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13 mars 2017

Où investir son argent en 2017

Par PRATTE

 

Voici une copie de l’article paru dans le magazine L’actualité du mois de février.

26-aout-fr

Pour une cinquième année, L’actualité a demandé à quatre spécialistes de faire parler leur boule de cristal.

Peu d’analystes avaient capté sur leur écran radar deux événements qui ont secoué l’opinion publique en 2016 et dont l’onde de choc est encore difficilement mesurable : le Brexit et l’élection de Donald Trump. Malgré tout, les marchés boursiers ont tenu le coup, et la Bourse canadienne, après un dur début d’année, a connu une belle remontée, poussée par les matières premières et le rebond du cours du pétrole. Ainsi, au 1er décembre, l’indice phare de Toronto, le S&P/TSX, indiquait une hausse de 16 % par rapport à janvier 2016. L’année 2017 s’annonce-t-elle aussi rentable pour les investisseurs ?

Après huit ans de règne d’Obama, les États-Unis, moteur économique de la planète, enregistrent une croissance solide et un taux de chômage à faire l’envie du monde entier. Malgré l’incertitude concernant le nouveau locataire de la Maison-Blanche, les investisseurs font montre de grands espoirs de rendement. Les politiques du 45e président des États-Unis favoriseront la croissance, pense-t-on sur la planète économique, même si les risques de réactions à l’emporte-pièce de l’élu à la frange blonde pourraient provoquer des dérapages inutiles, surtout sur le plan géopolitique.

Pour une cinquième année de suite, L’actualité a fait appel à quatre spécialistes afin qu’ils jettent un éclairage sur la situation économique mondiale et qu’ils nous fassent part de leurs suggestions de placements. À chacun d’en tirer profit.

Comment se comportera l’économie en 2017 ?

L’optimisme se lit sur toutes les lèvres. « Un peu partout dans le monde, on annonce la fin des politiques d’austérité. Les gouvernements des économies avancées veulent stimuler l’économie. Je ne vois donc pas de récession poindre à l’horizon », résume Clément Gignac, d’iA Groupe financier. Même son de cloche de la part de Stéphane Rochon, de BMO Nesbitt Burns. « Le taux de croissance pourrait s’accélérer. Les perspectives sont bonnes, tant pour l’économie canadienne que l’économie américaine », dit-il.

Leurs analyses rejoignent celles de l’OCDE, qui prédit une augmentation du PIB mondial de 3,3 % en 2017 et de 3,6 % en 2018. « Aux États-Unis, Donald Trump hérite d’une économie qui tourne presque à plein régime », note Philippe Pratte, de Pratte Gestion de portefeuilles. L’OCDE prévoit que l’économie américaine connaîtra une croissance de 2,3 % en 2017 et de 3 % en 2018. « Les promesses de baisses d’impôts et d’investissements dans les infra­structures de Trump inspirent la confiance », soutient Dominique Vincent, de 3Macs.

Au Canada, Justin Trudeau peut espérer un accroissement de l’économie de 2,1 % en 2017 et de 2,3 % en 2018, selon l’OCDE. « La croissance mondiale devrait aider le Canada, qui dépend beaucoup de l’exportation de ses ressources naturelles », explique Dominique Vincent. Bien que la Chine ralentisse, l’Inde se renforce, reprenant le flambeau de la demande de matières premières canadiennes. L’OCDE parie sur une croissance de 6,4 % en 2017 et de 6,1 % en 2018 en Chine, et de 7,6 % en 2017 et de 7,7 % en 2018 pour l’Inde.

Même si l’économie prend du mieux, l’Europe continue de vivre dans le doute. « On ne connaît pas encore les termes du Brexit », souligne Clément Gignac. Des élections déterminantes se tiendront cette année en France et en Allemagne, les deux plus importantes économies de la zone euro. L’OCDE y prévoit une croissance faible de 1,6 % en 2017 et de 1,7 % en 2018.

Que faut-il prévoir pour les marchés nord-américains ?

Une ombre plane sur les marchés boursiers : celle de Donald Trump. Les investisseurs apprécient certaines politiques économiques du succes­seur de Barack Obama, mais tous craignent en même temps son caractère intempestif. « Va-t-il gérer les relations internationales à coups de Twitter ? » s’inquiète Clément Gignac. Ses harangues protectionnistes et anti-ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) font craindre le pire. Par contre, son discours de victoire, qui a surpris le monde entier par son ton raisonnable, a rassuré. « Il s’adoucit déjà. Il ne rêve plus d’emprisonner Hillary Clinton, et le mur entre les États-Unis et le Mexique devient une clôture », dit Stéphane Rochon.

S’il craint la volatilité des marchés, Clément Gignac demeure optimiste et voit une croissance des valeurs de 6 % à 8 % sur les marchés américains. « Les investisseurs doivent toutefois prendre en considération que nous ne sommes plus en 2013. Les valeurs ont beaucoup augmenté depuis. Le temps des aubaines est révolu », prévient-il. Nos trois autres experts prédisent tous une croissance semblable.

Pour la Bourse canadienne, plus volatile en raison de sa dépendance aux ressources naturelles, Dominique Vincent, Stéphane Rochon et Philippe Pratte prédisent une croissance des valeurs de plus de 10 %. « L’augmentation de la demande de matériaux et le prix du pétrole en hausse devraient permettre à la Bourse canadienne de surpasser celle des États-Unis », affirme Dominique Vincent. Seule dissidence : Clément Gignac, qui voit le marché canadien croître de 5 % à 7 % seulement. « L’indice torontois dépend aussi fortement de la performance des banques, mais le secteur financier canadien ne profitera pas de la déréglementation comme aux États-Unis », dit-il.

Et les taux d’intérêt?

Les quatre experts estiment que la Réserve fédérale américaine (Fed) continuera de relever ses taux d’intérêt en 2017, car l’économie américaine roule à fond de train. « L’équipe d’iA Groupe financier prédit deux ou trois hausses au cours de l’année », dit Clément Gignac. Puisqu’il est déjà attendu par les marchés, ce resserrement monétaire devrait être sans conséquence majeure. « Historiquement, les marchés répondent bien lorsque la Fed entame un cycle haussier. Ça veut dire que l’économie prend du mieux, que les entreprises sont plus rentables. Il s’agit donc d’une bonne nouvelle pour les investisseurs », résume Stéphane Rochon.

En revanche, nos quatre experts ne pensent pas que Stephen Poloz, le gouverneur de la Banque du Canada, imitera son homologue américain en 2017. « L’économie canadienne fait du surplace. Le nombre d’emplois à temps plein a chuté et le marché de l’immobilier est incertain », dit Clément Gignac. Un danger guette également le Canada : le surendettement des ménages. « La banque centrale ne peut tout simplement pas se permettre de hausser les taux, car ça pourrait amplifier le problème », estime Philippe Pratte.

Quels sont les secteurs susceptibles d’offrir des rendements raisonnables?

À l’unanimité, les experts s’attendent à un bon rendement du secteur bancaire américain en 2017. Donald Trump a promis de réformer le Dodd-Frank Act, une loi adoptée par l’administration Obama qui régit les marchés financiers. Cette réforme pourrait permettre de nouveau au secteur bancaire de prendre plus de risques. « Ce qui pourrait améliorer la rentabilité des banques », explique Philippe Pratte. Un jeu dangereux à long terme, quoique avantageux à court terme. La hausse des taux d’intérêt augmentera aussi la marge bénéficiaire des banques.

Sur le marché canadien, Stéphane Rochon mise sur un rebond du secteur énergétique. « Les compagnies pétrolières ont été durement éprouvées par la chute du prix de l’or noir, mais celui-ci pourrait rebondir », dit-il. Les sociétés minières et ferroviaires sont aussi dans ses bonnes grâces. « J’ai confiance en tout ce qui a trait à la réindustrialisation de l’Amérique du Nord », précise-t-il.

À la faveur du retour du protectionnisme, Clément Gignac privilégie les titres des entreprises aurifères, secteur défensif pour les marchés boursiers. « Quand il y a beaucoup de risques de volatilité, l’or présente une valeur refuge », soutient-il.

Comme ses confrères, Dominique Vincent favorise les métaux de base, qui seront dopés par la hausse des dépenses dans les infrastructures aux États-Unis. Quant à Philippe Pratte, il jette son dévolu sur les technos. « Les entreprises à grande capitalisation de ce secteur, comme Google, Facebook et Amazon, devraient continuer à croître, propulsées par l’appétit de la génération du millénaire (les 18-35 ans), plus technophile que jamais », dit-il. 

Quels sont les secteurs à éviter?

Le secteur des utilités publiques, comme les distributeurs d’énergie ou les télécoms, n’a pas la cote auprès des spécialistes. « La hausse des taux d’intérêt nuit à la rentabilité des entreprises de ce domaine », explique Stéphane Rochon. « Et leurs prix sont déjà élevés », renchérit Clément Gignac.

Comme l’an dernier, Philippe Pratte fuit comme la peste le secteur de la santé. « Depuis l’effondrement boursier de l’entreprise lavalloise Valeant, en 2015, rien de positif ne se profile à l’horizon. Aux États-Unis, les sociétés pharmaceutiques sont sous la loupe des administrations publiques après le gonflement excessif du prix de certains médicaments », dit-il.

Dominique Vincent met en garde les investisseurs contre les entreprises américaines manufacturières qui produisent beaucoup à l’étranger. « Donald Trump va-t-il sévir contre elles ? » s’interroge-t-elle. Les entreprises canadiennes qui exportent beaucoup aux États-Unis sont également plus à risque si Trump met à exécution ses politiques protectionnistes.

Et où sur la planète vaut-il mieux investir?

Trump ou pas Trump, l’Amérique du Nord obtient nettement la faveur des quatre experts. « Les perspectives de rendement sont si alléchantes que ça ne vaut pas la peine de regarder ailleurs », dit Stéphane Rochon.

Le rapatriement des profits des multinationales américaines pourrait doper le Dow Jones. Actuellement, des entreprises comme Google, Apple et Pfizer ont accumulé plus de 2 500 milliards de dollars en profits hors des États-Unis. Donald Trump promet un congé fiscal pour les inciter à rapatrier cet argent au pays, en leur évitant le taux d’imposition de 35 %. « Cet argent pourrait servir à augmenter les dividendes », envisage Philippe Pratte.

Même s’il penche plus pour les États-Unis, Clément Gignac croit que l’Europe pourrait surprendre. « Les mar­chés y sont moins chers. Si la France vire à droite et que la chancelière allemande, Angela Merkel, est réélue, il y aura un très bon potentiel ! » dit-il.

Quels sont les facteurs susceptibles de compromettre ces perspectives?

L’élection de Donald Trump constitue un gros facteur de risque, car son programme est flou à souhait. Concrètement, comment gérera-t-il la première économie de la planète ? « Entamera-t-il des guerres tarifaires avec plusieurs pays ? » se demande Stéphane Rochon.

Avec l’augmentation des dépenses militaires et de celles des infrastructures, la mise à mort de l’Obamacare et les baisses d’impôts, le magnat de l’immobilier fera exploser la dette américaine. « Dès mars, le Congrès devra accepter de relever le plafond de la dette, ce qui risque de provoquer la première crise de la présidence de Trump », avertit Philippe Pratte.

Depuis l’élection du septuagé­naire, dont le programme économique est perçu comme inflationniste, on assiste à une forte remontée des taux d’intérêt sur les marchés obligataires. « Si elle se poursuit trop rapidement, cette hausse pourrait per­turber les marchés financiers. Il pourrait y avoir un resserrement des conditions de crédit, ce qui provo­querait une réévaluation du prix des actifs sur les marchés », craint Clément Gignac. À suivre.

 

Pratte Gestion de portefeuille est une firme inscrit auprès de l’autorité des marchés financiers (AMF) ainsi que la commission de valeur mobilière de l’Ontario (CVMO).

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