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16 mai 2016

Revue du premier trimestre 2016

Par PRATTE

Business (1) (FR)

La grande montagne russe des marchés boursiers

2016 a débuté avec une volatilité qui, pour plusieurs, a rappelé de mauvais souvenirs.

Les sessions de négociation n’ont fait qu’empirer, de jour en jour, et ce, depuis la toute première journée de l’année.  Le «calvaire» a persisté jusqu’ au milieu du mois de janvier pour connaître un modeste rebond et rebrousser chemin peu de temps après. Puis, au mois de février, la chute des marchés a recommencé pour finalement reprendre de la force et ainsi terminer le quart de façon acceptable. Quelle montagne russe!

La volatilité, le prix du baril de pétrole, la faiblesse des économies mondiales et surtout la crainte des investisseurs qui a dépassé les sommets atteints durant la crise de 2008 ont été les sujets chauds de ce quart.

Après  avoir procédé à une hausse des taux d’intérêt au dernier quart 2015, la réserve fédérale a pris la décision de ne pas récidiver en ce début d’année.  La présidente de la réserve fédérale, Janet Yellen a les mains liées et marche sur des œufs depuis l’annonce de cette hausse, les marchés boursiers ne l’ayant pas bien digérée. De plus, Madame Yellen découvre les résultats de la première montée de taux d’intérêt suite à une période de politique accommodative prolongée.

Depuis cette montée des taux d’intérêt, une divergence entre les politiques monétaires mondiales s’est installée. D’un côté, une hausse aux États-Unis et de l’autre côté, une diminution de taux par plusieurs banques centrales. Certaines de ces banques ont même adopté des taux négatifs, principalement au Japon et en Europe.

Économie canadienne

Au Canada, la politique monétaire est demeurée inchangée. On peut constater, en outre, que l’économie canadienne s’améliore à la suite d’un regain de confiance de la part des investisseurs et d’un baril de pétrole qui semble vouloir trouver un plancher, redonnant ainsi de la vigueur à notre économie. De plus, le budget fédéral du nouveau gouvernement libéral comporte des investissements en infrastructure qui devrait stimuler l’économie canadienne pour les deux prochaines années.

Par contre, malgré ces bonnes nouvelles, la reprise économique canadienne réside toujours dans la reprise du baril de pétrole. Avec la levée des sanctions de l’OPEP, la surproduction ainsi que les réserves de pétrole n’ont cessé d’augmenter. L’Iran peut maintenant augmenter le nombre de barils de pétrole produits, ce qui créé un impact direct sur le prix des commodités. L’effort des pays producteurs pour se rencontrer à Doha et geler la production de baril pourrait avoir contribué à ce rebond et  former un plancher. Malgré l’échec de cette rencontre, le prix du baril n’a pas repris le chemin baissier, ce qui est plutôt bon signe.

Économie américaine et européenne

L’économie américaine, malgré la hausse des taux d’intérêt, semble tenir bon. La croissance du PIB, faible au premier quart, demeure tout de même positive. Nous estimons un renforcement de la croissance du PIB au cours des prochains quarts. La baisse du dollar américain contribuera probablement à créer de l’inflation et à soutenir les effets des hausses des taux d’intérêt sur l’économie.

En Europe, malgré tout les efforts de Mario Draghi, le président de la banque centrale européenne, la croissance économique demeure anémique. Les vieux problèmes grecs et italiens sont balayés sous le tapis à court terme, sans toutefois savoir quand l’un d’eux resurgira.

Ces situations ont surement aidé à créer de la traction pour le référendum surnommé le Brexit.  Cet appel au peuple porte sur un retrait de l’Angleterre de l’Union européenne et se tiendra le 26 juin 2016. À ce jour, le résultat des sondages est partagé et change de camp de jour en jour. Ces incertitudes devraient possiblement créer de la volatilité sur les marchés du vieux continent jusqu’au jour du vote.

La Chine

La croissance chinoise demeure difficile. Plusieurs investisseurs considèrent que les conditions non favorables de la Chine n’en valent pas la chandelle en dépit du fait que les données économiques à la fin du quart étaient plutôt encourageantes, mais ceci n’est probablement qu’un rebond temporaire dû à une croissance qui ne cesse de ralentir. De plus, multiples investisseurs ne cessent de retirer du capital, et ce malgré plusieurs tentatives du gouvernement chinois à stabiliser leur devise. L’ensemble de ces facteurs n’est pas favorable à une reprise, contribuant plutôt au ralentissement de l’économie chinoise.

En résumé

Le premier quart a été très volatile. Toutes les économies mondiales semblent précaires avec une inflation sous la norme et avec une croissance juste assez forte pour demeurer positives.

Pour notre part, quels ont été les résultats de nos portefeuilles? Nous avons terminé 2015 de façon positive, avec une stratégie axée sur les actions de croissance américaine, combinée au dollar américain, ce qui a très bien fonctionné. Par contre, le début de 2016 est un portrait complètement différent.

La reprise du baril  entraine avec lui le huard, comme lors de sa chute quand il lui mettait du plomb dans les ailes. La corrélation entre ces deux derniers demeure toujours aussi serrée.

Le ralentissement du dollar américain, combiné à notre devise qui est en plein rebond, fait de notre devise une des vedettes du premier quart.  De ce fait, nous avons vendu plusieurs de nos actions individuelles américaines puisque notre risque augmentait.

Après une chute de plus de 12 %, le dollar américain, qui est le plus grand facteur de ralentissement, a été le principal boulet de nos portefeuilles. Face à ce repli, nous avons réduit nos expositions en  convertissant une bonne portion de nos capitaux américains. Afin de diminuer le risque de devise, nous avons transféré une partie de ces capitaux dans des produits américains, mais en devises canadiennes.

Cette chute a été neutralisée par des gains dans nos expositions canadiennes et certaines actions individuelles américaines, qui malgré l’affaissement de la devise, ont réussi à générer assez de gains pour contrebalancer les effets négatifs.

Dû à un marché un peu trop volatil à notre goût et toujours dans le but de réduire le risque de nos portefeuilles, nous avons augmenté notre encaisse considérablement. Nous utilisons présentement une approche descendante composée de fonds négociés en bourse, ce qui nous permet d’être plus flexibles tout en nous ajustant au marché plus rapidement puisque nous avons commencé à travailler avec des produits de protection court terme.

Nous voulons ainsi confirmer que la rotation du rebond des commodités est durable, que la rotation des secteurs est bel et bien maintenue. Quand les indices boursiers nous confirmeront leur changement de tendance, nous allons déployer plus de capitaux au travail.

En ce moment, nous trouvons que les marchés ont rebondi fortement depuis qu’ils ont été au plus bas de février et qu’ils arrivent à un point culminant qu’ils doivent réussir à percer. Cette résistance doit être brisée pour ainsi confirmer une prochaine poussée haussière.

À court terme, nous demeurons à l’affut, toujours prêts à un repli. Nous trouvons que les indices ont monté trop rapidement et que l’initiative pourrait s’essouffler. Nous demeurons donc défensifs tout en restant neutres. Le début de la saison des dépôts des bénéfices est sur le point de s’amorcer et nous en dira plus long sur l’état des revenus des sociétés. Il faut se rappeler que tant et aussi longtemps que les bénéfices augmentent, le marché devrait réussir à se sortir de sa tendance de côté que nous vivons depuis environ un an. Par contre, les bénéfices du premier quart pourraient être faibles.

Le S&P 500 arrive à sa résistance majeure et se négocie dans la même tendance de côté depuis un an.

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Source: Bloomberg

L’indicateur stochastique est suracheté et nous démontre une divergence qui n’atteint pas de nouveaux sommets en même temps que le S&P 500 dans la dernière montée. Il peut se maintenir longtemps dans cette zone de surachat, mais la divergence demande une grande prudence.

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Source: Bloomberg

Nous détectons que le même genre de discordance est en train de se produire avec l’indicateur RSI (relative strength index). Ce dernier n’est pas monté aussi haut qu’à sa dernière poussée, ce qui demande, encore une fois, une certaine réserve.

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Source: Bloomberg

Le ‘’Market Breath’’  commence à ralentir et n’a pas été aussi puissant qu’à sa dernière poussée. Cet indicateur mesure le pourcentage des membres de l’indice qui atteigne des nouveaux sommets au courant des 52 dernières semaines.


Source: Bloomberg

L’indice du VIX, appelé couramment l’indice de la peur, mesure le niveau de protection qu’achètent les investisseurs. Il est à son niveau le plus bas et les deux indicateurs, stochastique et RSI, démontrent une dissension pouvant suggérer une augmentation de la volatilité. On peut voir dans le graphique ci-dessous que la volatilité est demeurée, de janvier à la mi-février, en haut de 20, ce qui est plus élevé que la norme. Quand l’indice du VIX dépasse la marque de 17, nous surveillons la volatilité de plus près.

22avr16image5Source: Bloomberg

Bien que  nous demeurons prudents et qu’une rotation semble en cours, nous préférons attendre les prochaines confirmations pour diminuer notre encaisse. Le fait que le marché a simplement augmenté trop rapidement et qu’une divergence s’installe sur plusieurs indicateurs indique que nous devons rester sur nos gardes.

La bonne nouvelle demeure que la tendance primaire est toujours haussière et que nous sommes toujours dans une période de consolidation, pouvant très bien être les bases de la prochaine poussée haussière à long terme.

Un repli à court terme serait sain et pourrait nous offrir de belles portes d’entrée. De plus, les chances que la prochaine poussée haussière perce sont beaucoup plus grandes que la montée que nous venons de vivre. Nous avons établi notre résistance à 2135 et notre support à 2027, par contre, un repli au support avant la prochaine hausse est envisageable et nous espérons avoir le momentum nécessaire pour briser la résistance à la prochaine tentative.

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Source: Bloomberg

Bref, l’économie américaine semble être en équilibre entre croissance économique, inflation et un réajustement de politique monétaire, mais pourrait bien finir par s’accélérer. Présentement, les chances de récession sont presque nulles. Par contre, les autres économies mondiales restent faibles et les banques centrales  demeurent accommodatives. Deux grandes questions persistent : jusqu’à quel point seront-ils en mesure de baisser les taux et surtout, quelles seront les conséquences à long terme?  Les prochains quarts devront démontrer une certaine inflation et nous croyons que la croissance économique devrait être au rendez-vous.

Techniquement, un repli à court terme est possible. Cependant, le temps passe et le S&P 500 sortira de sa tendance de côté, car si l’économie grandit, le marché se soutiendra et commencera sa prochaine poussée.

Peu importe ce que fera l’économie et les marchés, nous adapterons nos portefeuilles en conséquence du risque qui se présentera à nous. Nous préférons manquer une opportunité à court terme pour éviter une correction à long terme.

N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions.

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