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24 mars 2017

Le budget fédéral au Canada et les marchés sont en baisse

Par PRATTE

blogue 24 mars FRC’était l’heure du budget au Canada cette semaine alors que le gouvernement Trudeau n’a pas taxé les biens nantis comme anticipés. Les marchés ont connu une première mauvaise semaine depuis les élections américaines alors que plusieurs investisseurs craignent que Donald Trump ne soit pas en mesure de mettre en place ses mesures économiques. Puis, Hydro-Québec dévoile une baisse de ses bénéfices nets, attribuables entre autres, à une baisse des températures, tandis que la montée du protectionnisme pourrait menacer le Canada. Finalement, le projet controversé Keystone XL a finalement été approuvé. Voici nos cinq meilleures lectures de la semaine.

Le budget fédéral canadien

Alors que plusieurs craignaient une augmentation de l’imposition du gain en capital à la suite d’une promesse du gouvernement libéral visant les biens nantis, le budget annoncé mercredi ne comporte finalement aucune mesure fiscale touchant les « riches ». Ottawa a plutôt opté pour un budget orienté sur l’innovation et le développement des nouvelles technologies et espère ainsi réduire la dépendance de l’économie canadienne à l’endroit du pétrole. Le gouvernement fédéral a annoncé un investissement de 600 millions de dollars pour un virage vers une nouvelle économie. « Alors que nous tournons notre regard vers les prochaines décennies, nous voyons le potentiel que présente l’innovation pour transformer notre vie. Les véhicules autonomes, l’intelligence artificielle, la génomique, l’informatique quantique, les paiements mobiles, l’économie du partage… Ces idées font évoluer notre monde pour le mieux, tout comme les innovations qui les ont précédées », a déclaré le ministre Morneau. Effectif à partir du 1er juillet 2017, le gouvernement a également annoncé la fin du crédit d’impôt pour les utilisateurs du transport en commun, toutefois, il sera possible de déclarer, sur vos impôts 2018, ce crédit d’impôt pour les mois de janvier à juin 2017. L’abolition de ce crédit permettra aux Libéraux de diminuer ses dépenses fiscales annuelles de plus de 200 M$. Le gouvernement a annoncé prévoir des déficits de 28,5 milliards $ pour l’année financière 2017-2018, puis de 27,4 milliards $ en 2018-2019, 23,4 milliards $ en 2019-2020, 21,7 milliards $ en 2020-2021 et 18,8 milliards $ en 2021-2022. De plus, le ratio de la dette fédérale selon le PIB s’établira à 31,6 % pour les deux prochaines années. Le gouvernement espère le diminuer à 30,9 % en 2021-2022. Le budget haussera les taxes sur les produits de tabac et d’alcool. La taxe d’accise sur les cigarettes passe de 21,03 $ par cartouche à 21,56 $, alors que la taxe d’accise sur l’alcool augmente de 2 %. Tous les 1er avril, ces deux taxes seront par la suite harmonisées en fonction de l’indice des prix à la consommation.

Les marchés en baisse

Wall Street a vécu mardi sa pire journée depuis l’élection de Donald Trump en novembre dernier. En effet, plusieurs investisseurs redoutent que les mesures annoncées par le président puissent être bloquées au congrès. « Il y a maintenant des inquiétudes qu’un bon nombre des mesures économiques que M. Trump prévoyait d’appliquer puissent être en danger », a commenté Bill Lynch, de Hinsdale Associates. Plusieurs attendaient le vote de jeudi sur la nouvelle loi sur la santé, soit celle qui abolira « l’Obamacare » alors que plusieurs élus républicains ont annoncé leur opposition sur la réforme. La baisse du baril de pétrole explique également les pertes subites par Wall Street cette semaine. Le pétrole a perdu plus de 10 % dans le dernier mois et a encore subi d’importantes baisses mardi. Les craintes d’une reprise de la production américaine et les doutes de l’avenir des accords de diminution des extractions comprenant les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) sont les principales causes de la chute du baril de pétrole. Les marchés ont donc misé sur la prudence au cours de la dernière semaine en attendant le vote clé sur la réforme de santé qui se déroulera vendredi. Wall Street a ouvert en légère hausse vendredi alors que les investisseurs attendaient les résultats du vote sur la réforme de la santé. « La réforme de la santé sert de test décisif sur la capacité de M. Trump et du parti républicain à tenir leurs promesses sur des initiatives législatives importantes », a commenté Steven Ricchiuto de Mizuho dans une note.

Le bénéfice net d’Hydro-Québec en baisse

Hydro-Québec a annoncé cette semaine avoir réalisé un bénéfice net de 2 861 milliards $ en 2016, soit son quatrième meilleur profit de son histoire, mais aussi son résultat le plus faible des quatre dernières années. Le profit total de l’année s’établit donc à 2,86 milliards, en comparaison à 3,14 milliards en 2015, une diminution de 280 millions en raison notamment d’un hiver plus doux et de la diminution des prix de l’énergie. Le bénéfice net surpasse de 311 millions $ les prévisions de la société d’État, grâce entre autres, à un volume d’exportation record et à une baisse des coûts d’exploitation. Toutefois, Hydro-Québec a annoncé une augmentation record des exportations de 32,6 térawatts heures sauf qu’avec la baisse des prix, les exportations ont rapporté 77 millions de moins qu’en 2015. En effet, le prix sur les marchés d’exportation est passé de 0,06 $ du kilowattheure en 2014, à 0,056 $ en 2015 et à 0,048 $ en 2016, une diminution de 1,2 cent. Chaque baisse d’un cent symbolise une perte de 300 millions $ de profits pour la compagnie québécoise. Les hivers rigoureux de 2014 et 2015 avaient permis à la société d’État d’engendrer des profits record. Malgré tout, les résultats annoncés permettront à Hydro-Québec de transférer un dividende de 2 146 milliards $ au gouvernement du Québec. « Nous sommes fiers de cette performance qui nous permet de contribuer à hauteur de 4 milliards $ aux revenus du gouvernement du Québec. Nous en sommes d’autant plus satisfaits que nous réalisons ce tour de force en conservant les tarifs les plus bas de l’Amérique du Nord pour nos clients résidentiels et que la satisfaction générale de notre clientèle a atteint 91 % en 2016, comparativement à 82 % en 2015. » Une réduction de 455 postes l’an dernier a également permis à Hydro-Québec une importante réduction de ses dépenses. Cependant, la diminution du bénéfice net ne devrait pas engendrer une forte augmentation des tarifs. Pour 2017, la hausse se chiffre à 0,7 % comparativement à des hausses plus salées dans les dernières années : soit de 2,9 % en 2015, 4,3 % en 2014 et 2,4 % en 2013.

La montée du protectionnisme

Le protectionnisme est en vogue partout sur la planète et plusieurs s’inquiètent des dangers de ces mesures pour le Canada. L’élection de Donald Trump avec ses nombreuses politiques jugées « protectionnismes », telle que l’abolition de plusieurs traités de libre-échange comme l’ALÉNA, a propulsé la popularité du courant dans plusieurs pays d’Europe. Le vote sur la sortie de la Grande-Bretagne de la zone euro, le Brexit, a lui aussi renforcé cette tendance. La mondialisation, courant populaire des débuts des années 2000, pourrait se terminer plus rapidement que prévu alors que de moins en moins de traités de libre-échanges sont signés. En outre, cette nouvelle tendance a une incidence sur la croissance économique mondiale. L’OCDE a publié récemment un rapport démontrant que la croissance du PIB mondial serait plus élevée si la libéralisation du commerce international progressait comme pendant les années 1990. Le mouvement « buy American » ou « America first », popularisé par Donald Trump, pourrait éventuellement toucher nos entreprises d’exportations canadiennes. « Le Québec exporte la moitié de son PIB, dont la majorité aux États-Unis. Si les marchés mondiaux se referment, cela nous fera très, très mal, surtout pour nos produits à haute valeur ajoutée comme les avions de Bombardier », explique l’ex-premier ministre Bernard Landry, professeur d’économie internationale à l’ESG UQAM. La montée du protectionnisme en Europe menace également le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne qui devait entrer en vigueur dans les prochains mois à la suite de 7 ans de négociation. L’élection en France pourrait être cruciale pour la survie de ce traité. De plus, lors de la dernière rencontre du G20, il a été impossible pour les 20 pays d’aboutir à un accord commun sur le protectionnisme et le commerce international. Ainsi, comparativement à toutes les réunions du G20 organisées lors des 10 dernières années, le communiqué final n’a pas fait référence à la lutte contre le protectionnisme ni à la promotion du libre-échange. Les États-Unis auraient bloqué toute possibilité d’aboutissement à un compromis. Une tendance à suivre dans les prochains mois alors que plusieurs élections clés se dérouleront en Europe, où plusieurs candidats jugés « protectionnistes » sont en lices.

Le projet Keystone est approuvé

Le projet controversé de pipeline Keystone XL a obtenu l’autorisation du gouvernement américain selon l’annonce de son promoteur, TransCanada. Lors de son élection, Donald Trump avait indiqué vouloir relancer ce projet qui n’avait pas obtenu l’approbation sous l’administration Obama. TransCanada a confirmé avoir obtenu « le permis présidentiel au département d’État des États-Unis pour construire l’oléoduc Keystone XL ». L’ancienne administration s’y était opposée pour des raisons écologiques jugeant que le projet pourrait nuire aux cibles environnementales à atteindre selon la convention internationale des changements climatiques de Paris. Ainsi, après avoir soumis sa première demande il y a 10 ans, le projet de l’oléoduc long de 1900 kilomètres, dont 1400 aux États-Unis est finalement approuvé par les deux pays. Le gouvernement Trudeau s’est montré satisfait de la conclusion du projet. « Notre gouvernement a toujours appuyé le projet d’oléoduc Keystone XL et nous sommes heureux de la décision américaine. Keystone XL va créer des milliers de bons emplois pour la classe moyenne canadienne au cours de sa construction » a déclaré le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr. Malgré cette approbation, TransCanada devra tout de même affronter de nouveaux défis afin que le projet soit mis en place, alors que plusieurs opposants environnementaux ont promis de tenter par tous les moyens de faire dérailler le projet. En plus de devoir obtenir le permis nécessaire au Nebraska, TransCanada devra également s’entendre avec de nombreux propriétaires terriens installés sur le tracé de l’oléoduc dans cet état. Le projet entend mettre en place un système d’oléoduc permettant de transporter plus de 800 000 barils provenant des sables bitumineux albertains vers le Nebraska pour ensuite se connecter à d’autres oléoducs qui permettraient l’approvisionnement des raffineries en Illinois et dans le golfe du Mexique.

Bonne lecture!

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