE

16juin17 FR

Cette semaine, Sears a annoncé que son avenir était en péril alors que depuis quelques années la compagnie tente par tous les moyens de se sortir des difficultés financières qui l’affligent. Puis, le Nasdaq a connu une semaine difficile alors que plusieurs titres de l’indice étaient en baisse. Ensuite, la défaite de Theresa May pourrait venir déjouer ses plans pour un Brexit « dur » alors que la Réserve Fédérale américaine (Fed) a relevé d’un quart de point de pourcentage son taux directeur. Voici nos 5 meilleures lectures de la semaine.

Sears en difficulté

Sears a lancé un cri à l’aide cette semaine alors que l’entreprise qui connaît des difficultés financières serait au bord de la faillite. Le détaillant a annoncé par voie de communiqué que malgré ses récentes tentatives pour se sortir du gouffre, la société est uniquement en mesure d’emprunter 109 millions des 175 millions de dollars pour soutenir ses opérations. « La société demeure aux prises avec un contexte très difficile, des pertes d’exploitation récurrentes et des flux de trésorerie liés aux activités d’exploitation négative au cours des cinq derniers exercices, et elle affiche des pertes nettes depuis 2014 », souligne Sears Canada dans le communiqué qui dévoile ses résultats du premier trimestre. L’entreprise a également annoncé avoir engagé BMO Marchés des capitaux et le cabinet-conseil Osler, Hoskin & Harcourt LLP pour l’aider à trouver des solutions à ses problèmes de liquidités. « Une restructuration financière ou la vente de l’entreprise pourraient faire partie de ces solutions de rechange », a précisé la direction de Sears Canada. Suite à l’annonce, le titre de Sears Canada a chuté de 28 %. La compagnie avait réussi à trouver quelques solutions à ses déboires financiers, dont l’ouverture de The Cut @ Sears, une branche offrant des articles et des vêtements de marque à prix réduit. Malgré ces nouvelles stratégies, la compagnie a enregistré au premier trimestre une perte nette de 144,4 millions ou 1,42 $ par action, comparativement à une perte de 63,6 millions ou 62 cents par action l’an dernier. Ses revenus ont aussi chuté de 15 % pour s’établir à 505,5 M$. Sears Canada, basé à Toronto, opère séparément de son homologue américain, mais est toujours contrôlé par le même gestionnaire de fonds spéculatifs, Edward Lampert, qui est président et chef de la direction de la chaîne américaine. Sears Canada envisage une éventuelle vente ou une restructuration de ses opérations.

Nasdaq

Le Nasdaq a vécu un début de semaine difficile terminant en baisse vendredi de la semaine dernière. Le Nasdaq, composé principalement d’indice technologique, avait connu trois journées consécutives de records et de hausse significative la semaine dernière. Cette semaine, la vente de liquidation des titres technologiques a frappé violemment le Nasdaq. Le secteur de la technologie a explosé de 16,7 % depuis le début de l’année, une surperformance comparativement à d’autres secteurs donnant ainsi une chance aux investisseurs d’accumuler plusieurs gains. L’indice Nasdaq a lui aussi connu une hausse de 13,7 % depuis le début de l’année tandis que le S&P 500 à quant à lui enregistré des gains de 8,2 %. « Les énormes gains dans le secteur technologique ont été impressionnants, mais ils ont atteint un point où les gens veulent se mettre de l’argent dans les poches et préserver les bénéfices », a déclaré Andre Bakhos, directeur général de la capitale Janlyn à Benardsville (NJ). Les titres des grands joueurs de l’industrie technologique tels que Facebook, Alphabet, Apple et Netflix avaient tous chuté d’environ 1 % jeudi. Alors que le secteur de la technologie a chuté de 4 % au courant de la semaine passée, le S&P 500 a seulement diminué d’environ 0,2 %. On suppose donc que les investisseurs ont probablement encaissé leurs bénéfices technologiques en faveur d’autres secteurs « On sent définitivement qu’une espèce de rotation s’est activée pendant quelques jours suivants l’affaiblissement du secteur de la technologie », a déclaré Edward Perkin, responsable principal des investissements en capital chez Eaton Vance. La liquidation des titres du secteur technologique (sell-off), qui a effacé 250 milliards de dollars de la valeur des parts technologiques, menace de mettre fin à la plus grande tendance à la hausse depuis plus de deux décennies. De plus en plus d’analystes ont décidé de délaisser ce secteur, qui faisait bonne figure il y a seulement quelques jours, alors que plusieurs des titres se sont fait attribuer la cote de « vente ».

Marché en bref

Le dollar canadien a connu un excellent début de semaine alors que des commentaires du gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, ont laissé transparaitre une éventuelle hausse des taux d’intérêt plus tôt que prévu. Le huard a réussi à se solidifier face au dollar américain et a même atteint sa plus grande hausse en deux mois. Mardi, le dollar canadien s’échangeait à 75,60 cents, soit une hausse 0,7 %. Malgré la baisse du baril de pétrole, le huard a néanmoins maintenu ses gains. La première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Wilkins, a déclaré lundi que la croissance du premier trimestre dans le pays nord-américain avait été « assez impressionnante » et que la croissance économique de l’expansion élargie permettrait à la banque centrale de déterminer si les taux faibles actuels seraient encore obligatoires. « Au fur et à mesure que la croissance se poursuit et, idéalement, continue de progresser, le Conseil des gouverneurs évaluera si l’ensemble des mesures considérables de stimulation de la politique monétaire sont actuellement nécessaires », a-t-elle déclaré. La prochaine décision de la Banque du Canada à ce sujet est prévue pour le 12 juillet. Le pétrole a lui aussi connu une semaine difficile alors que les stocks de pétrole continuent d’augmenter et plusieurs pays producteurs à l’extérieur de l’OPEP poursuivent leurs productions à la hausse. Le marché du pétrole nécessite une demande accrue de l’or noir pour compenser pour l’offre qui ne cesse de s’accroître. Les cours de pétrole ont atteint leur niveau le plus bas en 6 mois mercredi à la fermeture des marchés. « Après cette forte chute, le marché cherche un peu de stabilité pour déterminer si ce repli est exagéré ou si les cours vont continuer à glisser », a avancé Phil Flynn de Price Futures Group. « Mais si les prix descendent trop bas sous la pression d’une offre abondante et d’une demande à la peine, les producteurs de pétrole de schiste ne parviendront plus à être rentables », a-t-il remarqué.

Les élections désastreuses de Theresa May

Theresa May rêvait d’une large victoire en déclenchant des élections pour renforcer sa majorité alors que c’est le contraire qui s’est produit. Le parti conservateur de Theresa May a perdu sa majorité absolue au parlement la semaine dernière perdant une douzaine de sièges alors que son rival, le parti travailliste de Jeremy Corbyn, en a gagné une trentaine. Theresa May espérait avec ses élections obtenir une majorité au parlement pour ainsi mettre en place son plan de Brexit « dur » le 19 juin prochain. Son gouvernement devra ainsi envisager la formation d’une coalition avec un autre parti ou se résoudre à former un gouvernement minoritaire. À la tête d’un gouvernement minoritaire, Mme May repose désormais sur le petit parti unioniste nord-irlandais DUP et ses 10 sièges pour accéder la majorité absolue. « Ce gouvernement guidera notre pays dans les discussions cruciales sur le Brexit qui commenceront dans dix jours et répondra au souhait des Britanniques en menant à bien la sortie de l’Union européenne », a-t-elle assuré. Son opposant, Jeremy Corbyn, a réclamé sa démission et il a appelé à « un Brexit qui protège les emplois », assurant que le processus de sortie de l’Union européenne « devait se poursuivre » et que son parti était « prêt à mener les négociations au nom du pays ». Les résultats vont forcer Theresa May à devenir plus conciliante face aux négociations sur le Brexit alors que son parti se voit désormais affaibli. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé à « faire le maximum pour éviter » une absence d’accord, alors que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a lancé un avertissement face à tout « retard supplémentaire » dans les négociations, affirmant que la Commission était prête. Cette semaine, la livre sterling se remettait tranquillement de sa baisse de près de 3 % depuis les résultats des élections jeudi dernier.

La Fed

Le comité de la Fed se réunissait cette semaine pour discuter économie. Mercredi, l’agence fédérale a relevé d’un quart de point de pourcentage son taux directeur qui évoluera entre 1 % et 1,25 %, la troisième fois depuis décembre. La Banque centrale a également confirmé qu’une troisième hausse des taux d’intérêt aurait probablement lieu au courant de l’année. La Fed confirme dans son communiqué que la création d’emploi a été « solide » depuis le début de l’année, alors que le taux de chômage a chuté, atteignant son échelon le plus bas en 16 ans. « L’activité économique a progressé modérément jusque-là cette année », résume la Fed. L’économie américaine continue d’émettre des signaux de faiblesse alors que les prix à la consommation (CPI) ont reculé en mai, pour la 2e fois en trois mois, à -0,1 %, dû entre autres à la chute des prix de l’essence. Sur un an, l’indice CPI, à 1,9 %, est repassé sous l’objectif des 2 % que la Fed juge sain pour l’économie. De plus, les ventes au détail, principal indice de la consommation américaine, ont reculé de 0,3 % alors que les analystes s’attendaient à une légère progression.

Bonne lecture!

 

 

Pratte Gestion de portefeuille est une firme inscrit auprès de l’autorité des marchés financiers (AMF) ainsi que la commission de valeur mobilière de l’Ontario (CVMO).

Destiné à fournir des renseignements particuliers aux clients, le présent bulletin est le fruit du seul travail de l’auteur. Les opinions (y compris les recommandations, s’il y a lieu) exprimées dans le présent bulletin sont celles de l’auteur seulement et ne représentent pas nécessairement celles de Pratte Gestion de portefeuilles.

Les renseignements que contient le présent bulletin proviennent de sources considérées comme fiables, mais leur exactitude et leur exhaustivité ne peuvent être garanties et, en les fournissant, l’auteur et Pratte Gestion de portefeuilles n’assument aucune responsabilité. Ces renseignements étaient à jour à la date indiquée dans le présent bulletin, et ni l’auteur, ni Pratte Gestion de portefeuilles n’assument quelque obligation que ce soit en vue de les mettre à jour ou de signaler tout fait nouveau en ce qui a trait à ces renseignements. Le présent bulletin est destiné à la diffusion dans les territoires où l’auteur et Pratte gestion de portefeuilles sont inscrits en vue de pratiquer le commerce des valeurs mobilières. Toute distribution ou diffusion du présent bulletin dans un autre territoire est interdite. L’auteur, Pratte Gestion de portefeuilles ses sociétés affiliées et leurs administrateurs, dirigeants et employés respectifs, de même que les entreprises auxquelles ils sont associés peuvent, de temps à autre, détenir des titres dont il est fait mention dans le présent bulletin.

Blogue

Vous voulez devenir client?

CONTACTEZ-NOUS