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28 avril 2017

L’industrie du bois d’œuvre canadien sous la loupe américaine et le premier tour en France

Par PRATTE

28 avril FR

Cette semaine, le bois d’œuvre canadien a subi les foudres du président américain et ce dernier a annoncé vouloir imposer un droit compensatoire de 20 %. Attendu par plusieurs investisseurs, l’administration Trump a finalement présenté son plan de réforme fiscale. Dimanche dernier, les résultats du premier tour de la Présidentielle en France ont fait réagir les marchés alors qu’un des gagnants s’est révélé un des favoris des investisseurs. De leur côté, les marchés continuent d’accumuler les gains en réponse aux bons résultats du premier trimestre de plusieurs compagnies alors que Twitter, malgré des résultats décevants, a tout de même annoncé une croissance dans son nombre d’abonnés faisant bondir son titre. Voici nos cinq meilleures lectures de la semaine.

Le bois d’œuvre

On se rappelle que le président américain a récemment attaqué l’industrie du lait canadien. Cette semaine, c’est au tour du bois d’œuvre d’être relégué au banc des accusés. Le conflit sur le bois d’œuvre perdure depuis plusieurs années déjà, alors que les États-Unis sont le plus gros acheteur de bois d’œuvre canadien. Ce bois, utilisé dans la construction de la charpente de maisons et dans la fabrication de produits destinés à la construction ou à la rénovation résidentielle, fait partie de l’ALENA (l’Accord de libre-échange nord-américain). Ainsi, depuis 35 ans, les États-Unis accusent le Canada de subventionner ses producteurs de bois d’œuvre. Ces derniers jours, le président américain a annoncé que son pays imposerait un droit compensatoire de près de 20 % et s’est montré plus collaboratif face à l’ALENA déclarant qu’il n’y mettrait pas fin. « Les deux conversations étaient agréables et productives. Le président Trump a convenu de ne pas mettre fin à l’ALENA en ce moment et les dirigeants ont convenu de procéder rapidement, selon leurs procédures internes requises, pour permettre la renégociation de l’accord ALENA au bénéfice des trois pays », a déclaré la Maison-Blanche dans un communiqué. « J’ai reçu des appels téléphoniques du président du Mexique et du premier ministre du Canada demandant de renégocier l’ALENA plutôt que d’y mettre un terme. J’ai accepté, sous réserve que si nous ne parvenons pas à un accord équitable pour tous, nous mettrions en conséquence un terme à l’ALENA », a tweeté M. Trump jeudi matin. Le peso mexicain ainsi que le dollar canadien ont bondi à la suite de l’annonce de la Maison-Blanche. Comme nous l’avons mentionné auparavant, le président avait fait campagne avec la promesse de sortir les États-Unis de l’accord de libre-échange le qualifiant d’un « désastre » pour les États-Unis.

Premier tour en France

Les élections françaises seront un grand test pour la stabilité de l’Union européenne. Les quatre candidats en lice menaient une chaude lutte dans les derniers sondages dimanche dernier. Finalement, ce sont Marine LePen et Emmanuel Macron qui ont remporté le premier tour de la Présidentielle. Le jeune candidat pro-européen, Emmanuel Macron, a obtenu 23,75 % des suffrages. Ce dernier, favori dans la course, est ex-banquier et ex-ministre des Finances et proche du président François Hollande. Pour sa part, la dirigeante du Front National, Marine LePen, reconnue pour ses propos antimondialiste et anti-immigration, a reçu 21,53 % des voix. Les marchés se sont réjouis du résultat du premier tour alors que les investisseurs favorisent le candidat centriste Emmanuel Macron. Les bourses européennes ont également salué la performance du candidat vainqueur et la bourse de Paris a gagné 4,5 % après avoir atteint 5 292,10 points, atteignant son plus haut niveau depuis janvier 2008. L’euro a affiché sa meilleure hausse quotidienne par rapport au dollar depuis juin dernier, grimpant de 1,19 % à 10 854 $ peu de temps après la fermeture des marchés européens lundi. « Le soulagement est à la mesure de l’inquiétude que représentait pour les marchés l’hypothèse d’un second tour entre deux candidats anti-euro, avec par ailleurs des programmes de dépenses publiques très importantes dont on ne savait pas comment ils seraient financés » a commenté Daniel Larrouturou, directeur général délégué de la firme Diamant Bleu Gestion. Après le Brexit et l’élection de Trump, la France est elle aussi à surveiller alors que le prochain et dernier tour se tiendra le 7 mai.

Résumé de la Bourse

Après avoir atteint les 5000 points il y a déjà 17 ans, le Nasdaq a atteint un sommet record de 6000 points cette semaine. Ce dernier regroupe les indices boursiers de grande valeur technologique et ce cap symbolique démontre, entre autres, la bonne santé des compagnies américaines de technologies. Le Nasdaq devrait terminer la semaine en hausse, alors que l’indice continue d’accumuler les gains depuis les six derniers mois. Le dollar canadien a subi les foudres du président américain Donald Trump après l’annonce, en début de semaine, de l’imposition d’un droit compensatoire de près de 20 %. Le huard a chuté à son plus bas en 14 mois face aux dollars américains. Le dossier du bois d’œuvre s’est donc ajouté à celui sur le lait, s’additionnant ainsi à la liste des enjeux commerciaux entre les deux pays, ce qui n’aide pas à la cause de notre devise, sans oublier le pétrole qui est lui aussi venu alourdir les difficultés du dollar canadien. En effet, le prix du baril WTI est tombé sous les 49 $ US atteignant jeudi son plus bas niveau en un mois. L’annonce d’une diminution des découvertes de pétrole brut qui ont totalisé seulement 2,4 milliards de barils en 2016, contre la moyenne de 9 milliards de barils au cours des 15 dernières années, selon le nouveau rapport de l’AIE, a contribué à la chute du baril de pétrole. Les investisseurs sont toujours inquiets concernant l’abondance de la production, mais vendredi matin, le cours du pétrole reprenait un peu de vitalité. Le dévoilement des résultats de société de premier quart s’est poursuivi. Sur les 181 sociétés, faisant partie du S&P 500, à avoir publié leurs résultats jusqu’à présent, près de 77 % ont enregistré un bénéfice supérieur aux attentes des analystes. Dans un trimestre typique, environ 64 % des entreprises réussissent à dépasser les estimations des bénéfices, selon Thomson Reuters I/B/E/S. Malgré ces résultats positifs, Wall Street s’est montrée hésitante à son ouverture vendredi, alors que des chiffres sur la croissance américaine se sont révélés en baisse de 0,7 %, son chiffre le plus bas en trois ans, sans négliger les tensions géopolitiques, notamment le regain de tension entre les États-Unis et la Corée du Nord. « Depuis hier (jeudi) soir, on fait face à un bombardement d’actualités et le résultat, c’est un marché relativement inchangé », a résumé, dans une note, Patrick O’Hare de Briefing. « On va certainement entendre que cette attitude relativement morose est liée au mauvais chiffre sur le produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre », a-t-il avancé. « Mais il faut résister à cette idée. » Il affirme également que la bourse devrait terminer la semaine en bonne position et évoluer près de records.

Twitter

C’était au tour du réseau social bien connu, Twitter, de dévoiler ses résultats financiers. Son nombre d’abonnés a augmenté, avec une croissance supérieure aux attentes, faisant ainsi bondir son titre à la bourse de 10,78 % à 16,24 dollars. Depuis deux ans, le réseau social a de la difficulté à attirer de nouveaux utilisateurs attisant la crainte des investisseurs sur les perspectives de croissance de la compagnie. Twitter a annoncé cette semaine avoir attiré 9 millions d’utilisateurs mensuels au cours des trois premiers mois de 2017, atteignant 328 millions d’utilisateurs à la fin mars. Ce sont de bonnes nouvelles pour la compagnie alors qu’au dernier trimestre le réseau n’avait réussi qu’à attirer deux millions d’utilisateurs. « Nous sommes très heureux de pouvoir annoncer une accélération de la croissance de nos utilisateurs quotidiens pour un quatrième trimestre consécutif et de 14 % sur un an », a parallèlement souligné le patron-fondateur du groupe, Jack Dorsey, lors d’une conférence téléphonique avec les analystes. N’empêche que le réseau social n’arrive toujours pas à rejoindre ses compétiteurs, comme le géant des réseaux sociaux, Facebook, qui continue d’attirer de nouveaux utilisateurs à une vitesse plus rapide que Twitter. Ce dernier continue d’engranger des pertes de revenu, par contre, la perte nette a été réduite à 61,56 millions de dollars contre 79,73 millions il y a un an. Le bénéfice ajusté par action de 0,11 $ est supérieur aux attentes du marché qui étaient de 0,01 $. Twitter a encore de la difficulté à générer des profits avec ses publicités et n’arrive toujours pas à tirer profit des fréquentations au site. Dernièrement, Twitter a mis en place de nouvelles fonctionnalités ce qui lui a permis d’attirer de nouveaux utilisateurs. Par exemple, la diffusion en continu d’évènements sportifs est parvenue à capter 45 millions d’utilisateurs uniques avec plus de 800 heures de vidéos en direct dans plus de 450 évènements.

La réforme fiscale de Trump

Les 100 jours de la présidence de Donald Trump approchent et son administration a proposé une baisse d’impôt majeur pour les sociétés faisant passer le taux d’imposition de 35 % à 15 %. Le plan d’une page, dévoilé mercredi, intitulé « Réforme fiscale 2017 pour la croissance économique et les emplois aux États-Unis » propose d’importantes réductions d’impôt pour de nombreuses entreprises et ménages, mais ne fournit aucun détail sur la façon dont le tout serait rentabilisé sans augmenter le déficit. « C’est un plan extra », a affirmé Donald Trump à la Maison-Blanche mercredi, « cela va remettre les gens au travail ». En résumé, le plan propose trois axes. Le premier porte sur la baisse d’impôts pour les sociétés qui permettra aux entreprises américaines de payer l’impôt uniquement sur les bénéfices qu’elles dégagent aux États-Unis. Il est important de spécifier que cette puissance mondiale est l’un des seuls pays au monde où les entreprises sont imposables sur les bénéfices réalisés au niveau mondial. Le deuxième point propose une réduction de 7 à 3 du nombre de tranches d’impôt sur le revenu des particuliers, de 10 % à 35 %, contre 39,6 % au maximum actuellement en vigueur. Une autre bonne nouvelle pour les ménages alors que le plan annonce également que les particuliers qui disposent d’un revenu inférieur à 24 000 $ ne seront plus imposés. Troisièmement, le plan propose une diminution de presque toutes les possibilités de déductions fiscales espérant ainsi simplifier la déclaration fiscale pour les ménages. « Rendre l’impôt sur les sociétés plus compétitif, rapatrier des milliers de milliards de dollars afin de créer des emplois, simplifier l’impôt sur le revenu, réduire les impôts. Ces principes de base ne sont pas négociables », a déclaré Steven Mnuchin. L’administration Trump espère faire adopter la réforme le plus rapidement possible par le Congrès. Ce dernier, rappelons-le, même s’il est majoritairement républicain, n’est pas toujours en accord avec les réformes de Donald Trump et son équipe. Le plan ne mentionne aucune taxe ajustée aux frontières, une mesure qui, en théorie, pourrait conduire à une appréciation massive du dollar. Les marchés financiers attendaient depuis plusieurs semaines déjà cette réforme fiscale qu’avait promise le président. À la suite de la publication du plan, plusieurs investisseurs se sont montrés déçus de cette réforme qui ne fournit aucun détail précis. Plusieurs ont également mis en garde contre l’infaisabilité du plan dans sa forme actuelle. Les indices boursiers américains étaient sur une bonne lancée pendant les deux premières journées de la semaine pour finalement se terminer en baisse mercredi en réponse du dévoilement du plan. La perspective d’importantes réductions d’impôts a été un facteur majeur du rallye postélectoral depuis novembre.

Bonne lecture!

 

 

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