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21 octobre 2016

D’autres suppressions d’emplois chez Bombardier et la nouvelle réforme immobilière au Canada est en vigueur

Par PRATTE

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C’est la saison des résultats financiers du troisième trimestre et les marchés boursiers sont dans tous leurs états. Microsoft et Netflix ont battu les prévisions des analystes et leurs actions sont en hausse. Les nouvelles règles immobilières au Canada sont en vigueur depuis lundi dernier. La Banque du Canada et la Banque centrale de l’Europe (BCE) maintiennent leurs taux alors que Bombardier annonce la suppression de 7500 emplois. Voici nos 5 meilleures lectures de la semaine.

Nouvelles règles immobilières

Comme nous avons mentionné il y a deux semaines dans notre blogue , les nouvelles règles hypothécaires sont entrées en vigueur lundi dernier. Avec ces nouvelles mesures, le gouvernement tente de ralentir le marché immobilier à Toronto et Vancouver, tout en limitant le nombre d’acheteurs étrangers. De plus, il espère éviter l’endettement pour les emprunteurs canadiens. Quatre mesures visant à stabiliser le marché ont été annoncées. Entre autres, les hypothèques assurées seront maintenant assujetties à une simulation de crise des taux d’intérêt hypothécaires pour ainsi s’assurer que l’emprunteur sera en mesure d’acquitter ses paiements en cas de hausse de taux d’intérêt. Ensuite, Ottawa souhaite éliminer les échappatoires fiscales liées au gain de capital sur la vente d’une résidence principale. Cette mesure vise à corriger une lacune dans la fiscalité qui permet aux étrangers d’acquérir une maison au Canada tout en demandant une exemption de taxes sur sa vente en la déclarant comme résidence principale. Également, une série de consultation a été lancée pour voir si les banques peuvent prendre des risques de crédit ajoutés, ce qui pourrait alléger les obligations d’Ottawa à payer pour les prêts hypothécaires assurés en cas de crise immobilière. « Les récentes modifications apportées par le ministre des Finances aux règlements régissant les prêts hypothécaires ont ajouté à l’incertitude des acheteurs et propriétaires-vendeurs à l’égard du marché de l’habitation. Pour les acheteurs d’une première maison, une simulation de crise des taux d’intérêt hypothécaires pour ceux qui ont besoin d’une assurance prêt hypothécaire les forcera à repenser la dépense qu’ils peuvent se permettre » a déclaré Cliff Iverson, le président de l’Association canadienne de l’immeuble (ACI). Le Globe and Mail a regroupé dans un article tout ce que vous devez savoir sur cette réforme.

La Banque du Canada maintient son taux directeur

La Banque du Canada a annoncé cette semaine qu’elle allait maintenir son taux directeur à 0.5%. Le gouverneur de la Banque, Stephen Poloz, n’a pas caché avoir flirté avec la possibilité d’une autre diminution des taux d’intérêt ce mois-ci en raison de la prévision plus sombre de l’économie, frappée par la faible croissance des exportations. Comme toujours, lors de ces annonces, la Banque offre un bilan économique. Elle a donc annoncé revoir encore une fois à la baisse les prévisions économiques du pays. Les nouvelles règles du gouvernement Trudeau pour stabiliser le marché immobilier risquent de freiner encore davantage les investissements résidentiels, prévient la Banque. Les mesures relatives au logement devraient réduire de plus de 0,3% par année la croissance économique d’ici 2018 tandis que les activités de revente et de la construction de la maison seront grandement affectées, mais ils vont aussi conduire à des modèles «de qualité supérieure» d’emprunt à plus long terme, selon M. Poloz. La banque centrale ajoute que l’économie mondiale devrait gagner du terrain au deuxième semestre de la prochaine année et tout au long de 2017 et 2018. D’ailleurs, après avoir démontré des signes négatifs au premier semestre, l’économie américaine, en particulier, se raffermit. Malgré la volatilité des données récentes, toujours selon la banque, le profil de la croissance au Canada est maintenant plus faible qu’envisagé dans le Rapport sur la politique monétaire (RPM) de juillet. Elle envisage également que le PIB réel du Canada devrait progresser de 1,1 % en 2016 et d’environ 2 % en 2017 et 2018. «Cette projection implique que l’économie retournera à son plein potentiel vers le milieu de 2018, soit nettement plus tard que la Banque l’avait anticipé», écrivent les fonctionnaires. L’économie canadienne continue de s’ajuster face au choc des prix du pétrole et elle estime que l’investissement dans le secteur de l’énergie tire à sa fin.

Netflix

Netflix en a surpris plusieurs cette semaine en dépassant les prévisions des analystes. L’heure était au dévoilement des résultats financiers pour la compagnie et plusieurs analystes estimaient que le géant de la diffusion en continu de séries télévisées et de films ne serait pas en mesure d’attirer de nouveaux utilisateurs. Suite à deux trimestres décevants où l’on a pu voir son action chuter de 13 %, Netflix a démontré que sa stratégie de contenus originaux tels que Stranger Things et Narcos était plus que payante. La compagnie a donc attiré 370 000 abonnés aux États-Unis et 3,2 millions d’abonnés à l’extérieur du pays durant le trimestre, en plus d’enregistrer des gains de 2,29 milliards $US, soit 31% de plus qu’un an plus tôt, soit 74 milliard $US. À la suite de ces résultats, l’action de la compagnie a grimpé d’environ 18 %. Plusieurs analystes ont été rassurés par ces résultats, puisqu’en avril dernier la compagnie avait annoncé un possible ralentissement dans le taux de croissance de ses abonnés. « Sa force de frappe lui coûte cher. Netflix n’a pas dégagé des flux de trésorerie positifs de son exploitation depuis deux ans. Le déficit atteint 489 millions de dollars US au troisième trimestre », note Shira Ovide, chroniqueur techno du service Gadfly de Bloomberg. Netflix a besoin que son service américain fasse bonne figure pour financer son expansion internationale dans 130 pays, prévient-elle, car plusieurs de ces nouveaux marchés ne lui procureront pas les marges des pays développés.

La Banque centrale européenne (BCE)

Il y a quelque temps, la BCE a adopté une politique ultra-accommodante de la zone euro et plusieurs rumeurs circulaient sur la possibilité concernant une réduction du programme de rachats massifs de dettes. Les marchés attendaient avec impatience la décision de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE). Il a donc annoncé jeudi le maintien du taux à 0%, son plus bas niveau historique. «Dans un exercice délicat, Mario Draghi est parvenu à apaiser les craintes d’un « tapering » précipité. La BCE estime que le retour de l’inflation vers la cible de 2 % nécessite une politique monétaire durable et aucune discussion sur un début de resserrement n’a eu lieu», notent les économistes de Crédit Mutuel CIC. Cependant, la banque demeure muette quant à ses intentions économiques futures tout en laissant une porte ouverte à une extension de cette politique ultra-accommodante. Le président a donc donné rendez-vous aux investisseurs en décembre. «Nos décisions de décembre vous en diront davantage sur ce que nous allons faire dans les mois qui viennent», a lancé Mario Draghi aux journalistes. En réponse à cette annonce, les marchés ont réagi avec une certaine volatilité tandis que l’euro a subi une baisse face au dollar. La zone européenne fait face à une inflation élevée depuis deux ans et une économie plutôt affaiblie. Le président a aussi fait remarquer que l’économie de la zone euro poursuivait une reprise « modérée, mais régulière » et il estime que la politique actuelle est plus efficace qu’espérée initialement par la BCE et il a rejeté les arguments selon lesquels les taux d’intérêt négatifs auraient des effets contre-productifs. «La conclusion a été qu’ils ne freinent pas la transmission de notre politique monétaire. En d’autres termes, les taux bas fonctionnent» a-t-il déclaré. La politique de la BCE a permis une relance sans précédent depuis des années avec des taux au-dessous de zéro, des prêts gratuits aux banques et plus d’un billion d’euros en achats d’obligations, le tout dans l’espoir de relancer la croissance et espérer ainsi amener l’inflation à sa cible d’un peu moins de 2%, après plus de trois ans d’échecs.

Bombardier

Pour la deuxième fois cette année, Bombardier a annoncé ce vendredi qu’il supprimera 7500 postes à travers le monde, soit 10% de sa main-d’œuvre. Ces postes toucheront davantage des postes administratifs que des emplois liés à la production. De ce total, environ 2000 postes toucheront le Canada, dont 1 500 au Québec. Ce chiffre s’ajoute aux 7000 licenciements annoncés en février dernier, qui comptait 2400 postes au Québec. «Ça fait partie de notre plan de redressement financier sur cinq ans », a répondu le PDG Alain Bellemare au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse. « Nous sommes en avance sur notre échéancier », a précisé M. Bellemare. La multinationale québécoise espère ainsi retrouver le chemin de la rentabilité, ayant acquis une dette de plus de 9 milliards US due, entre autres, au développement de ses avions C Series ainsi qu’un ralentissement dans le secteur des avions d’affaires. « Les restructurations sont toujours difficiles, mais les gestes que nous annonçons aujourd’hui sont nécessaires pour assurer la compétitivité à long terme de Bombardier et permettre à l’entreprise de continuer à investir dans son portefeuille de produits à la fine pointe tout en diminuant sa dette face à son bilan », a indiqué le PDG. Avec cette décision, Bombardier estime pouvoir économiser jusqu’à 300 millions $ US d’ici la fin de 2018. Le communiqué mentionne également que Bombardier va se concentrer davantage sur le développement de la « spécialisation » de ses installations et aimerait créer des « centres d’excellence pour les activités de conception, d’ingénierie et de production ». La multinationale attend encore un investissement du gouvernement fédéral de 1 milliard, similaire à l’investissement fait par le gouvernement du Québec en 2015.

Bonne lecture!

 

 

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