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7 avril 2017

Tesla surpasse Ford et les États-Unis attaquent la Syrie

Par PRATTE

Blogue 7avr FR

Les marchés vivent des moments difficiles alors que les investisseurs craignent que la réforme fiscale annoncée par Donald Trump prenne plus de temps que prévu. De plus, les attaques perpétrées par les États-Unis sur la Syrie ce jeudi ont également inquiété les investisseurs. Le marché automobile américain commence à s’essouffler tandis que Tesla est devenu cette semaine le deuxième plus grand constructeur automobile américain en matière de capitalisation. Le titre de Valeant a connu une semaine difficile, chutant à la bourse alors que Payless a dû se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux États-Unis. Finalement, l’invasion immobilière chinoise a atteint Montréal et la ville pourrait connaître le même sort que Toronto et Vancouver. Voici nos cinq meilleures lectures de la semaine.

Le marché automobile américain

Les actions de trois grandes compagnies automobiles américaines ont baissé lundi après que les rapports de ventes du mois de mars aient démontré une diminution des ventes de voitures. Les chiffres de ventes pour les grands constructeurs américains sont en dessous des attentes du marché et plusieurs s’inquiètent de la capacité de l’industrie à maintenir sa croissance. C’est environ 1,56 million de véhicules qui ont été écoulés aux États-Unis en mars, soit une baisse de 1,6 % sur un an. GM a réussi à vendre 256 224 véhicules le mois dernier, pour une hausse de 1,6 % sur un an, cependant inférieure aux 9,6 % attendus. De son côté, Ford a vécu un mois difficile en enregistrant un recul de 7,2 % qui serait, selon le constructeur américain, attribuable à la diminution des ventes de petites voitures. On parle d’une baisse de 24,2 % en un an. Puis, FCA US (ex-Chrysler) a lui aussi enregistré des pertes de 5 %, alors qu’il se voit incapable de vendre de son VUS (4X4 de loisirs) Jeep. L’industrie de l’automobile en préoccupe plusieurs pour diverses raisons telles que le fait que les stocks sont en hausse depuis les 10 dernières années, les promotions qui sont importantes, la durée du crédit auto qui s’est prolongée et les taux d’intérêt qui remontent. Par ailleurs, la banque Morgan Stanley a prévenu que les prix des véhicules d’occasion, qui ont déjà chuté, pourraient dégringoler encore plus bas soit de 25 à 50 % dans les 5 prochaines années. Malgré ces chiffres décevants, Tesla a réussi à tirer son épingle du jeu en devenant le deuxième plus grand constructeur automobile américain sur le plan de la capitalisation. La compagnie américaine est désormais évaluée à 47,35 milliards de dollars en Bourse, alors que Ford est estimé à 45,03 milliards. Les investisseurs pensent que le PDG, Elon Musk, sera en mesure d’atteindre ses objectifs de croissance avant même que sa berline modèle 3, plus abordable, n’atteigne le marché. Lundi, le plus petit et le plus jeune constructeur automobile des États-Unis a vu son action grimpée jusqu’à 5,7 %, une journée après avoir rapporté 25 000 livraisons au premier trimestre, dépassant les estimations des analystes. Tesla a rapporté avoir vendu environ 40 697 véhicules aux États-Unis l’an dernier. Une compagnie à surveiller alors que sa nouvelle berline à 35 000 $ sera mise en vente au courant de l’année.

Attaques sur la Syrie

En riposte en une attaque chimique perpétrée en Syrie, les Américains ont lancé 59 missiles contre une base aérienne. « Ce soir, j’ai ordonné une frappe militaire ciblée sur une base aérienne en Syrie d’où a été menée l’attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoun », a affirmé Donald Trump dans un discours à la nation. « J’appelle toutes les nations civilisées à chercher à mettre fin au massacre et au carnage en Syrie ». À la suite de ces attaques, le baril du pétrole a augmenté de 57 cents. « Il faut reconnaître que la Syrie n’est pas un producteur clef, mais ses alliés, la Russie et l’Iran le sont. Les prix réagiront plus en fonction de leurs réactions que d’autre chose », ont prévenu les analystes de Commerzbank. À l’ouverture, le pétrole avait perdu presque tous ses gains antérieurs. En ce moment, les marchés s’inquiètent des perturbations futures sur la production à la suite de ces attaques. Le Canada et plusieurs autres « alliés » des États-Unis ont annoncé leur appui aux frappes. « Le Canada appuie pleinement l’intervention limitée et ciblée que les États-Unis ont menée pour affaiblir la capacité du régime Assad de perpétrer des attaques aux armes chimiques contre des civils innocents, dont de nombreux enfants. Le recours aux armes chimiques par le président Assad et les crimes que le régime syrien a commis contre sa propre population ne peuvent pas passer sous silence. Nous ne pouvons pas permettre que ces horribles attaques puissent continuer de se produire en toute impunité », a affirmé M. Trudeau. La Russie, principale alliée du régime syrien, a condamné cette attaque comme une « agression contre un État souverain ». À l’ouverture des marchés vendredi matin, les principaux indices ne semblaient pas être affectés par les frappes sur la Syrie. « Les opérateurs de marché voient ce lancement de missile comme un incident isolé sans impact significatif sur l’économie », a relativisé Patrick O’Hare de Briefing dans une note. Les stocks ont plutôt plongé vendredi après que le rapport sur l’emploi aux États-Unis ait déclaré que le taux de chômage était tombé en mars à son niveau d’avant la crise financière, soit le plus bas en 10 ans, alors que les créations d’emplois ont nettement diminué, désorientant les investisseurs déjà nerveux après les attaques de missiles américains en Syrie.

Valeant dans le rouge.

Le géant pharmaceutique canadien a de nouveau connu une descente vertigineuse, son action subissant une chute de 6,4 %, pour atteindre 9,52 $. Valeant est maintenant retombé à sa valeur de 2009, bien au-dessous de son sommet de 262,52 $ par action en août 2015. The Australian Business Review a indiqué que la société a du mal à vendre une unité de distribution pharmaceutique au prix anticipé. Le rapport mentionne également la difficulté que rencontre Valeant pour céder certaines de ses entreprises. La société a annoncé deux offres d’une valeur de 2,1 milliards de dollars combinées en une journée en janvier dernier, une première étape importante dans ses efforts pour augmenter ses liquidités, toutefois, ceci ne serait pas suffisant pour lui permettre une réduction de sa charge d’emprunt de 30 milliards de dollars. Le chef de la direction, Joe Papa, a déclaré l’année dernière que la société pourrait vendre environ 8 milliards de dollars en actifs non essentiels. « Une autre déception alors qu’on avait promis que ceci allait générer une vente d’actifs de 8 milliards de dollars qui jusqu’ici n’a été que d’environ 2 milliards de dollars », a déclaré David Maris, analyste chez Wells Fargo & Co., dans une note aux clients, qui attribue au titre une classification de vente. Il a également souligné qu’à 10 $, le titre de Valeant se retrouve à un « point de prix psychologiquement critique ». La pharmaceutique a connu plusieurs déboires dans les derniers mois alors que le gouvernement américain a mené plusieurs enquêtes sur sa stratégie de tarification et l’utilisation d’une pharmacie de vente par correspondance pour vendre des médicaments. La société n’a pas été en mesure de trouver des réponses satisfaisantes afin d’expliquer les questions croissantes concernant ses chiffres financiers. Puis, le mois dernier, le fonds d’investissement Pershing Square, fonds spéculatif de l’investisseur activiste américain Bill Ackman, a cédé l’intégralité de sa participation dans le groupe, s’ajoutant aux lots de mauvaises nouvelles pour la compagnie. Un titre qui continue de dégringoler de semaine en semaine.

Payless en difficulté

La chaîne de magasins de souliers s’est placée sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux États-Unis. Le magasin subit, comme plusieurs autres, la cruelle concurrence des détaillants en ligne comme Amazon. L’entreprise, qui compte plus de 4400 magasins dans 30 pays, incluant 100 magasins au Canada, a annoncé mardi qu’elle se voyait dans l’obligation de fermer 400 magasins. L’entreprise a également annoncé vouloir réduire sa dette de 50 % tout en réduisant ses paiements d’intérêt. Payless assure que certains de ses créanciers ont autorisé un avancement de 385 millions afin que ses magasins continuent d’opérer et qu’un financement de prêt à terme de 80 millions de dollars lui permettrait d’émerger du chapitre 11 « bien positionné pour la croissance et la rentabilité futures après la restructuration  ». « C’est une décision difficile, mais nécessaire, résolue par les défis persistants de l’environnement de vente au détail, qui ne font que s’intensifier », a déclaré Paul Jones, PDG de Payless dans un communiqué. Le comportement des consommateurs a énormément changé au courant des dernières années, alors qu’ils se tournent de plus en plus vers l’achat en ligne, vers des détaillants comme T.J. Maxx. Ce changement d’habitudes de consommation a grandement affecté les commerçants traditionnels, et ce, même pour les magasins à bas prix comme Payless. Suivant la fermeture des magasins, Payless a déclaré qu’il « gérerait de manière agressive » son portefeuille de crédit-bail immobilier subsistant, tout en cherchant à investir dans des zones de croissance et de se développer sur des marchés internationaux tels que l’Amérique latine.

L’invasion chinoise atteint Montréal

Les marchés immobiliers de Toronto et Vancouver ont largement souffert des invasions immobilières chinoises des derniers mois. Pour contrer l’achat immobilier, Vancouver a décidé de mettre en place une taxe de 15 % pour les achats immobiliers d’investisseurs étrangers. On se rappelle que les investisseurs de l’empire du Milieu ont fait des ravages dans les deux grandes villes canadiennes où le prix des maisons a explosé dans les derniers mois. À Toronto, le prix des maisons a bondi de 33,2 %, passant de 688 011 $ en mars 2016 à 916 567 $ le mois dernier. Depuis l’instauration de la taxe à Vancouver, les investisseurs chinois se sont tournés vers le marché immobilier montréalais. Depuis le 1er janvier, ils ne se limitent plus seulement au marché immobilier du Mont-Royal, mais ont également commencé à investir dans une demi-douzaine de villes de l’île de Montréal. Les villes de Westmount, de Hampstead, de Kirkland et de Dollard-des-Ormeaux se retrouvent maintenant dans la mire des investisseurs. Ils reluquent le marché des maisons de luxe de 850 000 $ et plus, où ils détiendraient, d’après les estimations de La Presse, 17 % de parts de marché – soit 32 achats sur 189 transactions. La quantité de transactions dans cette part de marché a augmenté de 29 % du 1er janvier au 4 avril 2017, proportionnellement à la même période en 2016. Les investissements immobiliers faits par les investisseurs étrangers ont atteint 78 % en un an. Les chiffres du site immobilier chinois, Juwai, sont également révélateurs. En effet, depuis l’instauration de la taxe à Vancouver, les recherches pour des propriétés dans cette ville ont chuté de 81 % en juillet par rapport au même mois un an plus tôt, et 78 % en août, et ont continué à diminuer au cours des mois restants en 2016, tandis que les recherches pour des propriétés à Montréal ont bondi de 152 % en septembre. Les investisseurs chinois cherchent à investir au Canada pour trois raisons majeures : pour se procurer une deuxième résidence, pour trouver une propriété pour des étudiants cherchant à faire leurs études au Canada et finalement, pour un investissement. « Si Toronto impose à son tour une taxe, le marché de Montréal va exploser », prédit William Gong, courtier chez Engel & Völkers, spécialisé auprès de la clientèle asiatique.

Bonne lecture!

 

 

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